Estêvão Gomes

Nationalité Portugais
Origine ~1483-1484 – Porto (Portugal)
Alias Estéban/Esteban Gómez [1]
Esteban Gómes [2]
Estêvão Gomes [3]
Estevam Gomes [4]
Estevan Gómez [5]
Étienne Gomez [6]
Navire Trinidad, puis San Antonio
Fonction Pilote
Note(s) Frère de João Gomes
Destin Survivant – Déserteur
  Estêvão Gomes, comme le reste de l’équipage du San Antonio, fit défection à l’embouchure du détroit de Magellan et revint en Espagne.

 

Estêvão Gomes est né à Porto (Portugal) vers 1483-1484. [7]
Durant sa jeunesse, il sert dans la marine portugaise et voyage notamment aux Indes. [8] Bien qu’il n’existe aucune trace de ses expéditions, plusieurs éléments viennent indirectement étayer ces faits. Tout d’abord, il est retenu par la Casa de Contratación de Séville alors qu’il n’a que 33-34 ans, ce qui semble démontrer qu’il est expérimenté. [9] Plus tard, alors qu’il se trouve à La Corogne pour superviser les préparatifs de l’expédition de Simón de Alcazaba (courant 1527), il rencontre un certain Tagmont, mandaté par le Conseil des Indes, qui l’interroge sur la navigation vers les Indes via le cap de Bonne Espérance. [10]

Toujours est-il qu’il rejoint l’Espagne où il est nommé Pilote royal (Piloto real), [11]  via la cédule royale du 10 février 1518, rédigée à Valladolid par Francisco de los Cobos, secrétaire d’état et conseiller du roi Carlos. [12] L’historien chilien José Toribio Medina Zavala, reprenant les propos du chroniqueur João de Barros, estime qu’il a pu arriver en même temps que son compatriote Fernão de Magalhães (également originaire de Porto), et que les deux se connaissaient, indiquant leur présence à Séville dès le 20 octobre 1517. [13] (Barros parle de lui comme « Gómez  de  Oporto »).
Pour l’universitaire espagnol Luis Miguel Benito Fraile (Université de Valladolid), l’arrivée en Espagne et la nomination des deux Portugais montrent que la Casa de Contratación recherchait des marins expérimentés (et avec une connaissance des Indes orientales) pour préparer une expédition visant à trouver une route occidentale vers les Moluques.

Lorsqu’il embarque comme pilote de la Trinidad, [14] le vaisseau amiral de l’expédition Magellan, Gomes a environ 36 ans.
Son frère João Gomes aurait également dû faire partie de l’expédition, en tant que mousse sur le Santiago. [15] Il fut évincé à cause de sa nationalité portugaise, ne rentrant pas dans le contingent des dix Portugais autorisés par le roi.

 

Le mercredi 5 octobre 1519, alors que la flotte fait route plein sud pour longer les côtes africaines, Juan de Cartagena aurait fait approcher le San Antonio du navire amiral et aurait interpellé Gomes au sujet du changement de route, se demandant pourquoi personne n’avait été consulté.
Selon l’historien portugais José Maria de Queirós Veloso, le pilote aurait répondu sèchement au veedor que les questions de navigation ne le regardaient pas. [16] Ceci semble douteux et peut être une interprétation personnelle de la part de l’auteur ; certes Gomes était-il bien vu au sein de la Casa de Contratación, ce qui lui conférait une sorte de petit privilège, mais il est peu vraisemblable qu’il ait parlé de cette manière au neveu de l’archevêque Juan Rodríguez de Fonseca, personnage éminent de ladite Casa de Contratación

Suite à la Mutinerie de Pâques dans la baie de San Julián, Estêvão Gomes est transféré sur le San Antonio, désormais commandé par Álvaro de Mezquita, un proche de Magellan. Ce changement, en apparence anodin, aurait créé un ressentiment de Gomes à l’encontre de Magellan, car ne plus se trouver sur le navire principal aurait été perçu par le pilote comme une rétrogradation. [17] De plus, il aurait été jaloux de voir Álvaro de Mezquita (cousin ou ami de Magellan, suivant les sources) et Duarte Barbosa (gendre de Magellan) nommés capitaines alors que lui demeurait pilote. [18]
Ceci n’aurait fait que contribuer un peu plus à la rancœur qu’il éprouvait envers son compatriote. Il est même possible que la loyauté de Gomes à l’endroit de Magalhães ait été feinte surtout après San Julián : Gomes ayant assisté au sort réservé aux mutins, il aurait pu estimer préférable de se montrer docile face au capitán general. C’est en tout cas la thèse que soutient l’historien espagnol Luis Miguel Benito Fraile. [19]
Il semble qu’à l’époque, Gomes ait également eu un projet de gagner les Indes par l’ouest, mais qu’au final, ce soit le projet de Magellan qui ait été retenu, à sa grande déception. C’est en tout cas ce que suggère Antonio Pigafetta ; le Routier du pilote génois (journal de bord anonyme attribué à Leone Pancaldo ou Giovanni Battista da Ponzoroni) laisse même entendre que Gomes aurait éprouvé une défiance permanente vis-à-vis de Magellan suite à cet évènement.  [20]

 

Ainsi, le jeudi 8 novembre 1520, alors que la flotte explore le Détroit de Tous les Saints (Estredo de Todos de los Santos, futur Détroit de Magellan), Gomes organise une mutinerie et s’empare du San Antonio. Mezquita est mis aux fers, et Jerónimo Guerra désigné capitaine. [21] Le caraque fait demi-tour et rentre en Espagne avec une cinquantaine d’hommes à bord. [22]

On trouve plusieurs versions de cet événement.

Selon le chroniqueur espagnol Gonzalo Fernández de Oviedo y Valdés, le San Antonio serait revenu d’une mission de reconnaissance de trois jours et n’aurait trouvé personne au point de rendez-vous ; après plusieurs jours d’attente, Mezquita aurait voulu partir à la recherche du reste de la flotte et l’équipage, mené par Gomes et Guerra, se serait mutiné. [23] Il est ici possible qu’Oviedo se soit basé sur les témoignages des mutins, qui ont eu tendance à minimiser ou justifier leur action, car la mutinerie était passible de la peine de mort à l’époque.
L’historien espagnol Eustaquio Fernández de Navarrete raconte peu ou prou la même chose. À l’issue des trois jours d’exploration, le San Antonio n’aurait pas retrouvé l’armada. Ceci aurait motivé Gomes et Guerra à organiser la mutinerie, au cours de laquelle Mezquita sera blessé à la jambe et à la main gauche. [72]

Selon le journal d’Antonio Pigafetta, Gomes aurait organisé et déclenché ce soulèvement dès la première nuit du départ en reconnaissance. [24] On peut ici se demander comment Pigafetta, qui n’était pas présent sur le navire, aurait eu connaissance de ses faits ; il y a tout lieu de penser qu’il s’agit de spéculations de sa part. [25]

Le journal de Ginés de Mafra donne lui un luxe de détails impressionnant.
Gomes aurait poussé l’équipage à se mutiner et à partir vers l’est, afin de profiter de vents favorables. Mezquita, qui se méfiait de Gomes, aurait demandé à deux hommes de confiance (qui ne sont pas nommés) de surveiller le pilote portugais pendant que lui-même se reposait dans sa cabine. Voyant qu’il ne suivait pas la direction prévue, les deux fidèles marins seraient allés prévenir leur capitaine. Celui-ci aurait vivement sermonné Gomes, qui n’aurait pas répondu et sorti un couteau avec lequel il aurait attaqué Mezquita, le blessant à la main. L’équipage prit ensuite les armes pour faire prisonnier Mezquita et le tuer, ainsi qu’une autre personne, juste dénommée « un portugués ». [73]
Ce récit est au moins partiellement faux puisqu’Àlvaro de Mezquita, bien vivant, témoignera à son procès lors du retour en Espagne. Quant au fameux Portugais, son identité est inconnue : il n’y en avait aucun sur le San Antonio, ni sur le Santiago (son équipage ayant été dispatché après le naufrage), à moins qu’il n’ait fait partie des Portugais clandestins de l’armada.
On peut juste s’interroger sur la façon dont il a eu connaissance des faits dans la mesure où lui se trouvait sur la Trinidad à ce moment-là et qu’il ne reviendra en Espagne qu’en 1527, après un long séjour dans des geôles portugaises.

Il est en tout cas certain que Magellan n’a pas vu venir la traîtrise ; autrement il aurait gardé l’homme près de lui pour le surveiller. Gomes étant portugais, il était considéré comme loyal au capitaine, qui l’avait justement choisi au départ comme pilote du vaisseau amiral, au regard de son expérience. De plus, avant le départ, Estêvão Gomes aurait confié ses économies à Diogo Barbosa, beau-père de Magellan et père de Duarte Barbosa. [26]

Selon l’historien espagnol Eustaquio Fernández de Navarrete, repris par Stefan Zweig, [74] Gomes aurait, lors d’une réunion, préalablement exprimé ses doutes sur le besoin de continuer alors qu’ils avaient trouvé le détroit. Les navires étaient en mauvais état et la quantité de vivres réduite. Il aurait demandé « Qu’allons-nous manger ? » (sabré comerme) et Magellan aurait répondu avec arrogance « le cuir des baguettes [???] (plutôt que de revenir en arrière) » (los cueros de baqueta, antes que retroceder). Sa décision prise, le capitán general demande à ses capitaines de navires de cacher à l’équipage la situation préoccupante des vivres. Magellan aurait en effet craint l’avis de Gomes, car il était connu pour être un excellent marin, et son avis aurait pu avoir un impact certain sur les équipages.
Il est ici possible, voire vraisemblable, que Navarrete se soit basé sur le témoignage de Gomes à son retour en Espagne, qui a sans doute déformé la réalité pour se donner le beau rôle. (Pour l’historien portugais José Maria de Queirós Veloso, cette réunion n’aurait même jamais existé). [75]

L’itinéraire emprunté par le San Antonio pour revenir en Espagne est également incertain.
Dans une lettre à l’évêque de Burgos Juan Rodríguez de Fonseca (tête pensante de la Casa de Contratación et soutien de l’expédition), Juan López de Recalde (comptable de la Casa de Contratación) indique qu’ils sont directement rentrés en Espagne. Selon le chroniqueur espagnol Gonzalo Fernández de Oviedo y Valdés, ils auraient effectué un arrêt en Guinée pour ravitailler en eau. [27]

Un autre point obscur concernant le trajet retour consiste à savoir si le San Antonio et Estêvão Gomes ont, ou non, découvert les îles Malouines. Aucun journal de bord ni aucune des  déclarations des marins survivants ne le mentionne.
Cependant, une carte réalisée par  Diego Ribeiro en 1529 montre les Islas de Sansón [28] à l’emplacement où se trouvent approximativement les Malouines ; or, à cette date, personne hormis la flotte de Magellan ne s’est encore rendu dans cette région.
La légende raconte que cette année-là Gomes aurait présenté à Ribeiro un indigène capturé en Patagonie (nommé Diego) et que c’est à partir de son récit que le cartographe aurait réalisé son esquisse de 1529. Mais cela reste peu probable. Pourquoi attendre huit ans avant de présenter l’indigène ? Comment se fait-il que Gomes était encore en contact avec lui ? Pourquoi faire témoigner un indigène si Gomes a lui-même vu les îles ? S’agit-il d’une supposition née du fait que Gomes est revenu d’une expédition en Amérique du Nord avec des indigènes à bord en 1525 ? (Indigènes qui n’avaient aucune chance d’avoir jamais entendu parler de ces îles situées 11 000 km au sud). [29]

Ribeiro - Carte Amerique - Islas de Sanson (1529 - copie XIXe)
Extrait de la carte de Diego Ribeiro de 1529 (copie du XIXe), montrant les « Islas de Sanson »

 

Plusieurs hypothèses existent pour expliquer la présence des Malouines sur ces cartes.
Ce serait les marins de la Victoria qui les auraient aperçues alors qu’ils cherchaient le San Antonio dans l’Estrecho de Todos los Santos. Il semble d’après les témoignages que le navire soit revenu jusqu’à l’embouchure du détroit. Et que, de là, ils auraient aperçu les Islas de Sansón. La Victoria sera le seul navire à revenir de l’expédition (le San Antonio ayant déserté bien avant), et certains ont dès lors imaginé que c’était à partir de leurs témoignages que la carte avait été réalisée (d’autres encore imaginent que ces témoignages ont permis de compléter le récit de l’indigène Diego). Cette hypothèse est peu vraisemblable là encore, dans la mesure où les Malouines se trouvent à 500 km de l’entrée du Détroit de Magellan, et donc invisibles même avec une lunette (cela équivaudrait à voir Paris depuis Bordeaux).
Une autre indique que Amerigo Vespucci les auraient atteintes par erreur lors de sa 3e expédition de 1501 (soit presque deux décennies avant). Certains historiens disent en effet qu’il serait allé jusqu’au Détroit de Magellan. Là encore, cela reste peu probable : lorsque Fernão de Magalhães s’élance en 1519, sur la base des cartes les plus récentes, l’Amérique du Sud n’est représentée que jusqu’au rio de la Plata, exploré par Juan Díaz de Solís en février 1516. En réalité, cette hypothèse provient d’un courrier que Vespucci aurait adressé à Pier Soderini, magistrat de Florence ; courrier dont l’authenticité est extrêmement douteuse (Soderini l’aurait rédigé lui-même).
En 1983, l’historien uruguayen Rolando Laguarda Trías pense avoir trouvé la réponse à la Bibliothèque nationale de France. Dans un document rédigé par l’explorateur et géographe André ThevetLe Gran Insulaire. Vol I (1586), se trouverait une carte (p.229) montrant « Les isles de Sansón ou des Geants » (en français dans le texte). Thevet indique en note que la position et la description de l’archipel proviennent du témoignage d’un pilote portugais de l’expédition Magellan (certains y voient étrangement Álvaro de Mezquita alors qu’il parle certainement d’Estêvão Gomes).
À ce jour, si d’autres hypothèses (plus tardives) ont cours, il n’existe aucun consensus sur la date et l’auteur de la découverte. Ce qui pose problème : l’Argentine et le Royaume-Uni revendiquent toujours ces îles qui, pour le moment, sont la propriété de ce dernier (sous le nom de Falkland Islands), et qu’un conflit armé a déjà eu lieu en 1982. Preuve s’il en était que les tensions sont toujours vives (l’Argentine considère comme illégale l’occupation de l’archipel), les conjectures liées à la découverte de ces îles apparaissent dans un document officiel daté de 2003 (paragraphe 1.2) et destiné à la Chambre des Députés argentins (Honorable Cámara de Diputados de la Nación Argentina).

 

Dans leur témoignage, les mutins vont charger Magellan et Mezquita : considéré comme fou, le Portugais aurait menti au roi en affirmant savoir où se trouvaient les Moluques ; de plus, le châtiment cruel qu’avaient subi les insurgés à San Julián aurait été inspiré à Magellan par Mezquita, qui lui aurait conseillé d’être particulièrement sévère avec eux. [30]
Estêvão Gomes déclara notamment que, dans le détroit, Magellan aurait réuni ses capitaines et pilotes pour demander conseil ; à ce moment, Gomes aurait publiquement estimé plus sage de faire demi-tour (la mission accomplie avec la découverte du passage et les vivres trop basses pour continuer), mais il n’aurait pas été écouté. [31] Pour l’historien portugais José Maria de Queirós Veloso, cette réunion n’a jamais eu lieu et ne serait qu’une invention de Gomes pour se donner le beau rôle ; néanmoins, Magellan aurait bien consulté ses capitaines, mais par missive, et surtout après la défection du San Antonio.  [32]

Les marins du San Antonio déclarèrent aussi s’être arrêtés à San Julián pour tenter de localiser les deux exilés (Juan de Cartagena et Pedro Sánchez Reina), mais sans succès. [33]
Ceci paraît douteux : le navire fera défection le 8 novembre 1520, soit trois mois après l’exil (sans compter le trajet du retour). De longues semaines durant lesquelles les deux hommes auraient dû survivre par leurs propres moyens en chassant, pêchant et en trouvant de l’eau potable. Si cela demeure possible, il faut rappeler que l’un était un noble de haute extraction et l’autre un clerc, qui n’étaient pas véritablement prédisposés à survivre en pleine nature.

Certaines sources prétendent que la libération des mutins se fera grâce au témoignage des survivants de la Victoria, rentrée en Espagne en septembre 1522. Or, selon l’historien chilien José Toribio Medina Zavala (considéré encore aujourd’hui comme une référence sur le sujet), il n’existe aucun document expliquant comment les marins du San Antonio ont finalement été libérés. On sait juste que Gomes fut emprisonné à Burgos jusqu’au 4 octobre 1521 (date indiquée dans la cédule royale permettant le versement de son salaire). [34]

 

 

Suites —

 

Les informations ramenées par Estêvao Gomes sont inestimables. Non seulement parce qu’elles fournissent le détail de la côte est de l’Amérique du Sud ; mais surtout parce qu’elles démontrent que cet itinéraire vers les Moluques est trop risqué. Un an et demi avant le retour de Juan Sebastián Elcano et de la Victoria, la Casa de Contratación sait que cet itinéraire n’est pas une solution viable et peut d’ores et déjà anticiper de futures expéditions à la recherche d’une autre route. [35] On peut dès lors s’interroger sur l’intérêt que l’institution porta alors au sort des marins de l’Armada, dans la mesure où elle avait déjà obtenu les informations qu’elle désirait.
Ainsi, l’arrivée à Séville de la Victoria le lundi 8 septembre 1522 ne fait que confirmer ce que la Casa de Contratación sait déjà. L’idée de rechercher un passage par la nord-ouest se fait jour. [36]

 

Dès lors, Carlos Ier, désormais empereur Charles Quint, va œuvrer pour qu’une expédition visant à reconnaître la côte située entre la Floride et Bacalaos (zone comprenant les actuelles Terre-Neuve, Nouvelle-Ecosse et Labrador) se monte rapidement. [37]
Ainsi, le 27 avril 1523, à Valladolid, est signée la capitulation royale qui commande à Estêvão Gomes de rechercher une route par le nord pour la Cathay orientale (Chine) et les îles Moluques. [38]
Le chroniqueur italien Pietro Martire d’Anghiera, dans une lettre à l’archevêque de Cosenza (14 juillet 1523), rappelle l’importance que revêtirait un tel passage pour la quête des épices, mais aussi vis-à-vis du Portugal. Mais il tempère son propos en exprimant le peu d’espoir qu’il existe de trouver un tel passage. [39]

 

Gomes va avoir le privilège de lancer le premier voyage organisé par la toute nouvelle Casa de la Contratación de La Coruña. [40] Voyage particulier à plus d’un titre.
Une caravelle, la Nuestra Señora de la Anunciada, est spécialement commandée aux chantiers navals de Bilbao. À son achèvement en juillet 1524, le navire fait 75 tonneaux [41] et a coûté 1 900 ducats [42] (il est plus grand et a coûté plus cher que prévu). [43]
Le navire, les armes et les vivres, prévues pour un an, sont financés à moitié par la Casa et à moitié par des investisseurs privés (parmi lesquels Cristóbal de Haro, également financeur de l’expédition de Magellan).
L’équipage est constitué de 28 hommes, dont un interprète portugais qui parle la « lengua de la Especería ». Louis André Vigneras précise que le pilote est un certain Pedro de Luna. [44]
Les membres de l’expédition sont autorisés à amasser des biens, pour lesquels ils sont exonérés d’impôts (en dehors de la « veintena ») et jusqu’à hauteur de  200 ducats (au-delà, ils devront le « quinto real », soit 20% destiné au le roi).
Gomes touche lui une avance sur salaire, afin qu’il puisse investir dans la société chargée d’acquérir le navire.
Enfin, Vigneras précise qu’ils emmènent des cartes, probablement œuvres de Ribeiro. [45]

 

Le départ de La Corogne s’effectue à une date incertaine mais a priori le 24 septembre 1524. [46]
Le détail du trajet est lui aussi inconnu, dans la mesure où le journal de bord de Gomes demeure introuvable.
Selon le chroniqueur espagnol Antonio de Herrera y Tordesillas, le navire aurait directement atteint la côte Nord-américaine, à une latitude d’environ 42° 30’ N (soit au niveau de Boston), avant de redescendre vers le sud, passant par la Floride, Cuba, et de rentrer en Espagne. Pour l’historien chilien José Toribio Medina Zavala, il aurait atteint Terre-Neuve, avant de redescendre vers le sud, reconnaissant notamment le Río de los Gamos (la « rivière aux Daims », aujourd’hui le fleuve Penobscot), où il aurait capturé des indigènes. [47]
Pour Louis André Vigneras, l’expédition s’est au contraire déroulée du sud vers le nord, en commençant par Santiago de Cuba (où la présence de la Nuestra Señora de la Anunciada est attestée). De là, Gomes serait remonté le long de la côté floridienne, doublant le Cabo San Jaime (« Cap Saint-Jacques », aujourd’hui Cap Cod [48] ) pour atteindre les 42° N, la Nouvelle-Écosse voir Cap Race (pointe sud-est de Terre-Neuve). [49]
Pour le cosmographe sévillan Alonso de Santa Cruz, le navigateur portugais serait allé bien plus au nord, jusqu’au golfe du Saint-Laurent, à l’embouchure du fleuve (48° 36’ N). (Mais d’autres sources indiquent qu’il n’aurait pas franchi le détroit de Cabot, estimant qu’il ne s’agissait là que de l’entrée d’une baie). Medina Zavala donne du crédit à cette thèse dans la mesure où Santa Cruz était un proche d’Estêvão Gomes, et qu’il aurait ainsi pu bénéficier d’informations de première main (mais aurait également pu chercher à enjoliver les faits pour glorifier son ami). Pour le Sévillan, Gomes aurait ainsi été le premier à explorer toute la zone située entre la Nouvelle-Écosse et la baie de Cheesapeake. [50] Il aurait également mouillé dans la baie de New York, à l’embouchure de l’Hudson. [51]
Les chroniqueurs espagnols Francisco López de Gómara et Antonio de Herrera y Tordesillas se demandent néanmoins si le trajet en question n’avait pas déjà été effectué par Giovanni Caboto en 1497 (il servait alors la couronne d’Angleterre sous le nom de John Cabot).
De plus, courant 1524 (soit un an avant l’expédition de Gomes), l’explorateur florentin Giovanni da Verrazano, missionné par Jean Ango pour le compte du roi de France, François Ier, avait déjà reconnu toute la côte allant du Cape Fear à la baie de Narragansett, mouillant dans la baie de New York le 17 avril 1524, avant de rentrer en France en longeant la Nouvelle-Écosse ; certains estiment même qu’il aurait reconnu les côtes de Terre-Neuve et du Labrador, mais comme pour Gomes, les récits sont incertains. Cependant, une carte réalisée par Visconte Maggiolo en 1527, a priori d’après des informations de Verrazzano, montre toute la côte américaine allant de la Tera Florida jusqu’au Lavoradore (Labrador).

Maggiolo - Carte Amerique - Tera Florida Lavoradore (1527)
Carte de l’Amérique de Maggiolo (1527), montrant toute la côte depuis la Floride jusqu’au Labrador (l’océan Atlantique est en haut)

 

Quelle que soit la latitude qu’ait atteinte Estêvão Gomes, celui-ci estime qu’il fait trop froid et que la navigation est trop dangereuse. Il décide donc de rebrousser chemin. [52]

L’expédition revient à La Corogne le 21 août 1525. [53] Le navire est en bon état et l’inventaire de la cargaison montre qu’ils ont rencontré peu d’adversité, mais aussi peu de population avec qui faire du troc.

Des Indiens (au nombre de 58) sont ramenés en Espagne (suivant les sources, ils ont été capturés en Nouvelle-Écosse ou le long du Penobscot, peut-être les deux). Ayant échoué à trouver la route des Indes, Gomes aurait tenté comme il le pouvait de rentabiliser l’expédition en les vendant comme esclaves. Ce voyage s’avère un tel désastre économique que la caravelle Nuestra Señora de la Anunciada doit être vendue pour payer les salaires des marins. Les Indiens sont eux libérés sur ordre du roi, baptisés et confiés au soin des habitants de La Corogne ; en effet, habitants d’un territoire espagnol (cf. Traité de Tordesillas, qui sépare le monde en deux), ils sont considérés comme des « vassaux du roi de Castille » (et on ne peut vendre comme esclave un vassal du roi). [54]

Une plaque commémorative, rendant hommage à « Estevan Gomez », a été offerte à la ville de Bangor (Maine, USA) le 11 octobre 1999 (Colombus Day) par les immigrés portugais de New Bedford (Massachusetts, USA). Réalisée par Julio Vasconcellos, elle se trouve sur la rive de la Kenduskeag à l’endroit où elle plonge dans le Penobscot. [55]

 

Cependant, au cours de l’année 2020, durant laquelle les États-Unis ont été secoués par le mouvement « Black Lives Matter », des voix se sont élevées pour demander la destruction de ce monument (principalement la Penobscot Nation), dans la mesure où Gomes a participé au rapt d’indigènes pour les ramener en Europe.
La commission chargée d’examiner la demande a rendu un avis favorable courant octobre : elle recommande que la croix soit remise à la Bangor Historical Society, tandis que la plaque et le parc seront détruits pour laisser place à quelque chose célébrant la culture Wabanaki.  Le conseil municipal de Bangor a rendu son avis définitif le 26 octobre 2020, et a entériné la destruction du monument dédié au navigateur portugais. [56]

 

 

L’expédition est certes un fiasco économique, mais elle présente un réel intérêt géographique.
Le cartographe Diego Ribeiro, présent à La Corogne lors du retour de la Nuestra Señora de la Anunciada, [57] va utiliser ces informations pour établir six cartes entre 1525 et 1530. Sur celle de 1529 (la cinquième), on y trouve la mention de « Tiera de Esteva Gomez ».

Ribeiro - Carte du Monde (1529 - originale)
Carte du monde de Diego Ribeiro (1529 – Originale – National Library of Australia)

 

 

 

Dès son retour en Espagne, Estêvão Gomes se rend à la cour du roi à Tolède et, selon le chroniqueur espagnol Gonzalo Fernández de Oviedo, demeure dans la cité jusqu’en avril 1526, sans que l’on ne sache très bien ce qu’il y fait. [58]
En avril 1527, il se voit chargé de l’approvisionnement de la flotte de Simón de Alcazaba y Sotomayor au départ de La Corogne. Celle-ci doit se rendre en Amérique du Sud pour explorer et peupler une région située entre 9° 57’ S et 21° 6,5’ S (ce qui correspond plus ou moins à la future Nueva Toledo, fondée en 1534). [59] Considérant cette tâche comme peu gratifiante, Gomes tente de se faire intégrer à l’expédition comme commandant du San Antonio (le meilleur navire de la flotte), mais cela lui vaut d’être renvoyé.
En 1529, on lui accorde néanmoins une prime de 15 000 maravédis pour services rendus. L’historien chilien José Toribio Medina Zavala estime qu’il s’agit là d’une forme de compensation, et que la Casa de la Contratación lui renouvelle ainsi sa confiance. Mais aucun élément ne vient étayer cela. [60]

 

En 1533, Gomes propose au conseil des Indes de Séville de construire une cale sèche en vue de la réfection des navires. Ce projet n’aboutira pas. [61]

 

Le 21 mai 1534, Estêvão Gomes se voit octroyer par le roi, pour services rendus à la Casa de la Contratación, le blason dont il avait fait la demande. [62]

Gomes Estevao - Armoiries (Medina Zavala)
Armoiries d’Estêvão Gomes, telles que reconstituées par José Toribio Medina Zavala

 

En 1535, Pedro de Mendoza y Luján est nommé gouverneur de la région du Río de la Plata. Afin d’entreprendre l’exploration de la région, il demande à ce qu’Estêvão Gomes serve sous ses ordres comme piloto mayor. La Casa de la Contratación accède à sa demande et, sans doute rassurée par la présence d’un homme de son expérience au sein de la flotte, accepte de payer l’intégralité du salaire du Portugais pour les deux années à venir. [63]
L’armada de onze navires quitte Sanlúcar de Barrameda le 24 août 1535 pour arriver au  Río de la Plata en janvier 1536. Mendoza étant à ce moment-là très affaibli par la syphilis, le commandement est en réalité exercé par Juan de Ayolas. [64]
En octobre de la même année, Ayolas décide de s’aventurer plus loin dans les terres et de remonter le Río Paraguay à la recherche de la Sierra de Plata (« Montagne d’Argent »), une zone montagneuse que la rumeur dit riche en métaux précieux. Au sein du détachement de 170 hommes (répartis sur une caravelle et deux brigantins) se trouvent notamment Estêvão Gomes et le chroniqueur Gonzalo Fernández de Oviedo. Il leur faut quatre mois pour atteindre une région qu’ils nomment « Candelaria » (février 1537). [65] Un fort y est construit avec une garnison de 40 hommes chargés de surveiller les navires (Oviedo fait partie de ce groupe, commandé par Domingo Martínez de Irala). Les 130 hommes restants, avec à leur tête Ayolas et Gomes, s’enfoncent alors dans les terres du Chaco. [66]

La suite des évènements reste sujette à caution dans la mesure où il n’en existe aucun témoignage direct.
L’exploration par le détachement d’Ayolas va durer environ une année (14 mois d’après l’historien Louis André Vigneras), au cours de laquelle il va effectivement trouver la Sierra de Plata et ses fameux métaux précieux, mais aussi se retrouver impliqué dans une guerre tribale, qui les force à revenir à Candelaria. [67]
De retour au fort, les explorateurs trouvent l’endroit désert. En effet, n’ayant aucune nouvelle d’Ayolas depuis un an, Irala a déplacé le camp vers une enclave située en aval, qu’il a nommée « La Asuncion ». [68]
Selon le récit que fit à Irala un indien du nom de Gonzalo Chaves, le groupe d’Ayolas aurait alors accepté l’aide des Indiens sans se douter qu’il s’agissait d’un piège : tous furent exterminés (et selon toute vraisemblance parmi eux Estêvão Gomes) au printemps 1538. [69]
Dans un document daté du 8 novembre 1542, il est mentionné que l’alguacil mayor de La Asuncion a récupéré les affaires des défunts pour les vendre, et que parmi elles se trouvaient celles du « Piloto Mayor Esteban Gomez, vecino de La Coruña ». [70]

 

 

Selon l’universitaire espagnol Luis Miguel Benito Fraile, les qualités de pilote d’Estêvão Gomes étaient indéniables, en témoigne le fait qu’il n’ait perdu aucun navire placé sous ses ordres alors qu’il explorait des contrées inconnues. C’est sans doute pour cette raison que l’homme a toujours bénéficié de la bienveillance de la Casa de la Contratación. L’historien met en avant le caractère prudent du navigateur portugais, qui le poussa à fuir l’expédition Magellan-Elcano en 1520 (en raison d’un manque de vivres qu’il jugeait alarmant), mais également à ne pas s’obstiner à rechercher le passage du Nord-Ouest en 1525 (la navigation devenant trop dangereuse). Cependant, suivant les points de vue, d’autres pourraient le considérer comme un pleutre qui abandonnait ses camarades ou fuyait devant trop d’adversité. Il reste difficile de juger de ses motivations réelles aujourd’hui, cinq siècles plus tard, à la lumière des maigres éléments dont nous disposons (et pour la plupart indirects).
Dans tous les cas, si ses deux retours en Espagne sain et sauf ont permis de grandes avancées géographiques, l’universitaire souligne également que le manque d’audace du Portugais l’a sans doute privé de la gloire qui aurait permis à son nom de rester dans l’Histoire.

 

 

Enfin, Estêvão Gomes aurait peut-être été descendant d’Africain et donc noir.
C’est en tout cas ce qu’indique l’historien congolais Arsène-Francoeur Nganga dans son ouvrage Estéban Gomez et Mathieu Dacosta : Marins noirs sur l’Atlantique (XVIe et XVIIe siècles). [71]
Cependant, aucune autre source ne précisant l’origine africaine du pilote portugais (ou même sa couleur de peau), cette information reste à prendre avec précaution.

 

 

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[1] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), V, p.6 ; XLVIII, p.87 ; LXIII, p.161.

[2] Bernal, Sucesos desafortunados de la Expedición (2015), p.3

[3] Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.463

[4] Verne, Les grands voyages et les grands voyageurs. Découverte de la terre – Chapitre II : Premier voyage autour du monde (1878), p.131

[5] Cat, Les grandes découvertes du treizième au seizième siècle (1882), p.205
Charton, Voyageurs anciens et modernes – T.3 : Voyageurs modernes, quinzième siècle et commencement du seizième – Fernand de Magellan, voyageur portugais (1863), p.286

[6] Cat, Les grandes découvertes du treizième au seizième siècle (1882), p.208
Charton, Voyageurs anciens et modernes – T.3 : Voyageurs modernes, quinzième siècle et commencement du seizième – Fernand de Magellan, voyageur portugais (1863), p.289

[7] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.2 (70) ; citant Medina, El portugués Esteban Gómez al servicio de España (1908), p.8 : « Dans un témoignage datant de 1530, l’homme dit avoir environ 46 ans ».
Vigneras, El  viaje  de Esteban  Gómez  a  Norte  América (1957), Biographi.ca : « b. 1483–84, probably in Oporto ».

[8] Vigneras, El  viaje  de Esteban  Gómez  a  Norte  América (1957),  Biographi.ca

[9] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.2 (70)

[10] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.12 (80) ; citant Medina, El portugués Esteban Gómez al servicio de España (1908), p.116

[11] L’historien espagnol José Maria de Queirós Veloso précise qu’il est « Pilote de Son Altesse » (Piloto de Su Alteza), soit un rang en dessous de « Pilote de Sa Majesté » (????).
Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.480

[12] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), V, p.6

[13] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.2 (70) ; citant Medina, El portugués Esteban Gómez al servicio de España (1908), p.7-11

[14] De nombreuses sources commettent l’erreur de le placer comme pilote du San Antonio, ce qu’il ne deviendra qu’après la mutinerie de San Julián et la redistribution des rôles. Le pilote du San Antonio était Juan Rodríguez de Mafra (autre marin expérimenté, qui avait participé aux 2e et 3e voyages de Christophe Colomb), avant de passer sur la Concepción.

[15] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), XLVIII, p.87 (référencé comme Juan Gómez)

[16] Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.468

[17] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.4 (72)

[18] Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.481

[19] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.4 (72)

[20] Sir Stanley of Alderley, The First Voyage Round the World – The Genoese Pilot’s Account of Magellan’s Voyage (1874), note 21 (citant The Letter of Transylvanus and Castanheda)

[21] Bernal, Sucesos desafortunados de la Expedición (2015), p.3 : « en la cual ha venido por capitán Jerónimo Guerra »

[22] L’historien espagnol Cristóbal Bernal précise qu’ils sont 55.
Bernal, Sucesos desafortunados de la Expedición (2015), p.2

[23] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.4 (72) ; citant Medina, El portugués Esteban Gómez al servicio de España (1908), p.24-25

[24] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.4 (72) ; citant Pigafetta, Primer viaje alrededor del mundo (1985), p73

[25] José Maria de Queirós Veloso raconte la même chose, mais il est possible qu’il ait brodé à partir du récit de Pigafetta.
Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.480

[26] Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.480-481

[27] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.4 (72) ; citant Medina, El portugués Esteban Gómez al servicio de España (1908), p.17 & p.26

[28] Le nom proviendrait d’une altération du nom « Yslas de San Antón », dérivée de San Antonio, le navire d’Estêvão Gomes.

[29] Cf. Wikipedia « Esteban Gómez » (ES) et « Descubrimiento de las Islas Malvinias » (ES)
Via Web Archive :
El Correo en la Provincia de Tierra del Fuego, Antártida e Islas del Atlántico Sur

[30] Ginés de Mafra, Libro que trata del descubrimiento del Estrecho de Magallanes (1542), IX, p.195 : « ils dirent tant de mensonges que, par ce moyen, ils s’en tirèrent jusqu’à ce que, beaucoup plus tard, on sût la vérité » (y dijeron tantas mentiras que con ellas se escaparon hasta que después donde a mucho tiempo se supo la verdad). Traduction extraite de Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.481
Sir Stanley of Alderley, The First Voyage Round the World – The Genoese Pilot’s Account of Magellan’s Voyage (1874), note 21 (citant The Letter of Transylvanus and Castanheda)

[31] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.4 (72) ; citant Medina, El portugués Esteban Gómez al servicio de España (1908), p.22

[32] Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.478-479 note 1

[33] Bernal, Declaración de las personas fallecidas en el viaje al Maluco (2014), #14
« al   regreso,   prematuro,   de   la   nao   San   António   (el   8-V-1521),   sus   tripulantes declararon el intento de localización de los desterrados, sin éxito ».

[34] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.5 (73) ; citant Medina, El portugués Esteban Gómez al servicio de España (1908), p.32-33

[35] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.5 (73)

[36] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.6 (74)

[37] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.7 (75) ; citant Medina, El portugués Esteban Gómez al servicio de España (1908), p.47

[38] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.6-7 (74-75)

[39] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.7 (75) ; citant Medina, El portugués Esteban Gómez al servicio de España (1908), p.44

[40] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.7 (75)

[41] Un tonneau vaut (aujourd’hui), 2,83 m3 ; le navire faisait donc 212 m3. À titre de comparaison, il s’agit du volume du plus petit navire de l’expédition Magellan-Elcano, le Santiago, qui embarquait 31 hommes.
Ce volume correspond à un appartement de 85 m² avec une hauteur sous plafond de 2,50 m (pour 28 hommes, les vivres et le matériel).

[42] Le ducat espagnol, frappé entre 1497 à 1537, était en or quasi-pur (23,75 carats, la pureté totale étant à 24).

[43] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.7 (75) ; citant Vigneras, El  viaje de Esteban  Gómez a Norte  América (1957), p.190-191

[44] Vigneras, El  viaje  de Esteban  Gómez  a  Norte  América (1957),  Biographi.ca

[45] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.7 (75) ; citant Vigneras, El  viaje de Esteban  Gómez a Norte  América (1957), p.191

[46] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.8 (76) ; citant Vigneras, El  viaje de Esteban  Gómez a Norte  América (1957), p.158

[47] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.7 (75) ; citant Medina, El portugués Esteban Gómez al servicio de España (1908), p.99

[48] L’explorateur florentin Giovanni da Verrazano avait déjà reconnu les lieux  l’année précédente, missionné par Jean Ango pour le compte du roi de France, François Ier.

[49] Ces estimations sont confuses dans la mesure où la pointe sud de la Nouvelle-Écosse, l’île du Cap de Sable, se situe à environ 43° 27’ N et le Cap Race à 46° 39’ N.
Vigneras, El  viaje  de Esteban  Gómez  a  Norte  América (1957),  Biographi.ca
Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.8 (76) ; citant Vigneras, El  viaje de Esteban  Gómez a Norte  América (1957), p.196

[50] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.7 (75) ; citant Medina, El portugués Esteban Gómez al servicio de España (1908), p.102-104 & p.105-108

[51] Cf. Wikipedia EN & ES

[52] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.8 (75) ; citant Santa Cruz, Islario general de todas las islas del mundo

[53] En se référant aux dates indiquées par Louis André Vigneras, le voyage a duré 10 mois et 27 jours.
Vigneras, El  viaje  de Esteban  Gómez  a  Norte  América (1957),  Biographi.ca
Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.9 (77) ; citant Vigneras, El  viaje de Esteban  Gómez a Norte  América (1957), p.196

[54] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.9 (77) ; citant Vigneras, El  viaje de Esteban  Gómez a Norte América (1957), p.200

[55] Source via Internet Archive

[56] Voir la série d’articles sur le sujet du Bangor Daily News ou de Fox Bangor.

[57] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.10 (78) ; citant Vigneras, El  viaje de Esteban  Gómez a Norte  América (1957), p.201-203

[58] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.11 (79) ; citant Medina, El portugués Esteban Gómez al servicio de España (1908), p.113-114

[59] À noter que Luis Miguel Benito Fraile précise que ladite région est située au sud du territoire concédé à Francisco Pizarro González. Or, la « Capitulación de Toledo », qui octroie son territoire à Pizarro, n’est signée que le 26 juillet 1529, soit deux ans plus tard.
Il n’est donc pas clair si l’expédition d’Alcazaba est antérieure à la signature ou si elle était organisée en prévision de la signature.

[60] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.11 (79) ; citant Medina, El portugués Esteban Gómez al servicio de España (1908), p.113

[61] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.12 (80) ; citant Medina, El portugués Esteban Gómez al servicio de España (1908), p.120-122

[62] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.12 (80) ; citant Medina, El portugués Esteban Gómez al servicio de España (1908), p.127

[63] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.13 (81) ; citant Rubio, Exploración  y conquista  del  Río  de  La  Plata (1953), p.101-106 & Medina, El portugués Esteban Gómez al servicio de España (1908), p.124-125

[64] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.10 (78) ; citant Vigneras, El  viaje de Esteban  Gómez a Norte  América (1957), p.205-206

[65] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.13 (81) ; citant Rubio, Exploración  y conquista  del  Río  de  La  Plata (1953), p.128
Il s’agit vraisemblablement de ce qui est aujourd’hui plus ou moins la ville ou le département de Candelaria (province de Misiones, Argentine), située sur le fleuve Paraná, à la frontière avec le Paraguay.  Mais il est possible qu’à l’époque, les explorateurs se soient établis au confluent du Paraná et de l’Uruguay.

[66] Le Chaco peut se référer aujourd’hui à une région géographique, le Gran Chaco, ou à une région administrative, la Province du Chaco (Argentine).

[67] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.14 (82) ; citant Vigneras, El  viaje de Esteban  Gómez a Norte  América (1957), p.206, citant lui-même Oviedo.

[68] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.14 (82) ; citant Rubio, Exploración  y conquista del  Río de La Plata (1953), p.135
À noter que l’actuelle Asuncion, capitale du Paraguay, se trouve en amont (au nord) de la position présumée du fort de Candelaria.

[69] Vigneras, El  viaje  de Esteban  Gómez  a  Norte  América (1957),  Biographi.ca

[70] Fraile, Esteban Gómez, piloto de la casa de la contratación de las Indias (2017), p.14 (82) ; citant Vigneras, El  viaje de Esteban  Gómez a Norte  América (1957), p.206

[71] Fiche BNF Arsène-Francoeur Nganga
Fiche de l’ouvrage chez l’éditeur Edilivre

[72] Navarrete, Historia de Juan Sebastian del Cano (1872), p.50-51

[73] Ginés de Mafra, Libro que trata del descubrimiento del Estrecho de Magallanes (1542), p.194-195

[74] Navarrete, Historia de Juan Sebastian del Cano (1872), p.50
Zweig, Magellan (1938), p.188-189

[75] Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.478 note 1

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