Miguel de Rodas

Nationalité Grec
Origine Rhodes (Grèce)
Alias 1492 – Miguel de Rodas [1]
Navire Victoria
Fonction Maître d’équipage (Contramaestre), puis Maître de bord (Maestre)
Note(s) Fils de Papaceli ou Papazali et de Diana, originaires de Rhodes (décédés) [2]
Destin Survivant – Les 18 de la Victoria
  Miguel de Rodas revient en Espagne à bord de la Victoria le 6 septembre 1522

 

Miguel de Rodas est probablement originaire de l’île de Rhodes, dans l’archipel du Dodécanèse.
À l’époque, l’île de Rhodes (Ródos en grec) appartient à l’Ordre des Hospitaliers, qui l’ont prise aux Byzantins en 1310, après leur expulsion de Terre Sainte en 1291. Ils s’y maintiennent jusqu’en 1522, avant d’en être chassés par les Ottomans.
Il y serait né en 1492 (et aurait donc eu environ 27 ans au moment d’embarquer). [3]

 

Miguel de Rodas aurait possiblement un lien de parenté avec Felipe de Rodas, matelot (marinero) de la Victoria.
Selon l’écrivain et traducteur Pedro Olalla, Miguel serait le cousin de Felipe. [4]
D’après Juan Gil Fernández, professeur de philologie latine à l’Université de Séville, Felipe serait le neveu de Miguel. [5]

Miguel de Rodas - Signature
Miguel de Rodas (contramaestre de la Victoria)

 

 

Miguel de Rodas embarque comme maître d’équipage (contramaestre) à bord de la Victoria.

Il se trouve à bord de la Victoria lorsque celle-ci quitte Tidore (Moluques), samedi 21 décembre 1521.
Il ait possible qu’il ait été promu maître de bord (maestre) à ce moment-là. [6]

Miguel de Rodas revient en Espagne le samedi 6 septembre 1522 avec dix-sept de ses compagnons et trois Moluquois.

À l’arrivée de la Victoria à Séville (08/09/1522), les possessions des marins sont triées et cataloguées. Dans cette liste, on trouve deux sacs de clous de girofle appartenant à Miguel de Rodas, et pesant au total six arrobas et trois livres. [7]
On trouve également un sac avec un autre sac à l’intérieur contenant des clous de girofle, et qu’il partage avec Nicolás de Nápoles. [8]

 

Pour services rendus, Miguel de Rodas se voit octroyer par le roi Carlos des armoiries, comparables à celles reçues par Juan Sebastián Elcano. [9] Il aurait également été nommé piloto mayor, le rendant responsable des cartes et de l’évaluation des nouveaux pilotes. [10]

 

 

Quatre ans plus tard, une troisième expédition à destination des Moluques est organisée, avec à sa tête le Vénitien Sebastiano Caboto. La mission consiste principalement à déterminer les limites exactes du Traité de Tordesillas, [11] mais doit également laisser une colonie sur place pour affirmer les prétentions de l’Espagne sur ces îles.
À la demande du roi d’Espagne et empereur Charles Quint, Miguel de Rodas et Martín Méndez intègrent l’expédition, le premier comme pilote du navire amiral, le second comme lieutenant du capitaine (et semble-t-il comme « conjunta persona » de Caboto, [12] soit son égal). Méndez est également accompagné de son frère Hernán et de son serviteur Andrés de Villoria. [13] Cependant, Caboto n’approuve pas ce choix et, durant les préparatifs, ignore complètement Méndez, ce qui lui vaudra un rappel à l’ordre du roi.
La flotte quitte l’Espagne le 3 avril 1526, et la situation ne s’améliore pas. Lors d’un arrêt à La Palma (Canaries), Méndez et Rodas décident d’écrire à l’empereur par l’intermédiaire des fonctionnaires de l’île ; Francisco Rojas, l’un des capitaines de navire, se joint à eux. Cependant, Caboto est averti et empêche l’envoi du courrier, et met les trois hommes aux fers. [14]

Arrivé au Brésil, dans la région du Pernambouc, Caboto apprend que les régions intérieures du continent sud-américain sont extrêmement riches, et qu’il serait possible de les atteindre en remontant le Río de la Plata. Le Vénitien décide de mettre sa mission première de côté pour explorer le « fleuve d’argent ».
Sur le trajet longeant la côte américaine, le navire amiral de Caboto fait naufrage au large de l’île de Santa Catarina (située à mi-chemin entre São Paulo et Porto Alegre). Cet évènement (qui semble montrer que le Vénitien est un piètre navigateur), couplé à l’abandon de la mission confiée par le roi, déclenche l’opposition de Martin Méndez, Miguel de Rodas et Francisco de Rojas. Caboto mâte la mutinerie et abandonne les trois officiers (et possiblement quelques autres) sur l’île de Santa Catarina. [15]

Sur le chemin du retour, Caboto se serait arrêté pour récupérer les hommes, mais n’aurait trouvé que leurs armes. La légende voudrait qu’ils aient été dévorés par le peuple cannibale vivant sur l’île. Selon la mère de Martín Méndez, Caboto les aurait même livrés au chef autochtone, sachant pertinemment qu’il s’agissait de cannibales.
Hernán Méndez, le frère de Martín, meurt de maladie durant l’expédition, tandis qu’Andrés de Villoria survit. [16]

À son retour en Espagne en 1530, Sebastiano Caboto est poursuivi en justice par le roi, la famille de Martín Méndez et Francisco de Rojas. Ce dernier aurait réussi à survivre et à s’enfuir sur le continent ; là, il aurait rencontré l’expédition de Diego García de Moguer avec qui il serait revenu en Europe. [17]
Le Vénitien est condamné par le Conseil des Indes le 1er février 1532 pour désobéissance, mauvaise gestion et pour avoir causé la mort d’officiers placés sous ses ordres. Cependant, la peine de deux ans d’exil à Oran ne sera jamais exécutée.

 

Miguel de Rodas, maître d’équipage (contramaestre) de la Victoria, ne doit pas être confondu avec Miguel Sánchez de Rodas, matelot (marinero) grec de cette même Victoria, et également survivant de l’expédition.

 

 

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________

[1] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1852-1930), XLVII, p.73 & LXVII, p.202 & LXVIII, p.208
Bernal, Relación de expedicionarios que fueron en el viaje a la Especiería, sus procedencia, cargos y sueldos (2014), p.11
Bernal, Relación de la gente que llevó al descubrimiento de la Especiería (2014), p.21 & p.30
Navarrete, Historia de Juan Sebastián del Cano (1872), Appendice VIII, p.271
Denucé, Magellan – La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.380 note 2
Peillard, Magellan / Antonio Pigafetta (1984), p.296
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #172

[2] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1852-1930), XLVII, p.73 : « hijo de Papaceli é Diana, defuntos, vecinos de Rodas »
Bernal, Relación de expedicionarios que fueron en el viaje a la Especiería, sus procedencia, cargos y sueldos (2014), p.11 : « hijo de Papazali y Diane, difuntos, vecinos de Rodas »

[3] Ni l’historien belge Jean Denucé ni l’académicien français Léon Peillard ne citent de source d’époque par rapport à cette date.
Denucé, Magellan – La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.380 note 2
Peillard, Magellan / Antonio Pigafetta (1984), p.296

[4] Olalla, Griegos en la Primera Vuelta al Mundo (2021.01.29) : « Miguel de Rodas, primo de Felipe »

[5] Gil Fernández, Griegos en aguas del Pacífico (2008), p.53 : « Felipe, sobrino de Miguel de Rodas »

[6] L’historien belge Jean Denucé (sans doute repris par l’Académicien français Léonce Peillard) le présente comme pilote à son retour ; or, tous les documents d’époque attestent que le pilote lors du voyage retour était Francisco Albo, autre marin grec. Il s’agit vraisemblablement d’une erreur, d’autant que l’auteur le crédite comme comme « maestre » deux pages plus loin.
Navarrete, Historia de Juan Sebastián del Cano (1872), Appendice VIII, p.271
Sir Stanley of Alderley, The First Voyage Round the World – Names of the First circumnavigators (1874), p.175, reprenant la liste dressée par Antonio de Herrera y Tordesillas, Historia general de los hechos de los Castellanos en las islas y tierra firme del Mar Océano que llaman Indias Occidentales (1601-1615), Decada III, Libro IV, Capitulo IV
Denucé, Magellan – La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.380 note 2 : «

[7] L’arroba castillane (arroba castellana) pesait environ 11,5 kg ; la livre castillane (libra castellana) environ 460 grammes. Les sacs pèsent donc approximativement 70 kg. Ce qui, compte tenu de la valeur des clous de girofle, représente une somme d’argent importante.
Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), LIX, p.136 & LX, p.140

[8] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), LIX, p.136 & LX, p.140

[9] Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.382 ; citant Antonio de Herrera y Tordesillas, Historia general de los hechos de los Castellanos en las islas y tierra firme del Mar Océano que llaman Indias Occidentales (1601-1615), Decada III, Libro IV, Capitulo XIV

[10] Olalla, Griegos en la Primera Vuelta al Mundo (2021.01.29)

[11] Pour plus d’informations sur le Traité de Tordesillas, se reporter au billet : Les Philippines et la question du Traité de Tordesillas

[12] Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.252

[13] Selon l’historien espagnol Tomás Mazón Serrano, un autre survivant de l’expédition Magellan-Elcano aurait participé à celle de Caboto : l’ancien mousse (grumete) Juan de Santandrés.
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – Sus Mujeres (note 4)

[14] Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – Sus Mujeres

[15] Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – Sus Mujeres

[16] Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – Sus Mujeres

[17] Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – Sus Mujeres (note 6)

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