João Rodrigues Serrão

Nationalité Portugais
Origine
Alias João Rodrigues Serrão
Juan Rodriguez Serrano (espagnol)
Jehan Serran [1]
Navire Santiago
Fonction Capitaine et pilote
Note(s)

Frère ou cousin de Francisco Serrão [2]
Possible beau-frère ou cousin de Fernão de Magalhães [3]
Époux de Juana Durango ; beau-père de Francisco Durango (page – Santiago) [4]

Destin Décès (01/05/1521)
  João Rodrigues Serrão est tué lors du banquet sur l’île de Cebu (Philippines).

 

João Serrão est apparenté (frère ou cousin) à Francisco Serrão, l’homme qui inspira à Fernão de Magalhães son voyage.
Francisco et Fernão faisaient partie de la flotte de Francisco de Almeida, partie conquérir les Indes en 1505. En 1509, ils participent à la bataille de Diu et à la première expédition vers Malacca (au cours de laquelle Magellan aurait sauvé la vie de Francisco Serrão [5] ), puis finalement au siège de Malacca en 1511 sous les ordres d’Afonso de Albuquerque. Par la suite, Francisco fut missionné par Albuquerque pour trouver les îles Banda, dans l’archipel des Moluques. Là-bas, l’homme se lia avec le souverain de Ternate, dont il devint le conseiller. C’est sur la base de ses descriptions, en partie erronées, que Magellan pensera à tort que les Moluques se trouvaient en territoire espagnol. [6]

 

João participe à la 4e Armada Portugaise (1502) sous le commandement de Vasco de Gama. Il s’agissait à l’époque d’une expédition punitive sur Calicut (Kozhikode) en réponse au massacre de Portugais en 1500.
L’expédition, qui comptait 15 vaisseaux répartis en deux escadres [7], fit une escale sur l’île de Mozambique en juin 1502, pour y effectuer des réparations (le passage du Cap de Bonne Espérance avait été destructeur divisant même la flotte) et créer un comptoir de commerce à Sofala. Une caravelle fut construite, la Pomposa, et João Serrão en devint le capitaine. Il fut chargé par Gama de rapporter toutes les denrées du commerce avec Sofala pendant que lui-même poursuivait la route vers Calicut. Deux mois plus tard, c’est en patrouillant le long de la côte mozambicaine que Serrão croisa les deux navires manquants, qui s’étaient perdus dans la tempête, et avec lesquels il fit la route jusqu’aux Indes.

Carte Mozambique - Comptoirs portugais
Carte de l’Afrique australe avec le Mozambique et les comptoirs portugais

En 1505, João Serrão est incorporé à la 7e Armada Portugaise (1505) de Francisco de Almeida.
Le but cette fois-ci est à la fois d’affaiblir les cités pouvant représenter une menace et de construire des forts en des points stratégiques. L’objectif final étant d’affermir définitivement la mainmise du Portugal sur les Indes.
João Serrão commande le Botafogo (certaines sources indiquent qu’il était peut-être juste le pilote). Au sein de l’expédition, on trouve également Francisco Serrão, Fernão de Magalhães ou Duarte Barbosa. [8]
Lors du passage du Cap de Bonne Espérance, la flotte essuie une violente tempête qui sépare les navires. Almeida fait escale au Mozambique, dans les îles Primeiras ; mais après environ deux semaines, deux bateaux manquent encore à l’appel : le Botafogo de João Serrão et le São Gabriel de Vasco Gomes de Abreu. Il est décidé de poursuivre sans eux.
Almeida remonte jusqu’à la cité de Kilwa, que ses troupes prennent sans rencontrer trop de résistance (juillet 1505). C’est à cette période que les rejoint le Botafogo.
En août, l’armada prend et met à sac Mombasa. En septembre, elle rallie la côte ouest de l’Inde, au niveau d’Anjadip, où les Portugais entament immédiatement la construction d’un fort. Comme il était convenu dès le départ, João Serrão va y demeurer pour commander la caravelle [9] chargée de patrouiller le long de la côte (Manuel Paçanha devient lui le capitaine du fort São Miguel da Anjediva). [10]

En août 1510, il prend la tête d’une escadrille de trois vaisseaux pour reconnaître la « ilha de São Lourenço » (Madagascar).
En mars 1511, il participe à la prise de Malacca sous les ordres d’Albuquerque.
En avril 1514, il est à Khambhat (Inde) avec de Brito, après avoir effectué une reconnaissance en Mer Rouge, possiblement jusqu’à Suez. [11]

 

 

Au sein de l’Armada para el descubrimiento de la especería (1518), João Serrão fait partie des dix Portugais de la flotte autorisés par le roi. Homme de confiance de Magellan, il se voit attribuer le Santiago, dont il est capitaine et pilote. Il y fait embarquer en tant que page son beau-fils Francisco Durango.

En mai 1520, alors que la flotte hiverne dans la baie de San Julián, le Santiago est envoyé en reconnaissance mais subit une violente tempête qui le fait sombrer dans l’embouchure du río Santa Cruz, occasionnant la mort de son esclave Juan « Negro ».
Serrão devient capitaine du Concepción, qui lors d’une énième reconnaissance, découvre l’embouchure du Détroit de Tous les Saints (Estrecho de Todos los Santos, futur Détroit de Magellan).

Le marin sert visiblement de conseiller à Magellan, même si celui-ci ne l’écoute pas toujours. C’est ce qui arrive à Mactan (Philippines).
Lapu Lapu, le chef de l’îlot, refuse de se soumettre aux Espagnols ; plutôt que de l’ignorer, Magellan décide d’employer la manière forte et de prendre d’assaut le rivage. Serrão s’y oppose avec vigueur (il est aidé en cela par Antonio Pigafetta ou Duarte Barbosa, suivant les sources), mais sans succès. De même, on enjoint le Portugais de ne pas mener l’assaut en première ligne. Rien n’y fait. [12]
Bien que présent lors du débarquement, il ne peut empêcher son ami d’être mortellement blessé le 27 avril 1521.

Suite à la mort du capitán general, Duarte Barbosa et João Serrão sont désignés pour prendre la tête de l’expédition. [13] Humabon, le souverain de Cebu, invite alors les équipages à un grand banquet en leur honneur. Là encore, et peut-être plus encore après le drame de Mactan, Serrão se méfie et pense qu’il ne faut pas accepter l’invitation. Barbosa ne tient pas compte de cet avis défavorable. [14]
Alors que l’évènement touche à sa fin, des autochtones armés surgissent et massacrent presque tous les Européens. [15] Serrão est lui capturé pour servir de monnaie d’échange.
Tandis que les marins restés sur les navires se préparent à un départ précipité, Serrão est amené sur la plage pour plaider sa cause et présenter les exigences des Cebuans. Mais face aux demandes toujours plus nombreuses, ordre est donné de mettre les voiles. João Serrão est abandonné et nul ne sait ce qu’il est devenu (mais il est probable qu’il fut exécuté).

 

 

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________

[1] Peillard, Magellan / Antonio Pigafetta (1984)

[2] Il n’existe aucune source fiable d’époque concernant ce lien de parenté. Certains auteurs disent qu’il était le neveu de Francisco, mais cela semble peu probable au niveau des âges.
Francisco Serrão était possiblement lui-même un cousin de Magellan (cf. Bernstein, A Splendid Exchange: How Trade Shaped the World, (2009) p. 183-185)

[3] Édouard Charton indique de Francisco est le beau-frère de Magellan ; Si João était le frère de Francisco, alors lui-aussi serait beau-frère de Magellan.
Ian Cameron, lui, indique qu’ils étaient cousins.
Charton, Voyageurs anciens et modernes – Fernand de Magellan, voyageur portugais (1863), p.327
via Wikipédia :
– Cameron, Magellan and the first circumnavigation of the world (1973), p.19

[4] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1852-1930), XLVIII, p.87 ; LXVIII, p.224

[5] Zweig, Magellan (1938), p.52-53
Via Wikipedia :
– Joyner, Magellan (1992), p.42.43

[6] Le 7 juin 1494 était signé le Traité de Tordesillas. Sous l’égide du pape Alexandre VI, le Portugal et la Castille se partagent l’Amérique en traçant une ligne de partage. Le voyage de Magellan, prouvant de manière définitive que la terre est ronde, donnera lieu au Traité de Saragosse le 22 avril 1529, lors duquel sera localisée l’autre partie du méridien, qui doit désormais faire le tour de la Terre via les pôles.

[7] Le premier commandé par Vasco de Gama lui-même, le deuxième par son oncle Vicente Sodré.
Un troisième escadre de cinq navires, commandé par son cousin Estêvão da Gama, partit plus tard de Lisbonne et les rejoignit en Inde.

[8] Via Wikipédia :
– Cameron, Magellan and the first circumnavigation of the world (1973), p.19
Barbosa a laissé un récit : O Livro de Duarte Barbosa (1518)

[9] D’autres sources indiquent qu’il y avait trois navires, un plus gros et deux plus petits.

[10] C’est le capitaine Manuel Telles qui repart avec le Botafogo. Il était demeuré à Cochin (aujourd’hui Kochi) suite à l’expédition de la 6e Armada Portugaise (1504) de Lopo Soares de Albergaria.

[11] Lacerda, Capitães das Armadas da Índia no reinado de D. Manuel I (2006)

[12] Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.501-502

[13] Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.508
Peltier, Un journal du monde (2008)

[14] Cat, Les grandes découvertes du treizième au seizième siècle (1882), p.213
Navarrete, Historia de Juan Sebastián del Cano (1872), p.55

[15] Pigafetta, Primer viaje alrededor del Globo (Civiliter p.81-82 ; Peillard p.168)
Ginés de Mafra ; via Peltier, Un journal du monde (2008)

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