Fin octobre / Début novembre 1521
Mer de Célèbes
Guidée par les pilotes indigènes de Sarangani, [1] l’armada prend un cap S ¼ SE [2] à travers la Mer de Célèbes en direction des îles Sangihe (Indonésie).
Vers minuit, dans la nuit du lundi 28 au mardi 29 octobre 1521, ils aperçoivent les premières îles, et arrivent aux abords de Sangir (Pulau Sangihe) au soir du 29, alors que la nuit est déjà tombée. [3]
À la faveur de l’obscurité et d’un calme plat, des indigènes (dont le frère du roi de Maguindanao, capturé sur le bigniday dans les environs de Cotabato) se jettent à l’eau et tentent de gagner l’île à la nage. Selon le Pilote génois (Leone Pancaldo ou Giovanni Battista da Ponzoroni), le vieux pilote embarqué à Sarangani fait partie du contingent. [4]
Antonio Pigafetta précise « les prisonniers » (los prisioneros), sous-entendu « tous les prisonniers », et que l’un d’eux trouve la mort dans l’opération. [5] Les personnes susnommées ne sont pas clairement identifiées (qui sont le père et le fils ?). L’historien belge Denucé écrit qu’il s’agit du frère du roi, qui avait attaché son fils sur son dos. [6] Pour l’historien espagnol Eustaquio Fernández de Navarrete, les trois pilotes pris à Sarangani s’enfuient, malgré leurs chaînes, et sur les trois, seul le fils se noie (sous-entendu : « le fils de l’un des deux autres ») [7]
De plus, Pigafetta n’explique pas comment il a eu connaissance de la mort du garçon. Peut-être ont-ils au matin découvert le corps flottant du fils ?
Se pose aussi la question du pilote qui les emmènera aux Moluques. D’après le Pilote génois, si le vieux pilote s’est enfui, il en reste théoriquement deux sur les trois de Sarangani ; pourtant, il parle d’un « autre pilote maure » qui leur indique la direction des Moluques. De plus, chez Navarrete, les trois pilotes de Sarangani s’enfuient (mais on ignore d’où il tient cette information) ; désormais démunis, les explorateurs ne savent où aller, et c’est là aussi un autre prisonnier maure qui les guide. Pour Denucé, il s’agit d’un homme capturé sur la jonque du prince de Luzon, à Brunei. [8]
Le vent reprend plus tard, assez fort, de face, et les oblige à tirer des bords durant toute une nuit. [9]
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