Jorge Morisco

Nationalité
Origine
Alias Jorge Morisco [1]
Jorge [2]
Jorje [3]
Navire Trinidad
Fonction Supplétif (Sobresaliente)
Note(s)
Destin Décès (22/10/1522) [4]
  Jorge Morisco décède lors de la tentative de retraversée du Pacifique de la Trinidad

 

L’origine de Jorge est inconnue.
Il est possible qu’il fût ramené au Portugal par Fernand de Magellan à son retour de Malacca, en janvier 1513, tout comme Henrique. Néanmoins, au cours de l’été 1513, Magellan participe à la prise d’Azemmour, au Maroc ; c’est peut-être de là qu’il ramena Jorge.
Il est désigné comme « Morisco » (morisque, en français), soit un Maure converti au christianisme. [5]

L’homme est tantôt présenté comme esclave du navigateur portugais, tantôt comme son page et serviteur. [6] S’il était considéré comme page, cela pourrait signifier que Jorge était très jeune, voire un enfant. [7]

 

 

Jorge Morisco embarque comme supplétif (sobresaliente) à bord de la Trinidad. Quel que soit son statut (esclave ou page), il officie comme serviteur du capitán general Fernão de Magalhães.
Selon l’historien belge Jean Denucé et l’historien espagnol Tomás Mazón Serrano, il aurait également servi de traducteur lors de l’expédition [8] ; ceci est plausible si Jorge venait de Malacca (ou des environs), moins s’il venait du Maroc.

Lorsque la Victoria quitte Tidore (Moluques), samedi 21 décembre 1521, Jorge remet à Juan Sebastián Elcano une branche de clous de girofle, qu’il souhaite offrir à Doña Beatriz, épouse de Magellan, décédé lors de l’Assaut sur Mactan. [9]

Il se trouve à bord de la Trinidad lorsque celle-ci quitte Tidore (Moluques), dimanche 6 avril 1522.

Jorge Morisco décède le mercredi 2 octobre 1522, alors que la Trinidad est arraisonnée par les Portugais aux Moluques.
Son nom n’est pas explicitement indiqué dans la liste des décès de la Trinidad. Il est juste fait mention de la mort de « dos negros, uno del capitán Gonzalo Gómez et otro del piloto Juan carvallo ». Il est très vraisemblable que Jorge soit le premier : Magellan décède lors de l’Assaut sur Mactan, et Gonzalo Gómez de Espinosa, fidèle alguacil du Portugais, aurait pris à sa charge l’esclave. [10] Le second demeure par contre non identifié.

 

 

En 1525, les fils de Diogo Barbosa intentèrent une action en justice pour récupérer la solde de Fernand de Magellan ainsi que les faveurs que le roi avait accordé aux héritiers du navigateur (Beatríz, fille de Diogo Barbosa et épouse de Magellan, est décédée en 1522, avant le retour à Séville de la Victoria). Ils réclamèrent également les soldes de Jorge et Henrique. Le 17 avril 1525, ils furent reconnus comme héritiers légitimes de Magellan.
Cependant, en 1540, ils durent effectuer une nouvelle demande, afin que les engagements pris fussent exécutés. En 1567-1568, le petit-fils de Lorenzo de Magellan, un cousin de Fernand de Magellan, revendiqua à son tour l’héritage du navigateur portugais. On ignore ce qu’il en fut. [11]

 

 

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________

[1] Bernal, Relación de expedicionarios que fueron en el viaje a la Especiería, sus procedencia, cargos y sueldos (2014), p.22
Bernal, Relación de la gente que llevó al descubrimiento de la Especiería (2014), p.16 & p.25
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #58

[2] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1852-1930), LXVI, p.197 & LXVII, p.205 & LXX, p.238
Queiroz Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.465

[3] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1852-1930), XLIX, p.89

[4] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1920), XI. Relación de la gente que murio en la nao « Trinidad »
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #58

[5] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1852-1930), XLIX, p.89 morisco (Med 89-197-205-238)
Queiroz Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.465

[6] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1852-1930), XLIX, p.89 & LXVI, p.197 & LXVII, p.205 & LXX, p.238 : « esclavo del dicho capitán »
Bernal, Relación de expedicionarios que fueron en el viaje a la Especiería, sus procedencia, cargos y sueldos (2014), p.22 : « esclavo del dicho capitán »
Bernal, Relación de la gente que llevó al descubrimiento de la Especiería (2014), p.16 & p.25 : « paje criado del dicho capitán »
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #58 : « Paje y criado de Magallanes »

[7] Le mot « page » vient du grec paidion (παιδιον), qui signifie « petit garçon ».
Dans le système traditionnel féodal, un page exerçait une fonction de serviteur dans un château, entre ses 7 et 14 ans environ.

[8] Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – Sus Mujeres : Beatriz Barbosa : « y ejerció de intérprete en la expedición »
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.383 : « Enrique et Jorge, qui avaient servi d’interprètes en Insulinde ».
L’Insulinde correspond à ce que l’on désignait comme la Malaisie traditionnelle, regroupant une grande partie des territoires se trouvant entre l’Indochine et l’Australie (soit principalement l’Indonésie et les Philippines).

[9] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1920), LX, p.141

[10] Hypothèse que partage l’historien espagnol Tomás Mazón Serrano.
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #58

[11] À noter tout de même que l’historien belge Jean Denucé est confus dans son récit. Il parle de « plusieurs fils de Diogo Barbosa » (dont Jaime Barbosa), qui seraient des « cousins de Duarte Barbosa » ; or Duarte est le fils de Diogo Barbosa, alcade de Séville, et ce serait donc ses frères, et non ses cousins.
De plus, il les présente également comme cousins de « Juan de Silva » (João da Silva, sobresaliente de la Concepción), lui-même beau-frère de Magellan (après son mariage avec la sœur de de celui-ci, Thereza), mais ne cite aucune source.
Ils seraient aussi les cousins de Martín de Magallanes (sobresaliente de la Concepción) ; mais le lien de parenté entre celui-ci et Fernand de Magellan n’est pas clairement établi, et là encore Denucé ne cite pas de source.
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.383

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