Alfónso Cotto

Nationalité Génois
Origine Pieve Ligure (Ligurie, Italie) [1]
Alias Alonso Coto [2]
Alonso Cobo [3]
Alonso de Cota [4]
Alonso de Rota [5]
Alonso Genovés [6]
Alonso Ginovés [7]
Alonço d’Acosta [8]
Guillermo Corco [9]
Alfonso Coto [10]
Navire Concepción
Fonction Supplétif (Sobresaliente) – Serviteur du capitaine (Criado del capitán) [11] et Homme d’armes (Hombre de armas) [12]
Note(s) Fils de Cristòffa Cotto et Benedétta [13]
Destin Décès (06/02/1524) [14]
  Alfónso Cotto, fait prisonnier par les Portugais, décède lors de son transfert entre Malacca et Cochin

 

Alfónso Cotto est né à Pieve Ligure, une commune de la banlieue de Gênes, en Ligurie. À l’époque, elle fait partie de la République de Gênes.

Alonso est une variante espagnole du prénom italien Alfonso (Alphonse). Ce dernier existe néanmoins sous plusieurs formes en italien : Alfonzo, Alonzo ou Alonso. En ligure, on trouve la forme Alfónso. [15]
Son père devait lui se nommer Cristòffa (Cristoforo en italien et Christophe en français) [16] et sa mère Benedétta (Benedetta en italien, Bénédicte en français). [17]
Si les occurrences du nom de famille sont nombreuses et variées, la variante « Coto » est la plus courante. En Italie, on trouve ce patronyme avec la graphie Cotto (également Cotta).

 

 

Alfónso Cotto embarque comme supplétif (sobresaliente) à bord de la Concepción. Il y exerce la fonction de serviteur du capitaine Gaspar de Quesada (criado del capitán) et sans doute d’homme d’armes (hombre de armas). [18]

L’historien italien Luigi Avonto mentionne que Cotto ne prend pas part à la mutinerie de Pâques, bien qu’il soit le serviteur de Quesada, instigateur de la rébellion. [19]
Ceci demeure tout de même très spéculatif. L’auteur se base sans doute sur le fait que Cotto n’est pas mentionné explicitement parmi les mutins qui prennent d’assaut le San Antonio. Mais Quesada était accompagné d’une trentaine d’hommes, dont on ignore les noms pour la plupart. Le Génois aurait très bien pu se trouver parmi eux.

Lorsque la Concepción est incendiée à Bohol (02/05/1521), Cotto est transféré sur un autre navire, probablement la Trinidad, même si celui-ci n’est pas mentionné explicitement. [20]

Durant le séjour à Tidore, aux Moluques, un comptoir commercial est ouvert et la gestion confiée à Juan de Campos (en tant que facteur), qui est accompagné de quatre hommes : Diego Arias, Luis del Molino, Pedro de Consejo, dit « Maestre Pedro », et Alfónso Cotto. [21]

Lorsque la Victoria (samedi 21 décembre 1521), puis la Trinidad (dimanche 6 avril 1522), quittent l’île, les cinq hommes demeurent sur place. [22]

Durant le premier trimestre 1521, Alfónso Cotto se rend dans les îles environnantes, à des fins d’exploration mais aussi de renseignement en vue d’étendre le commerce d’épices. Il se rend notamment dans les îles Banda, puis dans l’archipel de Gorom, deux lieux situés à plus de 600 km au sud-est de Tidore. [23]
Ainsi, il est raisonnable de penser que, durant le voyage, Cotto avait appris le malais, la « langue véhiculaire » du sud-est asiatique.

C’est à Gorom qu’il est fait prisonnier par les hommes d’Antonio de Brito, en route pour les Moluques. [24]
De Brito arrive à Tidore mardi 13 mai 1522 ; Alfónso Cotto est alors placé en détention avec trois de ses compagnons (Luis del Molino, le cinquième homme du comptoir, se trouve lui aussi en mission d’exploration et ne reviendra qu’à la fin de l’année 1522).

On ignore quel fut le traitement de ces prisonniers jusqu’à la capture de la Trinidad fin octobre 1522. Là, tous les prisonniers sont mis aux travaux forcés pour entreprendre la construction d’une forteresse sur l’île de Ternate.

Fin février 1523, Antonio de Brito entreprend de transférer les prisonniers vers Malacca, en passant par les îles Banda.

Début 1524, un nouveau transfert à lieu vers Cochin (Inde), en passant par Ceylan.
Lors du transfert entre Ceylan et Cochin, les prisonniers sont séparés et répartis sur deux navires ; la raison en est inconnue. Bartolomé Sánchez, Luis del Molino et Alfónso Cotto se retrouvent ainsi à voyager à part, mais leur jonque n’atteindra jamais Cochin. [25]

 

Alfónso Cotto décède lors de son transfert entre Malacca et Cochin, probablement dans le naufrage de la jonque qui le transportait.

 

 

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[1] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1852-1930), XLIX, p.97 & LXVI, p.197 & LXX, p.239 : « natural de la Plede, ques en Genova »
Bernal, Relación de expedicionarios que fueron en el viaje a la Especiería, sus procedencia, cargos y sueldos (2014), p.27 : « natural de la Pleve, que es en Génova »
Navarrete, Declaraciones que dieron en Valladolid Gonzalo Gómez de Espinosa, Ginés de Mafra, y León Pancaldo, sobre los acontecimientos de la nao Trinidad en las Malucas (1837) : « Ginovés »
Avonto, I compagni italiani di Magellano (1992), p.131 : « Pieve Ligure »
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #160 : « Plieve Ligure, cerca de Génova ? »

[2] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1852-1930), XLIX, p.97 & LXVII, p.207 & LXX, p.239
Bernal, Relación de expedicionarios que fueron en el viaje a la Especiería, sus procedencia, cargos y sueldos (2014), p.27
Bernal, Relación de la gente que llevó al descubrimiento de la Especiería (2014), p.20 & p.29
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #160

[3] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1852-1930), LXVI, p.197

[4] Medina, Algunas noticias de León Pancaldo y de su tentativa para ir desde Cádiz al Perú por el Estrecho de Magallanes en los años de 1537-1538 (1908), p.14
Navarrete, Declaraciones que dieron en Valladolid Gonzalo Gómez, de Espinosa, Ginés de Mafra, y León Pancaldo, sobre los acontecimientos de la nao Trinidad en las Malucas (1837)

[5] Bernal, Declaración de las personas fallecidas en el viaje al Maluco (2014), #102

[6] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1852-1930), LXIV, p.172

[7] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1920), XI. Relación de la gente que murio en la nao « Trinidad »

[8] Barros, Decadas de Asia – Decada Terceira, Parte Primera – Livro V (1778), Capitulo VII, p.616

[9] Ginés de Mafra, Libro que trata del descubrimiento del Estrecho de Magallanes (1542), XVIII, p.211

[10] Avonto, I compagni italiani di Magellano (1992), p.131

[11] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1852-1930), XLIX, p.97
Bernal, Relación de expedicionarios que fueron en el viaje a la Especiería, sus procedencia, cargos y sueldos (2014), p.27
Bernal, Relación de la gente que llevó al descubrimiento de la Especiería (2014), p.20 & p.29

[12] Bernal, Declaración de las personas fallecidas en el viaje al Maluco (2014), #102

[13] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1852-1930), XLIX, p.97 : « hijo de Cristóbal Coto e Benedita »
Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1852-1930), LXX, p.239 : « hijo de Cristóbal Coto e Benedeta »
Bernal, Relación de expedicionarios que fueron en el viaje a la Especiería, sus procedencia, cargos y sueldos (2014), p.27 : « hijo de Cristóbal Coto y Benedicta, su mujer »

[14] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1920), XI. Relación de la gente que murio en la nao « Trinidad »
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #160

[15] Dictionnaire de la Academia Ligùstica do BrénnoLettre A : « Alfonso (nome) = Alfónso »

[16] Dictionnaire de la Academia Ligùstica do BrénnoLettre C : « Cristoforo (nome) = Cristòffa »

[17] Dictionnaire de la Academia Ligùstica do BrénnoLettre B : « Benedetta (nome) = Benedétta »

[18] Selon l’historien italien Luigi Avonto, un sobresaliente était avant tout un combattant (par opposition au membre de l’équipage). Ce qui n’empêche pas d’être également un serviteur ou homme de confiance d’une personne plus gradée (ici le capitaine).
Avonto, I compagni italiani di Magellano (1992), note 21 ; citant également l’historien italien Camillo Manfroni, Relazione del primo viaggio attorno al mondo di Antonio Pigafetta, seguita del Roteiro d’un pilote genovese (1928), p.14

[19] Avonto, I compagni italiani di Magellano (1992), p.132

[20] C’est en tout cas le postulat de Luigi Avonto.
Avonto, I compagni italiani di Magellano (1992), p.132

[21] Une confusion est parfois faite dans certains documents avec Alonso de Mora, un supplétif portugais de la Victoria, décédé lors de la traversée du Pacifique (23/12/1520).

Également, le récit de Ginés de Mafra indique qu’ « ils laissèrent à Tidore quatre hommes, dont l’un s’appelait Juan de Campos, un autre Luis de Molino, un autre Genóvés et un autre Guillermo Corco ».
Ce Guillermo Corco n’existe dans aucun autre document et il s’agit donc vraisemblablement de Cotto dont le patronyme a été déformé. De même, si la liste des responsables du comptoir varie, aucun autre Génois que Cotto n’est jamais mentionné dans les textes. Ainsi, il y a tout lieu de penser qu’il s’agit de la même personne désignée deux fois. Ceci est plausible dans la mesure où le récit de Ginés de Mafra a été retranscrit par quelqu’un d’autre plusieurs années après les faits.
Ginés de Mafra, Libro que trata del descubrimiento del Estrecho de Magallanes (1542), XVIII, p.211

[22] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1852-1930), LXX, p.239
Medina, Algunas noticias de León Pancaldo y de su tentativa para ir desde Cádiz al Perú por el Estrecho de Magallanes en los años de 1537-1538 (1908), p.14
Navarrete, Declaraciones que dieron en Valladolid Gonzalo Gómez, de Espinosa, Ginés de Mafra, y León Pancaldo, sobre los acontecimientos de la nao Trinidad en las Malucas (1837)
Denucé, Magellan – La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.373
Bernal, Declaración de las personas fallecidas en el viaje al Maluco (2014), #102
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #160

[23] Luigi Avonto déclare que Cotto est l’un des premiers Européens à se rendre dans ces îles. Il convient tout de même de préciser ici que les navires portugais qui se rendaient aux Moluques faisaient escale à Banda. Il n’est pas interdit de penser que certains avaient déjà également visité Gorom, qui se trouve non loin à l’est.
Avonto, I compagni italiani di Magellano (1992), p.133

[24] Medina, Carta de Antonio de Brito al rey Don Juan III, refiriéndole cómo se condujo con los tripulantes de la armada de Magallanes (1923), p.99
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.373

[25] Navarrete, Declaraciones que dieron en Valladolid Gonzalo Gómez de Espinosa, Ginés de Mafra, y León Pancaldo, sobre los acontecimientos de la nao Trinidad en las Malucas (1837) – Témoignages de Leone Pancaldo (p.385) et de Ginés de Mafra (p.388)
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.378
Avonto, I compagni italiani di Magellano (1992), p.133

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