Arrivée d’Antonio de Brito aux Moluques

 

* Trinidad *
Début 1522
Tidore, Moluques du Nord (Indonésie)

Suite à la mort de Tristõ de Menezes, [1] le roi nomme Jorge de Brito [2] commandant de la flotte qui doit se rendre aux Moluques pour y construire une forteresse ; mais lors du trajet entre l’Inde et Malacca, celui-ci est tué lors de la révolte de son équipage à Aceh. D’après le chroniqueur portugais Fernão Lopes de Castanheda, un grand nombre de marins aurait déserté en apprenant que le but du voyage était les Moluques, la région étant réputée pour son insalubrité et ses éprouvantes conditions de vie. Ainsi, c’est son frère Antonio de Brito qui prend la tête de l’armada. [3]

 

Antonio de Brito quitte Malacca [4] avec six navires et quelques trois cents hommes. [5]

Un premier arrêt est marqué à Tuban, sur la côte nord, nord-est de l’île de Java, puis un second à Gresik, à l’est de Java. De Brito séjourne dix-sept jours dans ce port très fréquenté. [6]
De là, il envoie un détachement sur l’île de Madura, toute proche, afin de de glaner des informations sur les affaires portugaises dans la région. Partis en chaloupe, les dix-sept hommes abordent une belle rivière bordée d’arbres fruitiers (durians et jacquiers) ; et tandis qu’ils se restaurent, des indigènes les font prisonniers et s’emparent de leur esquif. De Brito n’a néanmoins aucun mal à les faire libérer avec l’assistance du gouverneur de Gresik. [7]

Antonio de Brito s’apprête à repartir lorsqu’arrive une flottille de quatre navires, commandée par Garcia Henriques. [8]
Ce dernier revient des îles Banda, où il a fait une bien curieuse rencontre : le capitaine d’une jonque javanaise lui a raconté avoir rencontré des hommes blancs qui lui ont remis une lettre qui le garderait sauf s’il rencontrait d’autres gens comme eux. Henriques remet ladite lettre à de Brito qui reconnaît immédiatement le style pompeux typique des Espagnols, qui ont établi ce sauf-conduit. Mais il comprend surtout que ce document émane de l’armada de Magalhães : peu avant son départ de Malacca, il a été informé de l’existence d’une flotte castillane, commandée par un Portugais, qui tente de rallier les Moluques. Ordre a été donné par le roi de les intercepter. [9]

Craignant d’être en infériorité numérique face aux Espagnols, de Brito convaint Garcia Henriques de se joindre à lui, et la flotte composée à présent de neuf navires met les voiles en direction des îles Moluques. [10]

 

Le voyage s’avère périlleux à cause des conditions météorologiques.
Les marins marquent un arrêt de trois jours à « Tumbaya », puis doivent s’abriter dans une crique à « Anjane ». [11] Là, le bateau de Duarte D’Acosta est emporté par les courants (il serait a priori retourné ensuite à Java puis à Malacca). [12]
Après un nouvel arrêt à l’île d’Ambon, un violent orage les contraint à gagner les îles Banda (situées au sud-est d’Ambon, alors que les Moluques se trouvent au nord de celle-ci). La flotte se trouve séparée et Antonio de Brito arrive à Banda avec le seul Lourenço Godinho ; Garcia Henriques se trouve déjà sur place, et les autres navires arrivent plus tard en ordre dispersé. [13]

Henriques transmet à de Brito les dernières informations qu’il a recueillies au sujet des Castillans, et de leur séjour aux Moluques. Il lui apprend également que l’un des Espagnols, Alfonso Coto, est venu à Banda dans le but de savoir s’il était possible de commercer avec les autochtones. Comme l’homme en question se trouve présentement à Gorom, Antonio de Brito y fait envoyer une caravelle qui ramène Coto juste avant le départ pour les Moluques. [14]

À Banda, Antonio de Brito fait réparer ses navires, usés par la mer, et profite de ce temps pour négocier le prix des épices avec les locaux.
Il reprend la mer le vendredi 2 mai, [15]  accompagné du vaisseau de Garcia Henriques, laissant les autres sur place pour charger des marchandises. [16]

 

En chemin, un nouvel arrêt est marqué à Bacan, où règne le sultan Alauddin Ier. [17]
Sur cette île, des Portugais menés par Simão Correa avaient été tués par les indigènes début 1521. Afin qu’un tel évènement ne se reproduise pas, Antonio de Brito se doit de faire un exemple ; il envoie à terre un groupe commandé par Simão d’Abreu pour incendier un village et tuer tous ceux qu’ils rencontreront. [18]
L’expédition punitive achevée, les navires repartent.

 

L’armada d’Antonio de Brito arrive finalement à Tidore le mardi 13 mai 1522. [19] Soit un mois après le départ de la Trinidad (dimanche 6 avril 1522).

Carte - Asie Sud-Est - Malacca Java Banda Moluques
Carte de l’Asie du Sud-est avec les différentes étapes du voyage d’Antonio de Brito (depuis Malacca jusqu’à Tidore)

 

 

* Trinidad *
Mardi 13 mai 1522
Tidore, Moluques du Nord (Indonésie)

À peine arrivé, le capitaine portugais envoie son facteur (feitor) Ruy Gaguo à terre pour rencontrer Al-Manzor de Tidore, afin qu’il lui remette les Castillans et les armes. Il fait également demander des explications concernant la présence d’Espagnols et la construction d’un hangar visant à commercer sur l’île, alors que les Portugais y ont posé le pied plusieurs années auparavant. Al-Manzor fait répondre à de Brito qu’il a accueilli lesdits Espagnols comme de simples marchands, et plus par crainte que par réelle volonté. [20]

 

Le lendemain (mercredi 14 mai 1522), Antonio de Brito fait venir à bord les trois Castillans qui se trouvent à Tidore : Juan de Campos, Diego Arias et Pedro de Consejo, dit « Maestre Pedro ». [21] Luis del Molino se trouve lui à « Moro », à soixante lieues de là (354 km, 191 NM) ; on ignore ce qu’il fait là-bas, mais on peut imaginer que, comme Coto, il cherche à développer le commerce. [22]

Il interroge Juan de Campos, qui raconte comment ils sont arrivés aux Moluques, puis comment la Victoria est repartie vers l’ouest en direction du cap de Bonne-Espérance et la Trinidad vers l’est pour atteindre les Antilles. Son récit concorde avec celui d’Alfonso Coto, que de Brito a pris soin de laisser à l’écart pour vérifier que les deux hommes avaient bien la même version des faits. [23]
Selon João de Barros, Juan de Campos aurait convaincu Antonio de Brito de ne pas laisser le hangar à marchandises aux mains d’Al-Manzor. Et de Brito aurait chargé son escrivão Lisuarte de Lix de dresser un inventaire des marchandises.

 

À la soirée, une foule d’embarcations approche des navires portugais, à grands renforts de tambours et de cloches. Ne sachant pas ce qui se passe, de Brito tient ses hommes prêts au combat. Mais il finit par apprendre qu’il s’agit de Kaicili Darwis (ou Cachil Daroez comme le nomment les Portugais à l’époque), le régent de Ternate, envoyé par la reine Nyaicili Boki Raja pour saluer les Portugais. Une salve d’artillerie est déchargée. [24]
João De Barros ajoute que la reine a été mise au courant de l’arrivée des Portugais à Bacan, là où ils ont incendié un village et tué des habitants. Si ces faits lui ont effectivement été rapportés, cela expliquerait la venue en grande pompe du régent et de la reine, afin de montrer de manière ostentatoire la bienveillance des habitants de Ternate vis-à-vis des Portugais.

 

Dès le lendemain matin (mercredi 15 mai 1522), une grande fête est organisée. Al-Manzor est, semble-t-il, embarrassé par la diligence des deux représentants de Ternate à l’égard des Portugais, d’autant plus que la reine est sa propre fille. [25]
Ainsi, le sultan se présente au navire d’Antonio de Brito qui l’accueille avec l’honneur dû à son rang. Le souverain de Tidore présente ses excuses pour avoir accueilli les Castillans, et jure allégeance au roi du Portugal. De Brito n’est pas convaincu par sa sincérité et il fait mettre par écrit cette soumission, afin qu’il ne puisse se dédire par la suite. Dans le courrier qu’il adressera plus tard à Jean III le Pieux (João III o Piedoso), il se montre même sévère à l’endroit d’Al-Manzor : c’est son arrivée à Tidore qui a remis le sultan dans le droit chemin, et il estime que ce dernier ne s’est comporté comme le vassal qu’il était que parce qu’il craignait d’être puni pour son comportement. [26]
Il est ici évident qu’Al-Manzor a retourné sa veste : le souverain était satisfait de traiter avec les Espagnols, pour contrebalancer l’influence des Portugais sur ses voisins de Ternate. Mais face au danger que représente Antonio de Brito, il choisit d’adopter l’attitude la plus sage et de dire que les Espagnols l’ont contraint à les accueillir et à leur fournir des clous de girofle (ce dont de Brito ne semble visiblement pas convaincu).

Antonio de Brito annonce aux insulaires que, conformément aux directives de son roi, il vient pour construire une forteresse, et a toute latitude pour choisir l’endroit où elle sera élevée. Al-Manzor (sans doute pour s’attirer les bonnes grâces portugaises), insiste pour qu’elle soit construite à Tidore. Mais Darwis rappelle que Ternate n’a pas failli à son devoir vis-à-vis du roi du Portugal en refusant l’hospitalité aux Espagnols. [27]
L’émissaire portugais se rend à Ternate où il est reçu en grandes pompes. Et il opte pour un emplacement situé sur la côte sud-ouest de l’île (au grand désarroi d’Al-Manzor). La première pierre sera posée par Antonio de Brito lui-même le mardi 24 juin 1522.
Des ruines de ce qui fut le fort São João Batista (en l’honneur de Jean le Baptiste, fêté ce jour-là), sont encore visibles à Ternate, où l’endroit est connu sous le nom de fort Kastela.

 

Lors de son séjour, Antonio de Brito trouve un grand nombre de croix chrétiennes qu’il rachète et revendra plus tard.
Il saisit également des armes ; or, s’il devine que les indigènes de Tidore comptent ainsi se défendre de leurs ennemis locaux, il déclare qu’ils en auront surtout besoin si d’aventure il leur prenait l’envie de refuser de servir le roi du Portugal. [28]

 

Antonio de Brito trouve également à Ternate les lettres que se sont échangées Francisco Serrão et Fernão de Magalhães.
Le chroniqueur portugais João de Barros pointe ici l’ironie du destin qui voulut que les deux hommes, non seulement ne se revoient jamais, mais également meurent à peu près au même moment : courant mars 1521 pour Serrão, le 27 avril 1521 pour Magellan.

 

 

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________

[1] Tristão était le fils bâtard de Rodrigo de Menezes, chef de la garde personnelle de la reine Leonor de Avis, épouse de Jean II de Portugal.
Voir aussi la fiche généalogique sur geni.com : Tristão de Menezes

[2] Jorge était le fils de l’alcade de Beja, Artur de Brito (~1425).
Voir la fiche généalogique sur geni.com : Jorge de Brito

[3] Jean Denucé rapporte que, durant le séjour d’Antonio de Brito aux Moluques, sur les 300 hommes qui l’accompagnaient, seule une cinquantaine demeura valide ; un nombre comparable décéda en quelques semaines et tous les autres étaient mal portant.
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.377 ; citant Castanheda, Historia do descobrimiento e conquista da India pelos Portugiuezes (1551), Decada III, Livro V, Capitulo L.

[4] Barros parle du « Cabo de Cingápura » ; Singapour se trouve à l’extrémité de la péninsule malaise.
Barros, Decadas de Asia – Decada Terceira, Parte Primera – Livro V (1778), Capitulo VII, p.605

[5] La date du départ n’est pas mentionnée, ce qui ne permet pas de se faire une idée du temps qu’il aura fallu à Antonio de Brito pour atteindre les Moluques.
L’historien belge Jean Denucé note sept navires. Le chroniqueur portugais João de Barros (1496-1570) en compte six, et nomme les capitaines : Francisco de Brito, Jorge de Mello, Pero Botelho, Lourenço Godinho et Gaspar Gallo (auxquels il convient d’ajouter Antonio de Brito lui-même).
Barros, Decadas de Asia – Decada Terceira, Parte Primera – Livro V (1778), Capitulo VII, p.605
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.373

[6] La première est nommée « Tumbam » chez de Barros, qui précise qu’elle se trouve sur « l’île de Jaüa » (Java).
Gresik est parfois nommée Grissee, ou plus anciennement par les Portugais, Agacim.
Barros, Decadas de Asia – Decada Terceira, Parte Primera – Livro V (1778), Capitulo VII, p.606
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.373

[7] João de Barros emploie la formule « senhor da Cidade Agacim » : le terme signifie littéralement « seigneur », mais ce n’était peut-être pas le titre exact de l’homme (peut-être sultan). De plus, il n’est pas précisé s’il s’agit d’un Portugais ou d’un autochtone (indonésien ou malais), même si la seconde est la plus probable compte tenu de son influence sur la population locale. Le terme « gouverneur » est assez usité dans les textes d’époque pour désigner une personne administrant une ville ou une cité.
Barros, Decadas de Asia – Decada Terceira, Parte Primera – Livro V (1778), Capitulo VII, p.606

[8] Il s’agit sans doute de Garcia Henriques de Noronha, nommé aussi Henriquez ou Anriquez.
Les autres capitaines (cités par de Barros) sont Henrique de Figueiredo (un noble de Coimbra), Duarte d’Acosta, et Francisco de Lamar.

[9] Denucé indique que, selon le chroniqueur portugais Fernão Lopes de Castanheda (1500-1559), la rencontre entre de Brito et Henriques aurait eu lieu à Banda, et non à Java. Il s’agit possiblement d’un raccourci, vu que les deux hommes se retrouvent effectivement plus tard à Banda.
Barros, Decadas de Asia – Decada Terceira, Parte Primera – Livro V (1778), Capitulo VII, p.607
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.373 ; citant Castanheda, Historia do descobrimiento e conquista da India pelos Portugiuezes (1551), Decada III, Livro V, Capitulo V & Livro VI, Capitulo XI.

[10] Jean Denucé n’en mentionne que 8 : il compte les sept du départ, plus le seul navire de Garcia Henriques (omettant les 3 jonques qui l’accompagnaient). Si de Barros ne donne aucun chiffre, il précise cependant plus loin que Duarte d’Acosta (qui accompagnait Henriques) est parmi eux, soit les six navires du départ et les trois de Henriques. Il serait de toute façon logique qu’Antonio de Brito ait fait appel à toutes les forces en présence ; et, mandaté par le gouverneur de Malacca Jorge de Albuquerque, il disposait de l’autorité pour le faire.

[11] Ces deux lieux, nommés par João de Barros, demeurent non-identifiés.

[12] Barros, Decadas de Asia – Decada Terceira, Parte Primera – Livro V (1778), Capitulo VII, p.607-608

[13] Barros, Decadas de Asia – Decada Terceira, Parte Primera – Livro V (1778), Capitulo VII, p.608
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.373

[14] L’historien belge Jean Denucé rapporte qu’arrivé à Banda, de Brito a fait saisir la jonque avec laquelle Coto est venu des Moluques. Il est cependant étonnant que l’homme soit parti pour Gorom avec un autre navire.
Denucé dit aussi qu’il choisit d’hiverner à Banda avant de repartir pour les Moluques ; cependant, l’historien ne cite pas de source, et de Brito ne spécifie pas à quelle date il est arrivé à Banda. De plus, Banda se trouve proche de l’équateur, zone où il n’existe pas véritablement d’hiver.
Medina, Carta de Antonio de Brito al rey Don Juan III, refiriéndole cómo se condujo con los tripulantes de la armada de Magallanes (1923), p.99
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.373

[15] Medina, Carta de Antonio de Brito al rey Don Juan III, refiriéndole cómo se condujo con los tripulantes de la armada de Magallanes (1923), p.99

[16] Ce passage, narré par João de Barros est surprenant : Antonio de Brito est parti avec une force importante afin de surpasser en nombre les Espagnols ; pourtant, il choisit de laisser des bateaux à Banda et de ne partir qu’avec le seul Henriques. Est-ce parce qu’il a entre-temps appris que seuls deux navires espagnols ont atteint les Moluques ?
Le chroniqueur portugais sous-entend également (mais ce n’est pas clair), qu’ils pourraient avoir laissé ces bateaux au cas où les Castillans débarqueraient à Banda.
Barros, Decadas de Asia – Decada Terceira, Parte Primera – Livro V (1778), Capitulo VII, p.609

[17] João  de Barros le nomme « Laudim ».
Alauddin Ier commença son règne aux environs de 1520.
Voir Wikipedia (EN) : Sultanate of Bacan – Early Europeans impact & List of sultans

[18] Pour plus d’informations sur la mort des Portugais, se reporter au billet Séjour aux Moluques (4) : visite de Lourosa
Barros, Decadas de Asia – Decada Terceira, Parte Primera – Livro V (1778), Capitulo VII, p.609-610

[19] Medina, Carta de Antonio de Brito al rey Don Juan III, refiriéndole cómo se condujo con los tripulantes de la armada de Magallanes (1923), p.99

[20] Medina, Carta de Antonio de Brito al rey Don Juan III, refiriéndole cómo se condujo con los tripulantes de la armada de Magallanes (1923), p.99
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.374

[21] Jean Denucé indique ici que Maestre Pedro est déjà mort. Or, dans sa lettre, Antonio de Brito précise qu’on lui amène trois Castillans, dont le bombardier (son nom n’est pas mentionné). Il est possible qu’il ait été induit en erreur par le témoignage de Leone Pancaldo, qui raconte qu’au retour de la Trinidad, on leur a annoncé que Maestre Pedro était mort (sans plus de précision sur la date et les raisons du décès)
Medina, Carta de Antonio de Brito al rey Don Juan III, refiriéndole cómo se condujo con los tripulantes de la armada de Magallanes (1923), p.99
Medina, Algunas noticias de León Pancaldo y de su tentativa para ir desde Cadíz al Perú por el estrecho de Magallanes en los años de 1537-1538 (1908), p.12 & p14

[22] Pour rappel, la legua nautica de l’époque valait 5 903 mètres ou 3,1876 milles marins d’aujourd’hui.
L’identité de « Moro » est très incertaine. Antonio de Brito indique qu’il s’agit d’une île. Jean Denucé précise (sans citer de source) qu’elle se trouve à soixante lieues (354 km, 191 NM)  des Moluques. À l’heure actuelle, la seule île nommé Moro de la région est celle située proche de Singapour, à 2 500 km des Moluques (ce qui semble ici peut réaliste). Une hypothèse serait que « Moro » désigne en réalité Morotai (Pualu Morotai), une île des Moluques du Nord, même si celle-ci se trouve une centaine de kilomètres plus proche que ce qu’indique Denucé. Une autre hypothèse serait que l’historien belge se soit trompé sur la distance.
Luis del Molino demeurera à Moro jusqu’à ce que Gonzalo Gómez de Espinosa, fait prisonnier par Antonio de Brito, lui demande revenir, fin 1522.
Medina, Carta de Antonio de Brito al rey Don Juan III, refiriéndole cómo se condujo con los tripulantes de la armada de Magallanes (1923), p.99
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.374

[23] João de Barros livre une curieuse version de la venue à bord de Juan de Campos : lorsque le navire d’Antonio de Brito se serait présenté à Tidore, il l’aurait pris pour un navire espagnol et aurait enfilé de beaux habits pour parader et les Portugais auraient profité de sa surprise pour le capturer. Ce récit, qui dénigre une fois encore la prétendue grandiloquence des Espagnols, paraît assez improbable : la Victoria est partie depuis cinq mois seulement, et Juan de Campos devait se douter qu’elle n’avait pas eu le temps de rentrer en Espagne et le roi d’affréter une nouvelle expédition en si peu de temps. (Et il est peu envisageable aussi qu’il ait cru à la présence d’une autre expédition espagnole dans cette zone jusqu’ici inconnue des Ibères).
De Barros dit également que suite à cet entretien, de Brito et de Campos se seraient rendus à terre pour rencontrer le sultan. Ce qui ne correspond chronologiquement pas au récit d’Antonio de Brito.
Medina, Carta de Antonio de Brito al rey Don Juan III, refiriéndole cómo se condujo con los tripulantes de la armada de Magallanes (1923), p.99
Barros, Decadas de Asia – Decada Terceira, Parte Primera – Livro V (1778), Capitulo VII, p.616-617
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.374

[24] Barros, Decadas de Asia – Decada Terceira, Parte Primera – Livro V (1778), Capitulo VII, p.617

[25] Barros, Decadas de Asia – Decada Terceira, Parte Primera – Livro V (1778), Capitulo VII, p.618

[26] Concernant tous ces évènements, la chronologie est une nouvelle fois confuse, dans la mesure où les différents auteurs ne présentent pas les choses dans le même ordre, ou avec une temporalité étrange (de Brito ne mentionne même pas la visite de Darwis). À noter tout de même que Denucé se trompe certainement lorsqu’il dit qu’Al-Manzor serait venu à bord le 14 mai ; ce qui n’est pas possible puisque de Brito lui-même dit être arrivé le « trece de mayo », soit le 13 mai.
Medina, Carta de Antonio de Brito al rey Don Juan III, refiriéndole cómo se condujo con los tripulantes de la armada de Magallanes (1923), p.99
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.374

[27] Barros, Decadas de Asia – Decada Terceira, Parte Primera – Livro V (1778), Capitulo VII, p.619-620

[28] Medina, Carta de Antonio de Brito al rey Don Juan III, refiriéndole cómo se condujo con los tripulantes de la armada de Magallanes (1923), p.100

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