Fils de Rodrigo Alvarez et Mayor González, originaires de Huelva [6]
Destin
Survivant – Prisonnier du Cap-Vert
Fait prisonnier au Cap-Vert lors du voyage de retour de la Victoria, Gómez Hernández est libéré quelques mois plus tard et rentre en Espagne.
Gómez Hernández est présenté comme venant de Huelva, dans la province de Huelva, en Andalousie. [7]
Il serait né vers 1498 (et aurait donc eu environ 21 ans au moment d’embarquer). [8]
Son nom pose question. D’abord parce que « Gómez » est un nom de famille, son utilisation comme prénom étant plutôt rare (pour ne pas dire inexistante). Ensuite, l’homme ne porte le patronyme d’aucun de ses deux parents (Alvarez et González). A-t-il été adopté et pris le nom de ses parents adoptifs ?
La variante « Gómez Hernández » est celle retenue dans la version « rectifiée » des archives officielles, datant de 1815 et réalisée par Don Ventura Collar y Castro, officier supérieur et archiviste des Archives Générales des Indes.
Signature du marinero Gómez Hernández
Gómez Hernández embarque comme matelot (marinero) à bord de la Concepción.
Lorsque la Concepción est incendiée à Bohol (02/05/1521), il est transféré sur un autre navire, probablement la Victoria, même si celui-ci n’est pas mentionné.
L’intervention du roi Carlos permettra leur libération.
Gómez Hernández revient en Espagne le mercredi 15 octobre 1522.
Gómez Hernández sera plus tard amené à témoigner en faveur de Ximón de Burgos : celui-ci est en effet accusé d’être responsable de la capture des treize marins.
Afin de prouver son innocence, il fait témoigner Roldán de Argote, Pedro de Tolosa et Gómez Hernández, le 22 avril 1523 à Séville, devant plusieurs représentants du roi. Ses trois compagnons de cellule au Cap-Vert vont le disculper, indiquant que, durant leur séjour dans les geôles portugaises, le facteur (fator) du roi du Portugal présent sur place avait dédouané Ximón de Burgos de toute responsabilité quant à leur capture. Gómez Hernández précise également que le même fator a tenté de corrompre Ximón : risquant la pendaison à son retour en Espagne (il n’était pas certain qu’il puisse prouver son innocence), il lui fut proposé de rejoindre le Portugal. Ce que visiblement il refusa.
Dans les documents de la Casa de Contratación, il est fait mention d’un remboursement de frais occasionnés au Cap-Vert par « Gómez Hernández » et un certain « Perucho Vizcaíno » (a priori Pedro de Chindarza), paiement effectué le 20 mars 1523. [9]
[1] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), XLVIII, p.80
Bernal, Relación de expedicionarios que fueron en el viaje a la Especiería, sus procedencia, cargos y sueldos (2014), p.16
[2] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), XLVIII, p.80
Bernal, Relación de expedicionarios que fueron en el viaje a la Especiería, sus procedencia, cargos y sueldos (2014), p.16
Medina, El Descubrimiento del Océano Pacífico Hernando de Magallanes y sus Compañeros : Información hecha a instancia de Simón de Burgos (1920)
[3] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), LXIV, p.173
[4] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), LXVII, p.204
Navarrete, Historia de Juan Sebastián del Cano (1872), p.270
Bernal, Relación de la gente que llevó al descubrimiento de la Especiería (2014), p.19 & p.28
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #138
[5] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), LXVIII, p.211
[6] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), XLVIII, p.80 : « hijo de Rodrigo Alvarez é Mayor González, vecinos de Huelva »
Bernal, Relación de expedicionarios que fueron en el viaje a la Especiería, sus procedencia, cargos y sueldos (2014), p.16 : « hijo de Rodrigo Alvarez y Mayor González, vecinos de Huelva »
[7] Le compte-rendu du procès intenté par Ximón de Burgos indique qu’il vient bien de la ville de Huelva, et pas seulement de la province du même nom.
Medina, El Descubrimiento del Océano Pacífico Hernando de Magallanes y sus Compañeros : Información hecha a instancia de Simón de Burgos (1920) : « Gómez F’ernández, vecino de Huelva, estante al presente en esta cibdad »
[8] Ni l’historien belge Jean Denucé ni l’académicien français Léon Peillard ne citent de source d’époque par rapport à cette date.
Denucé, Magellan – La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.381 note 1
Peillard, Magellan / Antonio Pigafetta (1984), p.297
[9] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), LXVIII, p.228
Mercredi 9 juillet 1522 / Jeudi 10 juillet 1522 Île Santiago, Cap-Vert
La Victoria arrive en approche des îles du Cap-Vert. Elle passe devant l’île Maio pour atteindre l’île principale de Santiago, où se trouve le port de Rio Grande. [1] Celui-ci est surplombé par le village de Ribera Grande, qui correspond aujourd’hui à Cidade Velha.
L’endroit est un territoire portugais, ce qui met en grand danger l’équipage car ils n’auront aucune assurance d’y être bien accueillis. De cela, les marins en étaient conscients lorsqu’ils ont voté pour rallier ces îles. Juan Sebastián Elcano décide de mettre au point une histoire que les hommes devront raconter si on les interroge sur leur provenance (et ne rien dire si on ne leur demande rien) : la Victoria appartient à une flotte de trois navires revenant d’Amérique ; au passage de l’équateur, celle-ci a cassé son mât ; retardés par les réparations, et voyant les vivres diminuer, les Espagnols ont décidé de s’arrêter à Santiago, tandis que les deux autres navires poursuivaient leur chemin. [2]
L’état de la caraque, qui prend l’eau, rend l’histoire crédible.
* Victoria * Fin mai – Début juin 1522 Océan Atlantique – d’Afrique de l’ouest
Après le difficile franchissement du cap de Bonne-Espérance, la Victoria va tracer sa route en suivant globalement un cap NW, malgré de forts courants. Entre le 25 et le 26 mai, au large de la Namibie, la caraque semble même parcourir la plus grande distance journalière de toute l’expédition : environ 300 NM (560 km), à une vitesse de 12,60 nœuds (23 km/h). [1]
Si les conditions de navigation sont plutôt bonnes, les conditions de vie sont, elles, désastreuses.
Comme l’a déjà mentionné Antonio Pigafetta à l’approche des côtes africaines, cela fait déjà plusieurs semaines que l’équipage n’a plus que de l’eau vaguement potable et du riz à se mettre sous la dent. [2]
De fait, les hommes vont commencer à tomber les uns après les autres. Pigafetta en dénombre au total 21 sur deux mois, aussi bien Européens qu’Indiens. Le Declaración de las personas fallecidas en el viaje al Maluco référence 13 marins décédés entre l’Afrique du Sud et l’arrivée au Cap-Vert, ce qui signifierait la mort de 8 indigènes. Les corps sont systématiquement jetés à la mer, comme il est de coutume (et surtout pour des raisons de salubrité). [3]