Mardi 12 novembre 1521
Tidore, Moluques du Nord (Indonésie)
Le sultan Al-Manzor décide de faire construire un hangar afin d’y entreposer les marchandises de ses visiteurs. L’édification se déroule dans la journée et les Espagnols peuvent y apporter ce qui leur servira à payer les clous de girofles. Et même si le sultan leur a garanti depuis leur arrivée qu’ils étaient ici chez eux et que ceux qui essayeraient de les voler seraient tués, ils placent tout de même trois hommes de garde. [1]
La majorité des objets provient des jonques que l’armada a arraisonnées durant son séjour aux Philippines.
Le prix de chaque article est alors fixé par rapport à 1 bahar de clous de girofles, le bahar étant une unité de mesure fixée par les Portugais pour leurs échanges avec les indigènes. [2] Antonio Pigafetta dresse une longue liste des échanges possibles, mentionnant par exemple que contre un bahar de clous de girofle, un indigène peut repartir avec cinquante paires de ciseaux, ou quarante bonnets ou trente-cinq tasses de verre.
Ils ne peuvent cependant tirer profit de leur meilleur article, le miroir : la plupart se sont brisés en route, et les quelques restants ont tous été accaparés par le sultan. De plus, les Européens sont pressés de repartir et, selon Pigafetta, ils auraient pu faire un bien meilleur commerce s’ils étaient restés plus longtemps. [3]
En parallèle, des autochtones viennent régulièrement en barques leur apporter des vivres, qui sont échangées contre des babioles. [4]
Antonio Pigafetta note également un autre mensonge véhiculé par les Portugais au sujet des Moluques : le fait qu’il n’y ait pas d’eau douce dans ces îles. En plus des soi-disant difficiles conditions de navigation, cela visait à dissuader d’éventuels explorateurs de se rendre là-bas, et ainsi s’arroger l’exclusivité du commerce des clous de girofles.