Nicolas de Napoles [2]
Nicolás de Nápoles [3]
Nicolás [4]
Nicolao [5]
Nicolao de Nápoles [6]
Nicolás de Napol [7]
Nicolao de Napol [8]
Nicolás El Griego [9]
Napoles de Romania [10]
Navire
Victoria
Fonction
Matelot (Marinero)
Note(s)
Fils d’Antonio et de María, originaires de Nauplie [11]
Destin
Survivant – Les 18 de la Victoria
Nicolás de Nápoles revient en Espagne à bord de la Victoria le 6 septembre 1522
* Victoria * Lundi 8 septembre 1522 Séville (Espagne)
C’est une Victoria en piteux état qui arrive au port de Las Muelas à Séville en ce 8 septembre.
Les marins épuisés trouvent néanmoins la force d’effectuer une décharge d’artillerie pour annoncer leur retour. [1]
Le lendemain, mardi 9, les hommes se rendent à l’église. [2]
En chemises et pieds nus, une bougie à la main, la procession visite Notre-Dame de la Victoire (Nuestra Señora de la Victoria), située sur la rive ouest du Guadalquivir. Celle-là même où les marins s’étaient recueillis le mercredi 10 août 1519, avant de quitter Séville. [3]
La procession se rend ensuite à Sainte-Marie d’Antigua (Nuestra Señora de la Antigua).
Antonio Pigafetta rappelle qu’ils en ont plusieurs fois appelé à l’aide de la Vierge Marie lors des moments difficiles, et promis de lui rendre hommage s’ils revenaient sains et saufs.
Après son départ précipité du Cap-Vert, la Victoria a mis le cap sur les Açores, situées au nord-1/4-nord-ouest, alors que l’Espagne se trouve au nord-est (ou nord-nord-est). De plus, les Açores (38,59°N) se trouvent plus au nord que l’Andalousie, sa destination (36,78°N) ; soit un différentiel d’environ 200 km (108 NM). [1]
Si cette route peut sembler déraisonnablement longue, et que certains l’ont justifiée par la volonté d’échapper aux Portugais, elle fut surtout dictée par les vents.
Depuis environ un siècle déjà, les navigateurs lusitaniens connaissent les alizés (alísios en espagnol et portugais, easterlies en anglais). Ces vents soufflent de manière constante depuis la côte portugaise en direction du sud-ouest, descendant le long de la côte marocaine jusqu’aux Canaries : là, ils obliquent en direction de l’ouest pour filer vers les Antilles. De fait, remonter la côte africaine vers la Portugal implique d’aller contre ces vents, ce qui rend le voyage à la fois difficile et long. En se dirigeant vers les Açores, la distance à parcourir s’allonge grandement, mais non seulement le navire est porté par ces alizés qui arrivent de travers, mais au nord de l’archipel des Açores, il est possible de récupérer les vents d’ouest, ou contre-alizés (ventos do oeste, vientos del oeste ou westerlies) qui soufflent eux d’ouest en est ; à cela s’ajoute le Gulf Stream, un courant marin qui circule également vers l’est. Ainsi, les navires foncent alors vers la côte portugaise avec un vent régulier dans le dos. Les Portugais nomment cette route « la volta », « le tour ». [2]
Il est évident qu’au moins une personne à bord connait cette configuration météorologique. Il s’agit peut-être du pilote grec, ancien maître d’équipage (contramaestre) de la Trinidad, Francisco Albo (l’équipage compte alors quatre marins grecs, qui ont pu naviguer dans cette zone sur des bateaux lusitaniens). Le seul Portugais présent est un mousse, Vasco Gómez Gallego, qui semble avoir été un peu jeune et inexpérimenté pour guider le navire. [3] Quant à Juan Sebastián Elcano, peut-être était-il au courant, même si on ignore s’il a jamais navigué dans l’Atlantique. [4]
Carte de l’Atlantique nord, avec les Açores et la péninsule ibérique