João Lopes Carvalho

Nationalité Portugais
Origine
Alias João Lopes Carvalho [1]
João Lopes de Carvalho [2]
Joan Lopes Carvalhinho [3]
João Rodrigues Carvalho [4]
Juan López Caravallo [5]
Juan López Carvallo [6]
Juan Caravallo [7]
Juan Carvallo [8]
Juan Carvallo/Carvalho [9]
Juan Carbalho [10]
Jeão Carabalho [11]
Vasco Gallego de Carvalho [12]
Vasco Carvalho [13]
Juan Carballo [14]
Jehan Carvaie / Jehan Carvagio [15]
Jean Carvalho [16]
Navire Concepción
Fonction Pilote (Piloto de Su Alteza)
Note(s)
Destin 14/02/1522 [17]
  João Lopes Carvalho décède à Tidore (Moluques), durant les réparations de la Trinidad.

 

On sait peu de choses de ce pilote portugais, qui pourtant semble avoir une longue expérience maritime.

 

Les manuscrits Sloane mentionnent un « Vasco (de) Carvalho » qui serait peut-être le même homme. [18]
Il fut capitaine d’une caravelle (naveta) au sein de la 6e Armada portugaise des Indes de Lopo Soares de Albergaria en 1504 ; il fut notamment chargé de patrouiller le long de la côte, au sud de Calicut, d’arraisonner tous les navires marchands et de saisir les cargaisons d’épices. On le retrouve plus tard au sein de la 10e Armada portugaise des Indes, menée par Jorge de Aguiar en 1508. (Le nom est orthographié « Vco de Carvaego » mais est bien lu aujourd’hui « Carvalho »).

Il aurait également participé à l’expédition de João de Lisboa et Tristão da Cunha en Amérique du Sud, courant 1506. [19]

 

Les premières mentions de João Carvalho apparaissent au sein de l’expédition vers le Brésil dirigée par Cristovão Pires et le marchand Fernão de Loronha (~1509 ou 1511), où il exerce comme pilote de la caraque Bretoa. [20]
Une feitoria (comptoir) est bâtie dans la baie de Tous les Saints. [21] Là, Pedro Annes et João Carvalho auraient dérobé des haches.
C’est en tout cas ce dont les accusent Duarte Fernandes et João de Braga au moment de quitter le Brésil, depuis la feitoria de Cabo Frio. Tous deux sont contraints de rester sur place.

Quelques mois plus tard, les deux hommes s’enfuient jusqu’à la baie de Ganabara (Río de Janeiro). [22]

Là-bas, Carvalho apprend la langue locale et épouse une autochtone Tupi. De cette union naîtra un fils, Juanillo, semble-t-il courant 1512. [23]

 

Fin 1515, Juan Díaz de Solís conduit une expédition en Amérique du Sud qui l’amène jusqu’au río de la Plata en février 1516. Alors qu’il explore l’intérieur des terres, il est attaqué et tué par les indigènes ainsi que ses neuf compagnons. Son beau-frère, Francisco de Torres, reprend le commandement et décide  de rentrer en Espagne.
Sur le retour, les navires subissent une terrible tempête : l’un d’eux se réfugie au niveau de l’île de Santa Catarina, tandis que l’autre aborde la baie de Río de Janeiro. Les explorateurs espagnols découvrent la feitoria de Ganabara laissée à l’abandon par João de Braga, mais pleine de pernambouc (ou bois-brésil) dont ils s’emparent. Ils font également la rencontre des deux exilés, Carvalho et Annes. Ceux-ci embarquent et arrivent à Séville le 4 septembre 1516. [24]

 

João Carvalho est-il demeuré à Séville ou bien est-il rentré au Portugal ?
L’historien belge Jean Denucé rapporte que Carvalho accompagne Fernão de Magalhães lorsque celui-ci arrive à Séville le 20 octobre 1517. [25] Il s’appuie en cela sur un court passage des Decadas de Asia du chroniqueur portugais João de Barros qui stipule qu’au sein de l’armada se trouvaient des Portugais apparentés à Magellan. [26] Denucé fait une interprétation assez libre du texte, affirmant que les deux hommes ont fait défection au Portugal en même temps que Duarte Barbosa, Álvaro de Mezquita et Estêvão Gomes. En l’absence de source complémentaire, la proposition est difficilement recevable.

Il apparaît néanmoins que Carvalho bénéficie d’un traitement de faveur parmi les pilotes de la Casa de Contratación, lui assurant une solde conséquente et surtout supérieure à celle des pilotes espagnols (2 500 maravédis par mois pendant la durée de l’expédition, en plus de leur charge annuelle). [27]
Ce qui ne manque pas de déclencher un vif mécontentement. Ainsi, Andrés de San Martín, Juan Rodríguez de Mafra, João Rodrigues Serrão et Vasco Gallego adressent au roi Carlos Ier deux courriers (le second le 30 juin 1519) afin que leurs émoluments soient alignés sur ceux du pilote portugais. Ce qui leur est refusé. Le souverain leur octroie tout de même le paiement anticipé d’une année de solde, l’exemption de loyer à Séville et le privilège de chevalerie. [28]

 

 

João Lopes Carvalho embarque au sein de l’armada comme pilote (piloto) de la Concepción. Sans doute grâce à son statut de pilote royal, il n’est pas compté dans le contingent des dix Portugais autorisés par le roi.

 

Lorsque la flotte atteint les côtes brésiliennes fin novembre 1519, Magellan demande à Carvalho de prendre la tête avec la Concepción pour guider la navigation. Il sait que l’homme connaît la région et sera le plus à même de leur éviter de heurter des récifs.

Les navires débarquent à Río de Janeiro le 13 décembre 1519. Carvalho est reconnu par les indigènes qui lui amènent son fils Juanillo. Le pilote portugais décide de le faire embarquer comme page (paje) sur son navire, ce que Magellan accepte. [29]

 

Au cours de l’année 1520, l’armada hiverne à l’embouchure de la rivière Santa Cruz et rencontre des Patagons. Souhaitant ramener des indigènes en Espagne, Magellan fait capturer deux jeunes hommes. Mais soucieux de pouvoir présenter également des femmes, il envoie à terre un détachement de neuf marins, menés par João Carvalho. L’expédition se solde par un échec et la mort de Diego Sánchez Barrasa.

 

Le 1er mai 1521, après que Fernão de Magalhães a été tué lors de l’assaut sur Mactan, les Européens sont invités à un banquet sur l’île de Cebu, organisé par le souverain Humabon.
Au cours du repas, des éléments laissent à penser qu’il s’agit d’un piège, et Carvalho repart vers les navires en compagnie du prévôt Gonzalo Gómez de Espinosa.
Quelques instants plus tard, les Cebuanos attaquent les Espagnols et les massacrent. Serrão, fait prisonnier, est amené sur le rivage pour négocier sa libération. Carvalho, qui s’est érigé comme commandant de la flotte, décide finalement de l’abandonner et fait hisser les voiles.
Il est étonnant que le pilote n’ait pas prévenu ses camarades du danger, et ait préféré s’éclipser. Ceci correspondrait néanmoins à l’image que les divers récits donnent de lui, à savoir un homme qui pense avant tout à sa propre personne et, de manière générale, jugé comme peu fiable, bien que compétent. Mais peut-être a-t-il prévenu certains de ses compagnons, sans que cela ne soit mentionné nulle part.

L’armada marque un arrêt à proximité de l’île de Bohol, toute proche, où la décision est prise d’incendier la Concepción, faute d’un nombre suffisant de marins pour la manœuvrer. João Lopes Carvalho est officiellement élu à la tête de l’expédition.

Après plusieurs arrêts à Mindanao, il décide de se diriger vers Bornéo.
En chemin, une longue escale d’un mois est effectuée à Palawan, où les marins peuvent avitailler et prendre du repos.

Ils atteignent Brunei (sur l’île de Bornéo) le 8 juillet 1521. Carvalho, préférant s’occuper de l’achat de matériel pour radouber les navires, ne fait pas partie de la délégation qui se rend chez le sultan.
Au cours du séjour, les Européens vont avoir l’impression que l’on cherche à les piéger et vont faire usage de leurs canons pour couler une flotte de jonques et en capturer une, dont l’équipage est fait prisonnier. Les marins veulent s’en servir comme monnaie d’échanger contre sept de leurs compagnons, retenus à terre. Carvalho prend unilatéralement la décision de libérer les prisonniers, contre l’assurance qu’on leur renvoie leurs compagnons (il semble qu’il ait également été payé en pierres précieuses pour cela). Mais seuls deux d’entre eux, Gonzalo Gómez de Espinosa et Juan Sebastián Elcano reviennent.
João Carvalho est écarté du commandement et les deux caraques mettent les voiles, abandonnant les hommes à terre. Parmi eux se trouve Juanillo, le fils brésilien de Carvalho.

Remontant le long de la côte de Bornéo, la Trinidad et la Victoria s’arrêtent au nord de celle-ci pour effectuer des réparations. Carvalho est officiellement destitué le 17 septembre 1521 et Giovanni Battista da Ponzoroni hérite du commandement.
Certains récits racontent que Carvalho est même mis aux fers.

 

À l’arrivée aux Moluques, João Carvalho sert de traducteur car il comprend un peu la langue. [30]
Les Espagnols font la connaissance de Lourosa, qui les informe du danger qu’il court et propose de retourner avec eux en Espagne. Les chroniqueurs portugais indiquent que Lourosa est fait capitaine du navire de Carvalho (sans doute la Trinidad), ou qu’il a été envisagé de le faire. [31]
Le 18 décembre 1521, alors que les navires s’apprêtent à partir, une voie d’eau est découverte sur la Trinidad. L’avarie se révélant trop importante, il est décidé que les équipages vont se séparer : la Victoria va poursuivre vers l’ouest tandis que la Trinidad, une fois remise sur pied, partira vers l’est et tentera de gagner le Darién (au sud de l’actuel Panama). Carvalho choisit de demeurer aux Moluques.

 

João Lopes Carvalho s’éteint le vendredi 14 février 1522 sur l’île de Tidore. Il semblerait que les réparations de la Trinidad l’aient conduit à l’épuisement. [32]

 

 

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________

[1] Barros, Decadas de Asia – Decada Terceira, Parte Primera – Livro V (1778), Capitulo X, p.651

[2] Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939, T.14)

[3] Sir Stanley of Alderley, The First Voyage Round the World – Gaspar Correa’s Account of the Voyage (1874)

[4] Barros, Décadas de Asia (1778), Decada Terceira, Parte Primera, Livro V, Capitulo VIII, p.631

[5] Medina El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1852-1930), LXV, p.185 & LXVI, p.196 & LXVIII, p.230
Bernal, Relación de la gente que llevó al descubrimiento de la Especiería (2014), p.19 & p.28,
Bernal, Sucesos desafortunados de la Expedición (2015), p.4

[6] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1920), XI. Relación de la gente que murio en la nao « Trinidad »
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #125

[7] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1852-1930), LXIV, p.172
Bernal, Interrogatorio tras la aventura (2014)

[8] Pigafetta, Primer viaje alrededor del Globo (Civiliter)

[9] Vázquez Campos, Bernal Chacón & Mazón Serrano, Auto de las preguntas que se hicieron a dos Españoles que llegaran a la fortaleza de Malaca, venidos de Timor en compaña de Álvaro Juzarte, capitán de un junco, (Témoignage de Martín de Ayamonte)

[10] Navarrete, Historia de Juan Sebastián del Cano (1872)
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.251

[11] Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.261

[12] Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.61 & p.251

[13] Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.251

[14] Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.251

[15] Peillard, Magellan / Antonio Pigafetta (1984)

[16] Charton, Voyageurs anciens et modernes – Tome III – Fernand de Magellan, voyageur portugais (1863)
Verne, Les grands voyages et les grands voyageurs. Découverte de la terre – Chapitre II : Premier voyage autour du monde (1878)
Cat, Les grandes découvertes du treizième au seizième siècle (1882)

[17] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1920), XI. Relación de la gente que murio en la nao « Trinidad »
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #125

[18] Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.251

[19] Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.251, citant Jacinto Inácio de Brito Rebelo, Livro de Marinharia (1903), p.56

L’historien belge ajoute que, d’après le chroniqueur espagnol Antonio de Herrera y Tordesillas, un certain « Juan Carballo » a fourni des informations sur le río de la Plata à Magellan.
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.251 ; citant Herrera, Historia General de los Hechos de los Castellanos en las Islas i Tierra Firma del Mar Oceano (1601-1615), Década II, Libro IX, Capitulo X.

[20] Certaines sources précisent qu’il existe un doute sur la date de l’expédition, qui pourrait avoir eu lieu en 1509 ou 1511. Dans son journal, Antonio Pigafetta indique que João Carvalho a séjourné 4 ans au Brésil. Puisqu’il en est parti de manière certaine courant 1516, cela présupposerait une arrivée plutôt vers 1511-1512. Cependant, le récit du Lombard n’étant pas toujours très précis, ces quatre années pourraient correspondre uniquement à la période que Carvalho a passée à Río de Janeiro.

À noter que Fernão de Loronha travaille pour la famille Fugger, de riches commerçants et banquiers d’Augsbourg. Cette même famille soutiendra Carlos Ier pour son accession au trône impérial, et apportera également des fonds pour que puisse se monter l’expédition de Magellan. (Cf. billet Couronnement de Charles Quint)

Doria, A trágica história do Carvalhinho, in O Globo (15.02.2015), article s’appuyant sur l’ouvrage de Miran Monteiro de Barros Latif, Uma cidade no trópico : São Sebastião do Rio de Janeiro (1965)

 [21] Wikipedia (EN) : Fernão de Loronha

[22] Wikipedia (PT) : Feitoria de Cabo Frio
– Bueno, Náufragos, traficantes e degredados: as primeiras expedições ao Brasil, 1500-1531 (1998), p.86

[23] Ginés de Mafra précise que l’enfant a 7 ans.
Celui-ci est parfois nommé « Carvalhinho », nom qui peut porter à confusion car le chroniqueur portugais Gaspar Correia nomme João « Joan Lopes Carvalhinho ».
Ginés de Mafra, Libro que trata del descubrimiento del Estrecho de Magallanes (1542), XVIII, p.184
Doria, A trágica história do Carvalhinho, in O Globo (15.02.2015), article s’appuyant sur l’ouvrage de Miran Monteiro de Barros Latif, Uma cidade no trópico : São Sebastião do Rio de Janeiro (1965)

[24] Wikipedia (PT) : Juan Díaz de Solís
– Silva, O Rio antes do Rio (2017)

[25] Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.148
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.248 & 251

[26] Le terme « apparentés » ne signifiant pas qu’ils sont « parents », comme certains ont pu le croire, mais juste qu’ils se connaissaient.
Barros, Decadas de Asia – Decada Terceira, Parte Primera – Livro V (1778), Capitulo VIII, p.631 : « Em que entravam alguns Portuguezes, dettes parentes delle Fernão de Magalhães, assi como Duarte Barbosa, seu cunhado, e Alvaro de Mesquita, e Estavão Gomes, e João Rodriguez Carvalho, ambos pilotos, e outros homems induzidos per elles ».

[27] Medina El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1852-1930), LXVIII, p.230
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.251

[28] Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.236 ; citant José Toribio Medina Zavala, Archivos de India – Colecciôn, T.1, p.34 & Antonio de Herrera y Tordesillas, Historia General de los hechos de los castellanos en las islas y tierra firme del mar Ocêano, Dec II, Liv. IV, ch. IX

[29] L’article de O Globo (et sans doute le livre de Latif) raconte que Carvalho voulut faire embarquer sa femme brésilienne, mais que Magellan refusa, car cela portait malheur (selon une vieille superstition maritime).
Cependant, le papier rapporte aussi que Carvalho et son fils Carvalhinho furent plus tard tués à bord de la Concepción par des mutins ; ce qui est parfaitement faux. L’article (et l’ouvrage source) sont donc à prendre avec précaution.
Doria, A trágica história do Carvalhinho, in O Globo (15.02.2015), article s’appuyant sur l’ouvrage de Miran Monteiro de Barros Latif, Uma cidade no trópico : São Sebastião do Rio de Janeiro (1965)

[30] Navarrete, Historia de Juan Sebastián del Cano (1872), p.266

[31] Sir Stanley of Alderley, The First Voyage Round the World – Gaspar Correa’s Account of the Voyage (1874), p.254
Barros, Décadas de Asia (1778), Decada Terceira, Parte Primera, Livro V, Capitulo VIII, p.653

[32] Gaspar Correia rapporte qu’il décède au moment du départ de la Trinidad de Tidore, ce qui est a priori erroné : la caraque n’appareille que le 6 avril 1522.
Sir Stanley of Alderley, The First Voyage Round the World – Gaspar Correa’s Account of the Voyage (1874), p. 255

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