Mercredi 11 janvier 1520 Embouchure du Río de la Plata (Frontière Argentino-Uruguayenne)
Après un passage devant la Bahía de Paranaguà, sur la côte brésilienne (31/12/1519) et devant le Cabo Santa María, sur la côte uruguayenne (10/01/1520), la flotte arrive au Río de Solís, aujourd’hui Río de la Plata.
Ils voient une montagne « faite comme un chapeau », et qu’ils nomment « Monte Vidi ». [1] C’est sur la rive opposée de la baie que naîtra la ville de San Felipe y Santiago de Montevideo, capitale de l’Uruguay).
L’expédition arrive en baie de Santa Lucía, qu’elle nomme en l’honneur de Lucie de Syracuse (Santa Lucía), célébrée le 13 décembre. [1]
Il s’agit de Rio de Janeiro, découverte en 1502 par Gaspar de Lemos ou Gonçalo Coelho, tous deux membres de l’expédition de Pedro Álvares Cabral. Mais c’est Amerigo Vespucci, présent en tant qu’observateur à la demande du roi Manuel Ier du Portugal, qui lui donne ce nom (« la baie de janvier »). [2] Le Florentin reviendra en décembre 1503 avec Gonçalo Coelho, pour créer les Feitoria de Cabo Frio et Feitoria da Baía de Guanabara ; les emplacements exacts sont inconnus, car les Portugais tenaient à les garder secrets.
Stefan Zweig raconte que Magellan n’aurait jamais dû faire débarquer ici, en territoire portugais. S’il se l’est permis, c’est que la région ne comptait alors ni comptoir commercial, ni forteresse. [3] A priori, cela est faux, même si les feitorias n’étaient alors constituées que d’une palissade de bois et de huttes de boue recouvertes de paille. [4] Le territoire étant immense, le risque était faible de croiser les Portugais.
À noter qu’une colonie française, dirigée par Nicolas Durand de Villegagnon, s’établira à l’entrée de la baie entre 1555 et 1560 : la France antarctique. Mais de nombreuses difficultés internes (rébellions, querelles religieuses), puis une offensive portugaise, auront raison de la colonie.
La flotte franchit l’équateur (sans que l’on ne sache à quelle longitude exactement). [1]
Mardi 29 novembre 1519 Cabo de Santo Agostinho (Brésil)
L’armada arrive en vue des côtes brésiliennes et du cap de Santo Agostinho.
À partir de là, la Concepción prend la tête de la flotte. En effet, son pilote, João Lopes Carvalho est déjà venu au Brésil par le passé ; sa connaissance de la région permettra de parer tout risque d’échouage. Carvalho occupe ainsi la fonction auparavant dévolue à Estêvão Gomes, pilote de la Trinidad ; il semble également que le système de navigation de nuit utilisant le farol, mis en place par Magellan au départ d’Espagne, soit conservé. [2]
Juan Baptista de Pinzorol [1]
Juan Bautista de Punzorol [2]
Juan Bautista Ponzolón [3]
Juan Bautista [4]
Juan Bautista de Punçorol / Puncerol / Punceron [5]
Iohan Bautista [6]
Bautista Genovés
Batista da Ponçoron / Baotista da Poncorón [7]
Bautista da Ponceró [8]
Giovan Battista Ponzoroni [9]
Giovanni Battista Ponzoroni [10]
Fils de Manfrino Pancaldo et Battistina (Battina) de Reposano (Repusseno) [7]
Époux de Selvaggia Romana [8] / Salnaja Pancaldo [9] / Salvaja Pancaldó [10] / Saluaja Pancaldo [11]
Destin
Survivant (Rescapé de la Trinidad)
Après un long séjour dans les geôles portugaises, Leone Pancaldo est finalement libéré en août 1527.
Dimanche 30 octobre 1519 Océan Atlantique, au large de la Sierra Leone
Magellan fait convoquer ses quatre capitaines afin d’instruire un procès concernant une grave affaire : le maître de bord de la Victoria, Antonio Salomón, est accusé d’avoir pratiqué la sodomie sur un jeune mousse [1] (peut-être avec violence [2], mais cela reste incertain).
La plupart des textes demeurent évasifs quant à la qualification des actes commis : Zweig parle d’une « infraction à la discipline » [3], Charton d’un « délit » [4], Queirós Veloso d’un « grave attentat à la pudeur en usant de violence » [5], les documents officiels d’un « péché contre nature » [6] ou d’un « crime qui lui vaut de perdre sa solde » [7]. Pourtant, le témoignage de Juan Sebastián Elcano lui-même porte la mention « sodomítico ». [8]
En réalité, les faits prêtent peu à discussion : à cette époque, les pratiques homosexuelles sont interdites en Espagne et passibles de la peine de mort (même si les relations entre hommes sont communes lors des longs voyages [9] ). C’est pour cette raison que les auteurs modernes ne s’embarrassent plus de paraphrases.
Mercredi 26 octobre 1519 Au large de la Sierra Leone
C’est vraisemblablement durant un moment de calme, et en vue de la montagne Serra Leoa (Sierra Leone) [1], que la situation s’envenime réellement entre le Portugais et l’Espagnol. Antonio Pigafetta situe cette fameuse « montagne » à une latitude de 8°N ; il s’agit vraisemblablement de la péninsule de Freetown (Sierra Leone – 8°29’4N), zone côtière au relief accidenté. [2]