Ximón de Burgos

Nationalité Portugais
Origine Ciudad Rodrigo (Castille-et-León, Espagne) [1]
Alias Ximón de Burgos [2]
Xerónimo de Burgos [3]
Simón de Burgos [4]
Simon de Burgos [5]
Gimon de Burgos [6]
Felipe de Burgos [7]
Navire Victoria
Fonction Supplétif (Sobresaliente) – Serviteur (Criado) du capitaine Luis de Mendoza
Note(s) Fils de Pedro Doña et Mencia de Estrada [8]
Destin Survivant – Prisonnier du Cap-Vert
  Fait prisonnier au Cap-Vert lors du voyage de retour de la Victoria, Ximón de Burgos est libéré quelques mois plus tard et rentre en Espagne.

 

Si, lors de son enregistrement auprès de la Casa de Contratación, Ximón de Burgos a déclaré venir de Burgos (province de Burgos, Castille-et-León), [9] il s’est par la suite révélé qu’il avait menti.
Lors de son action en justice de 1523 pour se disculper des accusations dont il fait l’objet, il précise être originaire de Ciudad Rodrigo, dans la province de Salamanque, en Castille-et-León. [10] Cette commune est située à une trentaine de kilomètres de la frontière avec le Portugal. (Le même document précise qu’en 1523, il réside à Séville).
Or, dans les documents d’époque relatifs à son emprisonnement au Cap-Vert, il est précisé qu’il est Portugais ; il n’aurait donc pas dû pouvoir embarquer. [11]

Le nom de son père est curieux car « doña » (dona en portugais) est surtout un titre honorifique féminin.
Concernant sa mère, Mencia (ou Mencía) pourrait être un dérivé de Clemencia. Elle pourrait être originaire de Estrada en Cantabrie, ou de La Estrada en Galice.
Mais rien ne permet d’affirmer qu’il s’agit de leurs véritables noms : l’homme aurait également pu mentir à ce sujet. De même, aucun élément ne permet de déterminer son véritable patronyme.

La variante « Ximón de Burgos » est celle retenue dans la version « rectifiée » des archives officielles, datant de 1815 et réalisée par Don Ventura Collar y Castro, officier supérieur et archiviste des Archives Générales des Indes.

 

Ximón est un moment désigné comme « parent des Chaldéens », [12] ce qui ferait de lui une personne affilée à l’Église catholique chaldéenne. [13]

 

 

Ximón de Burgos embarque comme supplétif (sobresaliente) à bord de la Victoria, où il officie comme serviteur du capitaine Luis de Mendoza.
N’étant pas référencé parmi les dix Portugais autorisés par le roi, il était donc un Portugais clandestin.
Il est à ce titre étonnant de constater qu’il est parvenu à se faire passer pour espagnol auprès d’un des capitaines castillans, car ceux-ci détestaient Magellan et les Portugais qui l’accompagnaient. Il est donc difficile d’imaginer Mendoza avoir comme serviteur un Portugais. Ximón devait donc avoir peu ou pas d’accent.

 

Il se trouve à bord de la Victoria lorsque celle-ci quitte Tidore (Moluques), samedi 21 décembre 1521.

 

Sur le trajet du retour, la Victoria est contrainte de marquer un arrêt au Cap-Vert pour avitailler, bien que l’archipel soit une possession portugaise. Treize marins sont faits prisonniers, dont Ximón.

Alors que la plupart de ses compagnons vont finalement rentrer en Espagne le mercredi 15 octobre 1522, Ximón de Burgos va demeurer dans les geôles portugaises durant cinq mois et vingt-deux jours, en compagnie de Ocacio Alfonso de los Lagares et Roldán de Argote. [14]
La raison n’est pas spécifiée.

Cependant, il fut par la suite accusé d’être responsable de la capture des treize marins, en révélant que la Victoria était le dernier navire de la flotte de Magellan, le capitán general étant lui-même décédé durant l’expédition. [15]
Ximón de Burgos se défendra des accusations en rejetant la responsabilité sur Martín Méndez, Martín de Judícibus et un indigène du nom de Manuel, qu’il accuse d’avoir vendu la mèche deux jours avant leur capture lors d’une discussion avec des habitants du village de Ribera Grande.
Afin de prouver son innocence, il fait témoigner Roldán de Argote, Pedro de Tolosa et Gómez Hernández, le 22 avril 1523 à Séville, devant plusieurs représentants du roi. Ses trois compagnons de cellule au Cap-Vert vont le disculper, indiquant que, durant leur séjour dans les geôles portugaises, le facteur (fator) du roi du Portugal présent sur place avait dédouané Ximón de Burgos de toute responsabilité quant à leur capture. Gómez Hernández précise également que le même fator a tenté de corrompre Ximón : risquant la pendaison à son retour en Espagne (il n’était pas certain qu’il puisse prouver son innocence), il lui fut proposé de rejoindre le Portugal. Ce que visiblement il refusa.
Enfin, si Méndez, Judicibus et Manuel ont bien conversé avec les locaux du Cap-Vert, personne n’est en mesure de confirmer qu’ils ont mentionné le fait d’appartenir à l’expédition Magellan.

Pourquoi Ximón de Burgos fut-il accusé par ses compagnons ? Avaient-ils découvert qu’il était Portugais et a-t-il donc servi de bouc-émissaire ?

L’explication quant à la capture est sans doute beaucoup plus simple, et donnée par Juan Sebastián Elcano dans sa déclaration à l’alcade Sancho Díaz de Leguizamo le 18 octobre 1522 : le capitaine de la Victoria raconte qu’ils ont débarqué trois quintaux de clous de girofle pour les échanger contre des vivres, preuve qu’ils venaient bien des Moluques (seul partie du monde où est produite cette épice). [16]

 

 

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________

[1] Medina,  El Descubrimiento del Océano Pacífico Hernando de Magallanes y sus Compañeros : Información hecha a instancia de Simón de Burgos (1920)
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.381
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #205

[2] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), XLIX, p.95 & LXVIII, p.213
Bernal, Relación de expedicionarios que fueron en el viaje a la Especiería, sus procedencia, cargos y sueldos (2014), p.26
Bernal, Relación de la gente que llevó al descubrimiento de la Especiería (2014), p.22 & p.31

[3] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), LXVII, p.207

[4] Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #205

[5] Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.381
Queiroz Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.515
Gumma y Marti, Quatrième centenaire du premier voyage autour du monde, lors de la Semaine internationale des géographes, des explorateurs et des ethnologues (1922), p.60

[6] Medina,  El Descubrimiento del Océano Pacífico Hernando de Magallanes y sus Compañeros : Información hecha a instancia de Simón de Burgos (1920)

[7] Navarrete, Historia de Juan Sebastián del Cano (1872), p.270

[8] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), XLIX, p.95 : « hijo de Pedro Doña é Mencia Destrada »
Bernal, Relación de expedicionarios que fueron en el viaje a la Especiería, sus procedencia, cargos y sueldos (2014), p.26 : « hijo de Pedro Doña y Mencia de Estrada »

[9] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), XLIX, p.95
Bernal, Relación de expedicionarios que fueron en el viaje a la Especiería, sus procedencia, cargos y sueldos (2014), p.26

[10] Medina,  El Descubrimiento del Océano Pacífico Hernando de Magallanes y sus Compañeros : Información hecha a instancia de Simón de Burgos (1920) : « Gimón de Burgos, vecino de Cibdad Rodrigo, parezco ante Vuestra Merced e digo »

[11] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), LXVIII, p.213

[12] Medina,  El Descubrimiento del Océano Pacífico Hernando de Magallanes y sus Compañeros : Información hecha a instancia de Simón de Burgos (1920) : « y quel dicho Ximón dixo allí que era pariente de los caldeos » (Témoignage de Gómez Hernández)

[13] Si le terme « chaldéen » désignait des hérétiques chrétiens, à partir de 1445 et le concile de Florence, le nom désigne les Chrétiens d’Orient rattachés à Rome.
Cf. Wikipédia (FR) : Église catholique chaldéenne – Histoire
Cf. Wikipédia (FR) : Chaldéens – Des Chaldéens antiques aux Chaldéens modernes

[14] Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #205

[15] À noter qu’Antonio Pigafetta mentionne juste un matelot, sans donner de nom.
Pigafetta, Primer viaje alrededor del Globo, in Charton, Voyageurs anciens et modernes – Tome III – Fernand de Magellan, voyageur portugais (1863), p.350
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.358
Queiroz Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.515

[16] Bernal, Interrogatorio tras la aventura (2014), p10 : « Décima pregunta : (…) y que de esta nao no era sacado sino tres quintales en las islas de Cabo Verde para comprar las vituallas y mantenimientos »

L’historien belge Jean Denucé place par erreur cette déclaration le 18 avril 1522, alors qu’à cette date, la Victoria se trouvait encore dans l’océan Indien.
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.358

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