Exploration de la Bahía de San Martín (Golfe San Matías)

 

Vendredi 24 février 1520
Golfe San Matías (Argentine)

Peu après avoir quitté l’embouchure du Río de la Plata, la flotte essuie une violente tempête au niveau du Cabo Corrientes (38°01’S). D’après le routier du pilote génois, les navires sont obligés de gagner le large pour éviter de s’échouer sur les bancs de sable qui jalonnent le littoral. Ils doivent attendre deux ou trois jours avant de pouvoir se rapprocher de nouveau de la côte américaine. [1]

Carte Argentine Golfo San Matias
Carte du Golfe San Matías (Argentine)

Ainsi, il leur faut donc une vingtaine de jours pour entrer dans une large baie, qu’ils nomment Bahía de San Martín [2] (aujourd’hui Golfe San Matias (41°30’S)). Magellan ordonne l’exploration de la baie, dans l’espoir de trouver « une sortie vers Maluco ». [3]

Le Portugais est en effet bien embêté, car les documents (erronés) dont il dispose situent le passage vers l’ouest au niveau du 40e parallèle. [4] Depuis le départ, il doit faire face à la défiance des capitaines Espagnols (Cartagena, Mendoza et Quesada) ; les errements de la flotte ne font que renforcer leur conviction que Magellan ne sait pas vraiment où il va. De plus une certaine lassitude commence à gagner les équipages, qui regrettent le temps passé à Santa Lucía (Rio de Janeiro). Les terres qui s’offrent à eux sont désertiques et inhospitalières, et le temps commence à fraîchir au fur et à mesure que l’été touche à sa fin.
L’exploration dure toute la journée et ce n’est qu’à la nuit tombée que la flotte rebrousse chemin et repart le long de la côte. [5] Le fait que celle-ci s’oriente en direction du sud-ouest laisse à penser que le passage ne doit plus être très loin.

 

Dès le retour dans les eaux de l’Atlantique, il semble qu’ils soient de nouveau assaillis par une terrible tempête qui dure trois jours. L’équipage fait le serment d’aller à Notre-Dame-de-la-Victoire à Séville s’il survit. [6]
Cependant, les récits d’époques (notamment celui de Pigafetta [7]) ne sont pas spécialement précis quant à la chronologie des évènements, et il est possible qu’il ne s’agisse en réalité que de la tempête qu’ils ont rencontrée au Cabo Corrientes ou bien d’une autre rencontrée plus tard. [8]

 

 

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[1] Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.471-472
Lord Stanley of Alderley, The Genoese Pilot’s Account of Magellan’s Voyage (1874)

[2] Bernal, Derrotero de Francisco Albo (2015), p.6

[3] Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.472, citant le Routier du pilote génois (Roteiro del pilota genovese)

[4] Pour plus de précisions, voir le billet du 11 janvier 1520 : Exploration du Río de Solís (Río de la Plata)

[5] Lord Stanley of Alderley, The Genoese Pilot’s Account of Magellan’s Voyage (1874)

[6] Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.472

[7] Pigafetta, Primer viaje alrededor del Globo (Civiliter p.20 ; Charton p.279 ; Peillard p. 109)

[8] Léonce Peillard situe par exemple cette tempête le 27 février 1520, probablement dans la baie de Los Trabajos. Or, la date et le lieu sont incompatibles (le 27, ils se trouvaient plus vraisemblablement dans la baie de Los Patos).
Peillard, Magellan (1984), p.309 note 45

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