Leone Pancaldo

Nationalité Génois
Origine 1481-1482, Savone (Ligurie, Italie) [1]
Alias León Pancaldo [2]
León  Pancaldó [3]
Leone Pancaldo
Leonino Pancado [4]
León Pançado [5]
Lion Pancado [6]
Navire Trinidad
Fonction Marin, puis Pilote
Note(s)

Fils de Manfrino Pancaldo et Battistina (Battina) de Reposano (Repusseno) [7]
Époux de Selvaggia Romana [8] / Salnaja Pancaldo [9] / Salvaja Pancaldó [10] / Saluaja Pancaldo [11]

Destin Survivant (Rescapé de la Trinidad)
  Après un long séjour dans les geôles portugaises, Leone Pancaldo est finalement libéré en août 1527.

 

Leone Pancaldo est vraisemblablement né vers 1481-1482 [12] à Savone (Savona), en République de Gênes, d’une famille de tisserands. Celle-ci acquit une maison dans le quartier Scarzeria, achetée le 9 avril 1485 à Michele da Cuneo, navigateur et ami de Cristoforo Colombo (Christophe Colomb), avec qui il avait participé au deuxième voyage  en Amérique.
Il est d’ailleurs attesté, dans un document du 7 novembre 1491, que Manfrino Pancaldo, père de Leone, connaissait Domenico Colombo, également tisserand, père de Cristoforo et Bartolomeo. [13]

Leone Pancaldo se marie probablement fin 1514 avec Selvaggia Romana et n’a, a priori, jamais eu d’enfants. [14]

 

 

Incorporé comme simple matelot (marinero) au sein de l’expédition Magellan, Pancaldo ne fait pas parler de lui jusqu’aux Moluques. Tout juste sait-on qu’il est un moment promu pilote (piloto), possiblement après la mutinerie de Pâques en avril 1520 (et peut-être après le naufrage du Santiago (22 mai 1520), qui conduit au remaniement des équipages). [15]

Lorsque les deux derniers navires se séparent, Pancaldo choisit de rester sous les ordres de Gonzalo Gómez de Espinosa plutôt que d’embarquer sur la Victoria avec Elcano.

Après avoir effectué les réparations sur la Trinidad, Espinosa décide de tenter de retraverser le Pacifique en direction de Darién (région du sud du Panama actuel).
Le navire quitte Tidore le 6 avril 1522. Mais très vite, le voyage tourne au cauchemar : des tempêtes le ralentissent et occasionnent de la casse ; les hommes sont décimés par le scorbut et la dysenterie. Après avoir perdu 30 de ses 50 marins, la Trinidad fait demi-tour pour revenir aux Moluques, qu’ils atteignent finalement sept mois après en être partis. [16]
Les 17 survivants (car, sur le retour, un homme a déserté aux Mariannes et deux autres sont morts en tentant de faire de même) sont arraisonnés au niveau de Benaconora (aujourd’hui la ville de Jailolo sur l’île d’Halmahera aux Moluques) [17] par la flotte d’Antonio de Brito, que le roi Manuel Ier du Portugal avait envoyé vers l’est pour intercepter les navires de Magellan. Suivant certaines sources, c’est un équipage désespéré (ou un Espinosa trop confiant) qui aurait demandé l’aide des Portugais (de Brito mentionne lui 16 survivants sur les 53 du départ [18] ).
La Trinidad est remorquée jusqu’à Ternate (où les Portugais ont entamé la construction d’une forteresse) ; là une tempête provoque le naufrage du navire dans la rade.
Pancaldo et ses compagnons y sont faits prisonniers et détenus pendant quatre mois, avant d’être transférés aux îles Banda (Moluques, Indonésie) le 15 février 1523. Ils passeront ensuite cinq mois à Malacca (Malaisie), avant d’atterrir à Cochin (Kochi, Inde) en novembre 1524, où ils séjourneront dix mois. Leurs conditions de détention sont rudes (ils meurent littéralement de faim [19] et ne doivent leur salut qu’à l’aide d’étrangers [20] ).
Celui-ci trouve néanmoins les ressources nécessaires pour s’évader en compagnie de Giovanni Battista da Ponzoroni (un autre Génois), et tous deux grimpent à bord d’un navire portugais qui repart en Europe. Mais finalement découverts, leur voyage s’arrête au Mozambique, où les Portugais possèdent des comptoirs (d’autres sources indiquent qu’ils passent l’hiver au Mozambique avant d’être découverts [21] ; la seule explication est qu’on les savait génois lors de leur embarquement à Cochin, mais on ignorait alors qu’ils étaient des prisonniers évadés. Ce qui demeure tout de même assez nébuleux). Il semble qu’ils auraient dû être renvoyés aux Indes via un navire en provenance du Portugal, mais que les deux Italiens ont finalement été ramenés au Mozambique. [22]
Ils y passent deux ans, au cours desquels ils parviendront à envoyer deux courriers, datés des 20 et 25 octobre 1525 et signés « Batista da Ponçoron y León Pançado, maestre y piloto » [23] : le premier à destination d’un ecclésiastique (peut-être l’archevêque Juan Rodríguez de Fonseca, qui avait soutenu le projet) ; le second à l’attention de l’empereur Charles Quint lui-même. Ils y racontent leurs mésaventures et prient ces hommes influents de les rapatrier en Espagne. Ces appels à l’aide resteront lettre morte ; il est même vraisemblable qu’ils n’aient jamais atteint leurs destinataires. [24]
Ponzoroni décède fin 1525–début1526 ; Pancaldo, qui a de nouveau réussi à monter à bord d’un navire portugais, débarque à Lisbonne courant 1526 et est immédiatement emprisonné.
C’est à peu près à la même période (25 juillet 1526) qu’arrivent dans la capitale portugaise les trois derniers survivants de la Trinidad emprisonnés à Cochin : Gonzalo Gómez de Espinosa, Ginés de Mafra et Hans Vargue. Ceci n’est pas le fruit du hasard : cinq mois plus tôt (le 10 mars 1526 à Séville), Charles Quint, roi d’Espagne et Empereur des Romains, a épousé Isabelle du Portugal (Isabel de Portugal), sœur de Jean III le Pieux (João III, o Piedoso), roi du Portugal. Ainsi, et sans doute afin d’éviter tout incident diplomatique entre les deux pays, le gouverneur des Indes portugaises, Henrique de Meneses [25], a expressément fait transférer les derniers prisonniers de l’expédition Magellan à Lisbonne.
Les quatre hommes passent encore sept mois dans les geôles lisboètes, au cours desquels Hans Vargue décède, avant d’être définitivement libérés en août 1527. Les trois ultimes rescapés sont alors immédiatement emmenés à Valladolid pour témoigner sous serment de leur périple (et surtout confirmer les prétentions espagnoles sur les Moluques, alors contestées par le Portugal).

Ce n’est qu’à la fin de l’année 1527 que Leone Pancaldo parvient à rentrer chez lui à Savone.
De ce qu’il fait durant les deux années qui suivent, on ne sait rien.

On retrouve sa trace fin 1529 (17 décembre), à Paris, où il rencontre l’ambassadeur João da Silveira. [26] Des négociations ont lieu entre le Portugal et Leone Pancaldo car Jean III a été informé que le Génois était entré en contact avec des personnes influentes au sein de la cour de François Ier.
Parmi eux Jean Ango. Armateur normand, il a fait fortune (et acquis une certaine renommée) lorsqu’en 1522, l’un de ses corsaires, Jean Fleury, déroba un immense trésor que Hernán Cortès envoyait à Charles Quint depuis le Mexique. En 1524, Ango finance l’expédition de Giovanni da Verrazzano le long de la côte est de l’Amérique ; celui-ci découvre notamment l’embouchure d’un fleuve, l’Angoulesme (future Hudson River) et nomme l’endroit La Nouvelle-Angoulême (future New York). [27]
Autre personnage emblématique, Philippe Chabot, amiral de Brion. Favori de François Ier, avec qui il est fait prisonnier à Pavie, il a soutenu des projets d’explorations comme ceux de Verrazzano (1524) et de Jacques Cartier, découvreur du Saint-Laurent (1535).
Il fait peu de doutes que Chabot et Ango veulent impliquer Pancaldo dans des projets vers les Indes, ce que redoutent les Portugais.
Les négociations entre le Portugal et Leone Pancaldo aboutissent le 3 octobre 1531 avec la signature d’un contrat où le navigateur s’engage à ne pas diffuser d’informations sur les « îles aux épices », ni à effectuer de voyage là-bas ; en échange, il perçoit la somme de 1 600 ducats d’or. [28] Le contrat est établi en présence de Gaspar Palha, diplomate portugais résidant en France (et possible successeur de Silveira). [29]
Jean III propose également à Pancaldo de venir s’établir au Portugal. La réponse de celui-ci sera très évasive, et il ne s’y rendra jamais. [30]

Néanmoins, des documents attestent qu’en 1532 et 1535, il sert de médiateur commercial entre des marchands de Savone et des Portugais.
Vers 1534, il prend la tête d’une expédition organisée par deux marchands génois de Valence, Urbano Centurione et Francesco Pozzobonello. L’objectif est de livrer des marchandises au Pérou via le détroit de Magellan. Deux navires sont affrétés : la Santa Maria (un bateau d’occasion qui est peut-être le même que celui utilisé par Sebastiano Caboto en 1526 [31] ) et la Concepción, commandée par Giovan Pietro Vivaldi.

Si les bateaux partent de Cadix, on ignore l’itinéraire emprunté, même s’ils ont sans doute effectué une escale aux Canaries (passage quasi obligé pour les voyages vers l’Amérique du Sud), puis apparemment marqué un arrêt au Brésil pour charger des esclaves. [32].
À l’embouchure du détroit, une mauvaise manœuvre de Vivaldi cause le naufrage de la Concepción (aucune mention n’est faite du sort des marins). Pancaldo décide de se replier sur Buenos Aires, fondée le 2 février 1536 par Pedro de Mendoza (Nuestra Señora Santa Maria del Buen Ayre), où il espère pouvoir vendre sa cargaison aux hommes présents dans la colonie. La Santa Maria jette l’ancre au niveau de l’île de San Gabriel. [33]
Mais de longues et vaines recherches sur les deux rives du Río de la Plata ne permettent pas de trouver les colons. De plus (et dans des conditions non précisées), la Santa Maria a également été envoyée par le fond. À cours de vivres, les marins aperçoivent alors les voiles d’un navire : la Santa Catalina, commandée par Antonio López de Aguiar.
Celui-ci les emmène jusqu’au port de Santa María del Buen Aire (sic) où les marchandises qui ont pu être sauvées sont vendues aux heureux colons, mais à crédit. Cela, on le sait par l’intermédiaire d’une plainte déposée auprès des autorités espagnoles par López de Aguiar : celui-ci réclamait une indemnisation exorbitante pour avoir transporté Pancaldo et ses hommes depuis l’île de San Gabriel. [34]

Les dates des évènements sont incertaines.
Selon Massimo Donattini,  la flotte quitte Cadix en septembre 1536 pour atteindre le détroit fin novembre 1537. [35]
Pour José Toribio Medina, les navires appareillent en septembre 1537 (l’inventaire aurait été effectué le 23 août 1537). Il n’indique pas l’arrivée au détroit, mais indique que la Santa Maria arrive dans l’estuaire du Río de la Plata le 25 février 1538. Enfin, l’arrivée de López de Aguiar est précisément datée du dimanche 7 avril, sans spécifier l’année, mais que l’on suppose être 1538. [36] Sauf qu’il semblerait que le dimanche 7 avril tombe en 1537. [37]

Toujours est-il qu’un an plus tard, le Génois était toujours à Buenos Aires, sans que l’on sache s’il n’avait pas trouvé de navire pour le ramener ou s’il attendait simplement le paiement des denrées. Le climat et les difficultés de la vie dans une colonie ont vraisemblablement eu raison de sa santé, et Leone Pancaldo s’éteint en août 1540 [38] (il avait environ 58-59 ans).

 

 

Lorsque les Portugais s’emparèrent de la Trinidad en 1522, ils saisirent le journal de bord, qui servit par la suite à composer le Navegaçam e vyagem que fez Fernando de Magalhaes de Sevilha pera Maluco no anno de 1519 (généralement connu sous le nom de Roteiro del pilota genovese). Il s’agit de la seule source d’information concernant les vicissitudes de la Trinidad après sa séparation d’avec la Victoria.
Ce document, rédigé en portugais (et possiblement aux Indes), précise qu’il est en grande partie basé sur le journal d’un pilote génois, sans mentionner son nom. [39] Or, l’identité de celui-ci n’est toujours par tranchée, chaque source ayant son favori.
Certains sont sûrs qu’il s’agit de Leone Pancaldo (qui était marin, puis pilote de la Trinidad) [40] ; d’autres qu’il s’agit de Giovanni Battista di Ponzoroni (qui était maître de bord de la Trinidad). [41] Le fait que ledit journal contienne énormément de données techniques de positionnement (itinéraires, positions, distances) fait pencher la balance en faveur du premier.
Cependant, une autre hypothèse suggère que Ponzoroni serait l’auteur du journal, mais qu’il y aurait surtout retranscrit ce que lui indiquait Pancaldo.

 

 

De nos jours, une tour de Savone (Torre Leon Pancaldo) et un destroyer de la marine italienne (Cacciatorpediniere Leone Pancaldo) portent son nom. [42]

 

 

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________

[1] Dans les documents officiels, elle est parfois nommée Saona, ou Génova.

[2] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), XLV, p.62 ; LXVII, p.200
Serrano, La tripulación
Bernal, Relación de expedicionarios su cargo y sueldo (2014), p3
Bernal, Relación de la gente que llevó al descubrimiento de la Especiería (2014),p.15 & p.24

[3] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), LXX, p.232

[4] Donattini, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.80, Leone Pancaldo (2014)

[5] Donattini, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.80, Leone Pancaldo (2014), citant Peragallo, Sussidi documentari per una monografia su Leone Pancaldo, dans Raccolta di documenti e studi pubblicati dalla R. Commissione Colombiana (1894), p.284-289

[6] Fiche Wikipédia en ligure (lij)

[7] Donattini, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.80, Leone Pancaldo (2014)

[8] Donattini, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.80, Leone Pancaldo (2014)

[9] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), XLV, p.62

[10] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), LXX, p.232

[11] Bernal, Relación de expedicionarios su cargo y sueldo (2014), p3

[12] Donattini, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.80, Leone Pancaldo (2014)
Certaines sources indiquent 1488-1490.

[13] Donattini, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.80, Leone Pancaldo (2014), citant Noberasco, Un compagnon Savonedi F. Magellano (1921), p.13
Domenico Colombo s’était installé à Savone en 1470 pour fuir les troubles politiques qui régnaient en Lombardie, d’où il était originaire. Il y avait ouvert un magasin de textile (laine) et, suivant les sources, une taverne ou un stand de fromages, où Cristoforo venait l’aider.

[14] Donattini, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.80, Leone Pancaldo (2014)

[15] Donattini, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.80, Leone Pancaldo (2014), citant Noberasco, Un compagnon Savonedi F. Magellano (1921), p.22

[16] Donattini, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.80, Leone Pancaldo (2014), citant Peragallo, Sussidi documentari per una monografia su Leone Pancaldo, dans Raccolta di documenti e studi pubblicati dalla R. Commissione Colombiana (1894), p.284 – « quando allegamos a las dichas tierras [de los reyes de Maluco] avía siete meses que andávamos por la mar ».

[17] Via Wikipedia
– Miguel Ojeda, Gonzalo Gómez de Espinosa en la expedición de Magallanes (1958), p.21
Certaines sources parlent de Gamkonora, qui désigne un volcan de l’île (son plus haut sommet), situé à une vingtaine de kilomètres plus au nord.

[18] Codazzi, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.7, Battista Genovese (1970)
Donattini, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.80, Leone Pancaldo (2014)

[19] Donattini, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.80, Leone Pancaldo (2014), citant Peragallo, Sussidi documentari per una monografia su Leone Pancaldo, dans Raccolta di documenti e studi pubblicati dalla R. Commissione Colombiana (1894), p.288 : « muriéramos de hambre ».

[20] Codazzi, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.7, Battista Genovese (1970)
L’auteure ne précise pas ce qu’elle entend par « l’aide d’étrangers » : s’agit-il d’autres prisonniers mieux traités ? S’agit-il de gens extérieurs, mais dans ce cas, comment ont-ils accès à la prison ?

[21] Codazzi, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.7, Battista Genovese (1970)

[22] Codazzi, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.7, Battista Genovese (1970) : « Scoperti, dovevano venir rispediti in India con una nave giunta dal Portogallo, ma ciò non poté effettuarsi ei due Italiani furono riportati a Mozambico senza roba né denari »

[23] Donattini, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.80, Leone Pancaldo (2014), citant Peragallo, Sussidi documentari per una monografia su Leone Pancaldo, dans Raccolta di documenti e studi pubblicati dalla R. Commissione Colombiana (1894), p.284-289

[24] Ces courriers seront retrouvés au XIXe siècle dans les archives nationales de la Torre do Tombo, à Lisbonne.
Codazzi, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.7, Battista Genovese (1970)

[25]  Successeur de Vasco de Gama, il est en poste de 1524 à 1526.
Cf. Wikipédia (pt)

[26] Donattini, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.80, Leone Pancaldo (2014), citant Belloro, Leon Pancaldo (1846), dans Grillo, Elogi di liguri illustrii (1873), p. 222
Nommé en 1522 à Paris, Silveira informe très tôt Jean III que les Français préparent des expéditions vers le Brésil et les Indes, terrain de chasse exclusif des Portugais. Il présente ses griefs à François Ier, notamment en ce qui concerne les attaques de navires portugais par des corsaires français. En 1526 également, il avertit son roi du départ de 10 navires vers le nouveau monde, ce qui permet à Jean III d’affréter sa propre flotte pour protéger le commerce portugais.
De manière générale, Silveira contribue à des relations diplomatiques saines entre la France et le Portugal, puis à un rapprochement progressif entre les deux pays (Jean III du Portugal est le beau-frère de Charles Ier d’Espagne, avec qui François Ier est en guerre ; ce dernier espère donc pouvoir user de son influence). Il accompagne bientôt un ambassadeur français au Portugal, venu discuter du mariage entre Louis de Portugal (Luís de Portugal), frère cadet de Jean (~20-23 ans), et Madeleine de Valois, la troisième fille de François (~6-9 ans) ; union qui n’aura finalement pas lieu, Madeleine épousant Jacques V d’Écosse (James V of Scotland) en 1537.
Le 5 août 1529, Silveira sert d’intermédiaire entre Charles et François pour la signature de la Paix des Dames à Cambrai, qui met fin à la Septième guerre d’Italie.
Il négocia enfin pour le compte de Jean III une convention dans laquelle François Ier acceptait, contre rémunération, de ne plus attaquer les navires lusitaniens, ni de naviguer dans les eaux indiennes, brésiliennes, guinéennes et portugaises de manière générale.

[27] L’endroit ne sera jamais revendiqué par le roi de France.
À son retour en août 1524, Verrazzano doit rencontrer François Ier pour, entre autres, lui conseiller d’y installer une colonie. L’entrevue est annulée et n’aura jamais lieu, le roi étant trop accaparé par sa campagne en Italie, à l’issue de laquelle il sera fait prisonnier le 24 février 1525 à Pavie.

[28] Pas de sources pour le 16e siècle. Néanmoins, pour avoir une idée, le ducat du 18e siècle valait environ 16 € actuels ; soit une prime d’environ 25 600 €, une grosse somme pour l’époque.

[29] Personnage peu en vue, le nom de Gaspar Palha apparaît surtout dans une histoire « d’espionnage ».
Aux alentours de 1530, un navigateur nommé Jean Fonteneau, dit Alphonse de Saintonge (ou parfois Jean Alphonse), écume les mers depuis La Rochelle pour le compte de François Ier. Or, selon divers rapports, dont celui de Palha qui s’était lui-même rendu en Charente, il s’agit d’un Portugais en exil, João Afonso. Les raisons de son changement d’allégeance ne sont pas claires, mais il semblerait qu’il ait fui la justice de son pays. Sa renommée devient vite importance, car il n’hésite pas à attaquer des convois portugais en provenance des Indes, ou même à se rendre au Brésil (1533). Le roi Jean III lui adressera personnellement des courriers pour tenter de le faire revenir sous son giron, mais le marin ne donnera jamais suite.

[30] Donattini, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.80, Leone Pancaldo (2014), citant Peragallo, Sussidi documentari per una monografia su Leone Pancaldo, dans Raccolta di documenti e studi pubblicati dalla R. Commissione Colombiana (1894), p.303

[31] Medina, Algunas noticias de León Pancaldo y de su tentativa para ir desde Cádiz al Perú por el Estrecho de Magallanes en los años de 1537-1538 (1908), p.22
Le but de l’expédition de Sebastiano Caboto, fils de Giovanni Caboto (plus connu sous son nom anglais de John Cabot), était de trouver des routes vers le Cathay (nord de la Chine) et les Moluques, via le Pacifique. L’explorateur n’ira que jusqu’à l’actuel Paraguay, en remontant le fleuve Paraná.

[32] Medina, Algunas noticias de León Pancaldo y de su tentativa para ir desde Cádiz al Perú por el Estrecho de Magallanes en los años de 1537-1538 (1908), p.24

[33] Medina, Algunas noticias de León Pancaldo y de su tentativa para ir desde Cádiz al Perú por el Estrecho de Magallanes en los años de 1537-1538 (1908), p.24-25
L’île de San Gabriel se trouve près de la rive est de l’estuaire du Río de la Plata, face à la ville de Colonia del Sacramento, Uruguay. Elle a déjà été répertoriée par Sebastiano Caboto le 18 mars 1527.
Buenos Aires se trouve sur la rive d’en face.

[34] Donattini, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.80, Leone Pancaldo (2014), citant Avonto, I compagni italiani di Magellano (1992), p.96

[35] Donattini, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.80, Leone Pancaldo (2014)

[36] Medina, Algunas noticias de León Pancaldo y de su tentativa para ir desde Cádiz al Perú por el Estrecho de Magallanes en los años de 1537-1538 (1908), p.23
L’auteur affirme que l’inventaire a été effectué le 23 août 1537.

[37] Cf. Horloge Parlante (en 1538, le 7 avril tombe un lundi).
D’autres sites, guère plus fiables, placent le 7 avril un mercredi 1537 et un jeudi 1538. Dans tous les cas, il semblerait que le dimanche 7 avril 1538 n’existe pas.
De même, Medina cite plus loin le dimanche 28 avril, qui correspondrait naturellement aussi à 1537.

[38] Medina, Algunas noticias de León Pancaldo y de su tentativa para ir desde Cádiz al Perú por el Estrecho de Magallanes en los años de 1537-1538 (1908), p.29
Donattini, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.80, Leone Pancaldo (2014), citant Avonto, I compagni italiani di Magellano (1992), p.96
Là encore, les deux auteurs ne sont pas d’accord : Medina penche pour le début août, tandis que Donattini penche pour la fin août. Tout juste sait-on que le 28 juillet 1540, des hommes missionnés par Domingo Martínez de Irala sont partis pour Buenos Aires (probablement depuis Asunción, Paraguay), où ils ont constaté le décès de Pancaldo. Parmi eux se trouvait un conquistador nommé Pero Hernández, qui pourrait être Pedro Fernández de Valenzuela ; sauf que celui-ci est rentré en Espagne en 1539.
D’autres sources placent la mort de Pancaldo en 1538.
Il est à noter également que Irala, dès 1539, a commencé à déplacer les habitants de Buenos Aires vers Asunción, pour définitivement abandonner la ville en 1541. On peut imaginer que les conditions de vie n’ont dû cesser de se dégrader.

[39] Donattini, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.80, Leone Pancaldo (2014), citant Avonto, I compagni italiani di Magellano (1992), p.335 : « E isto foi tresladado de hum quaderno de hum piloto genoés, que vinha na dita nao, que espreveo toda a viage como aqui está ».

[40] Xavier de Castro, Le Voyage de Magellan (1519-1522) : la relation d’Antonio Pigafetta & autres témoignages (2007)
Donattini, Dizionario Biografico degli Italiani, vol.80, Leone Pancaldo (2014)

[41] Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.471-472

[42] On notera que les Italiens eux-mêmes ne sont pas d’accord sur l’orthographe de son prénom.

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