Martín de Judícibus

Nationalité Génois
Origine Savone (Ligurie, Italie)
Alias Martín de de Judícibus [1]
Martin de Judicibus ou Yudicibus [2]
Martino de Judicibus [3]
Navire Concepción
Fonction Supplétif (Sobresaliente) – Bailli (Merino) [4]
Note(s) Fils de Piêtro de Judicibus et de Giànca Xerel, originaires de Savone [5]
Destin Survivant – Les 18 de la Victoria
  Martín de Judicibus revient en Espagne à bord de la Victoria le 6 septembre 1522

 

Martín de Judícibus est originaire de Savone (Savona), ou d’une commune proche, dans la région de Ligurie (Liguria). [6]  La ville était connue sous le nom de Saona au Moyen Âge. Au XVIe siècle, elle fait partie de la République de Gênes.
Deux autres marins de l’expédition sont originaires de ce port de la Méditerranée : Leone Pancaldo et Francesco Piora, deux matelots de la Trinidad.
Il y serait né à la fin du XVe siècle. Le chroniqueur italien Pietro Martire d’Anghiera, qui recueillit son témoignage, le présente comme « un jeune Génois » (un giovane genovese, di nome Martino). [7] On peut donc estimer qu’il est né entre 1494 et 1499 (et aurait donc eu entre 20 et 25 ans au moment d’embarquer).

L’homme est en général présenté comme « de Judicibus » (plus rarement « de Yudicibus » ou « de Iudicibus »), mais certains historiens pensent qu’il aurait pu se nommer Martino de Giudice ou de Giudici. [8]

Si son père se prénommait plutôt Pietro (en italien) ou Piêtro (en ligure), [9] et sa mère Bianca (en italien) ou Giànca (en ligure), [10] le patronyme de cette dernière est incertain et est orthographié différemment dans toutes les sources : Jerel, Verel, Xerel ou même Xeres. Si certains historiens y ont vu une possible origine espagnole, il semble qu’il n’en soit rien. [11]
Enfin, Martín se dit Martino (en italien) ou Martìn (en ligure). [12]

 

 

Martín de Judícibus embarque comme supplétif (sobresaliente) à bord de la Concepción. Il y occupe la fonction de merino (ou alguacil menor), soit un représentant de l’État qui exerce des fonctions judiciaires, comparable à une sorte de juge ou d’officier de police (ce qui correspond plus ou moins au bailli français).

Lorsque la Concepción est incendiée à Bohol (02/05/1521), il est transféré sur la Victoria où il occupe la même fonction. [13]

Il se trouve à bord de la Victoria lorsque celle-ci quitte Tidore (Moluques), samedi 21 décembre 1521.

Durant l’escale au Cap-Vert, treize marins sont fait prisonniers par les Portugais, et Ximón de Burgos est désigné comme coupable d’avoir révélé qu’ils faisaient partie de l’armada de Magellan. Pour se défendre, ce dernier rejettera la responsabilité sur Martín Méndez, Martín de Judicibus et un indigène du nom de Manuel, qu’il accuse d’avoir vendu la mèche deux jours avant leur capture lors d’une discussion avec des habitants du village de Ribera Grande.

Martín de Judícibus revient en Espagne le samedi 6 septembre 1522 avec dix-sept de ses compagnons et trois Moluquois.

À l’arrivée de la Victoria à Séville (08/09/1522), les possessions des marins sont triées et cataloguées. Dans cette liste, on ne trouve rien lui appartenant explicitement.

 

 

Ce qu’il advint par la suite de Martín de Judicibus demeure inconnu.
Pour le diplomate et historien Luigi Avonto, il est plus que probable qu’il soit retourné chez lui. Il s’appuie en cela sur les travaux de l’historien chilien José Toribio Medina Zavala et le fait que Judicibus n’ait pas été appelé à témoigner concernant les évènements. [14] La raison de cette absence vient peut-être de ce qu’il révéla au chroniqueur italien Pietro Martire d’Anghiera, lorsque celui-ci recueillit son récit au sujet du Banquet de Cebu : pour le merino, si les Cebuanos se sont retournés contre les Espagnols ce jour-là, c’est à cause de leur comportement vis-à-vis des femmes autochtones (possiblement des viols). Il est donc possible qu’après avoir entendu Martín de Judicibus, les autorités espagnoles aient décidé de l’évincer, pour conserver une version officielle plus « noble » (à savoir que les indigènes ont profité d’un moment de faiblesse des Européens pour se retourner contre eux).

 

Il existe une rue Martín de Yudicibus (calle de Martín De Yudicibus) à Sanlúcar de Barrameda.

 

 

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________

[1] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), XLIX, p.97 & LXVII, p.207 & LXVIII, p.209
Bernal, Relación de expedicionarios que fueron en el viaje a la Especiería, sus procedencia, cargos y sueldos (2014), p.28
Bernal, Relación de la gente que llevó al descubrimiento de la Especiería (2014), p.20 & p.29
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #162
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.358

[2] Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.380 note 2
Peillard, Magellan / Antonio Pigafetta (1984), p.296

[3] Wikipédia : (IT) Spedizione di Ferdinando Magellano
1000 anni delle famiglie de Judicibus : Martino de Judicibus

[4] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), XLIX, p.97 & LXVIII, p.209
Bernal, Relación de expedicionarios que fueron en el viaje a la Especiería, sus procedencia, cargos y sueldos (2014), p.28
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #162
Peillard, Magellan / Antonio Pigafetta (1984), p.296

[5] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), XLIX, p.97 : “hijo de Pedro de Judicibus e de Blanca Jerel, ginoveses, vecinos de Saona »
Bernal, Relación de expedicionarios que fueron en el viaje a la Especiería, sus procedencia, cargos y sueldos (2014), p.28 : « hijo de Pedro de Judícibus y Blanca Verel, genoveses, vecinos de Saona »
1000 anni delle famiglie de Judicibus : Martino de Judicibus – Cosa si sa : « da Pietro e Bianca Xerel »

[6] 1000 anni delle famiglie de Judicibus : Martino de Judicibus – Cosa si sa

[7] 1000 anni delle famiglie de Judicibus : Martino de Judicibus – Cosa si sa & Diaro : Avonto

[8] Même si, pour Christine Delport, cette dernière variante serait peut-être plus moderne.
1000 anni delle famiglie de Judicibus : Martino de Judicibus – Diaro : Avonto & Diaro : Delport

[9] Dictionnaire de la Academia Ligùstica do BrénnoLettre P : « Pietro (nome) = Piêtro, Pêo, Pedrìn ».

[10] Dictionnaire de la Academia Ligùstica do BrénnoLettre B : « Bianca (nome) = Giànca ».

[11] Les archives vénitiennes les présentent tous deux comme Génois. Selon le diplomate et historien Luigi Avonto tout partirait d’une mauvaise interprétation de la part de Camillo Giuseppe Manfroni (reprise par d’autres), qui aurait lu « Xeres » et statué qu’elle était originaire de Jerez de la Frontera (Xeres en italien). Pour Avonto, le vrai nom est Xerel.
1000 anni delle famiglie de Judicibus : Martino de Judicibus – I genitori & Diaro : Avonto

[12] Dictionnaire de la Academia Ligùstica do BrénnoLettre M : « Martino (nome) = Martìn ».

[13] Le bailli de la Victoria, Diego de Peralta, est décédé durant la traversée du Pacifique, le 1er janvier 1521.
Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), LXVIII, p.209 : « y entró en el mesmo cargo de merino en la nao Vitoria »

[14] 1000 anni delle famiglie de Judicibus : Martino de Judicibus – I genitori & Diaro : Avonto

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