Arrivée au Brésil

 

Dimanche 20 novembre 1519
Océan Atlantique

La flotte franchit l’équateur (sans que l’on ne sache à quelle longitude exactement). [1]

 

 

Mardi 29 novembre 1519
Cabo de Santo Agostinho (Brésil)

L’armada arrive en vue des côtes brésiliennes et du cap de Santo Agostinho.

À partir de là, la Concepción prend la tête de la flotte. En effet, son pilote, João Lopes Carvalho est déjà venu au Brésil par le passé ; sa connaissance de la région permettra de parer tout risque d’échouage. Carvalho occupe ainsi la fonction auparavant dévolue à Estêvão Gomes, pilote de la Trinidad ; il semble également que le système de navigation de nuit utilisant le farol, mis en place par Magellan au départ d’Espagne, soit conservé. [2]

Vraisemblablement découverte le 26 janvier 1500 par l’Espagnol Vicente Yáñez Pinzón (qui  commandait la Niña en 1492), la région n’est pas encore réellement colonisée en 1519 et ne le sera que vers 1536, lorsque Duarte Coelho Pereira se voit octroyer par Jean III le Pieux (João III, o Piedoso) 60 lieues de côte brésilienne pour services rendus. Il fonde ainsi la Capitainerie du Pernambouc (Capitania de Pernambuco) ou Nouvelle Lusitanie (Nova Lusitânia), et se spécialisera dans la canne à sucre.

Ce territoire est désigné par Pigafetta sous le nom de « Verzino » (Verzin en français). [3]
Il s’agit d’un bois rouge, importé à l’origine d’Afrique ou d’Asie, que l’on trouve en abondance dans la région, et que l’on nomme aujourd’hui bois brésil ou simplement brésil (ou encore pau brasil). Il est issu de l’arbre pernambouc (Caesalpinia echinata) qui donne son nom à l’État du Pernambouc (Pernambuco).

 

 

C’est à cette date du 29 novembre 1519 que débute le journal de Francisco Albo, pilote grec de la Trinidad (qui fera partie, trois ans plus tard, des 18 survivants de la Victoria à rentrer en Espagne).
Pourquoi l’homme ne commence-t-il à prendre des notes qu’à ce moment-là ? Cristóbal Bernal suggère que c’est parce jusqu’ici, le monde est « connu » ; il n’y a donc pas de nécessité ou même d’intérêt à noter les positions. De plus, il est vraisemblable qu’il ait attendu d’avoir franchi le méridien de Tordesillas (46° 30’ W) et d’être entré en territoire espagnol. [4]

Le pilote indique qu’ils se trouvent par 7° S, à 27 lieues (~150 km) au nord-est du cap. [5]

Cela les place aux environs de l’embouchure du Paraíba, vers la commune de Cabedelo, au nord de la région métropolitaine de João Pessoa dont elle fait partie. [6]

Carte du Bresil - Cabo de Santo Agostinho (novembre 1519)
Carte du Bresil – Cabo de Santo Agostinho (novembre 1519)

 

 

Mercredi 30 novembre 1519, le lendemain
Au large de la côte brésilienne, 8° 59’ S

Albo positionne la flotte par 8° 59’ S, en suivant une route sud-sud-ouest. Elle se trouve donc entre Ipojuca et la Ilha de Santo Aleixo.
Les deux relevés étant vraisemblablement effectués vers midi ; ainsi les navires ont parcouru environ 180-200 km, soit 97-107 milles nautiques, à une vitesse comprise en 4 et 4,5 nœuds (7,5-8,3 km/h), ce qui constitue une allure plutôt correcte, même si nous ignorons les conditions météorologiques du moment. [7]

 

 

Certaines sources indiquent qu’avant l’arrivée à Santa Lucia (mardi 13 décembre 1519), la flotte aurait effectué une courte escale pour avitailler en eau et en bois, et que cela pourrait être le jeudi 8 au niveau de Ponta da Baleia. [8]
Ceci n’est pourtant pas mentionné dans le journal de bord de Francisco Albo à la date suscitée, celui-ci indiquant juste qu’ils ont aperçu la côte à une latitude 19° 59’ S, soit approximativement au niveau de l’embouchure du Rio Doce, dans la commune de Linhares (Espírito Santo, Brésil). Albo ne mentionne d’ailleurs aucune escale avant Santa Lucia.

 

 

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________

[1] Kronobase

[2] Bernal, Sucesos desafortunados de la Expedición (2015), p.4

Laurence Bergreen indique lui que Carvalho est monté à bord de la Trinidad pour mener la flotte. Ceci contredit le témoignage des marins du San Antonio (présenté dans le document de Bernal).
Via Wikipedia (EN) :
– Bergreen, Over the Edge of the World: Magellan’s Terrifying Circumnavigation of the Globe (2003), p.95-98

[3] Pigafetta, Primer viaje alrededor del Globo (Civiliter p.14 ; Peillard 103)
Selon Édouard Charton, on devrait ce nom à Amerigo Vespucci (Charton, Voyageurs anciens et modernes – Tome III – Fernand de Magellan, voyageur portugais (1863), p.276 note 5)

[4] Bernal, Derrotero de Francisco Albo (2015), p.2

[5] Albo indique que le cap se trouve au sud-ouest de leur position.
Bernal, Derrotero de Francisco Albo (2015), p.2 : « en altura [latitud] de 7° de al parte del Sur, y apartados del dichocabo cosa de 27 leguas [legua marina] al Sudoeste ».

[6] Originalité touristique, João Pessoa compte la présence d’une commune appelée Bayeux.
Auparavant Barreiros, elle prend son nom « français » le 21 juin 1944, sur proposition du journaliste Francisco de Assis Chateaubriand Bandeira de Melo, en hommage à la première ville libérée par les Alliés lors du Débarquement en Normandie.
Source : Instituto Brasileiro de Geografia e Estatística (IBGE)

[7] À titre de comparaison, Christophe Colomb, depuis les Canaries, mit 36 jours pour atteindre San Salvador aux Bahamas lors de son premier voyage, et seulement 21 jours avant d’apercevoir la Désirade (à l’est de la Guadeloupe) lors du deuxième.

[8] Bernal, Sucesos desafortunados de la Expedición (2015), p.4
Kronobase

Wikipedia (FR)

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