Gonzalo Álvarez, dit « Gonzalo de Vigo »

Nationalité Espagnol – Galicien
Origine Vigo (Galice, Espagne) [1]
Alias Gonzalo de Vigo [2]
Gregorio de Vigo [3]
Gonsalve de Vigo [4]
Jeronimo Gallego [5]
Gonzalo Bonete [6]
Gonzalo Álvarez Martínez [7]
Navire Concepción
Fonction Mousse (Grumete)
Note(s) Fils de Rodrigo Álvarez et Isabel Núñez ou Martínez [8]
Destin Déserteur (31/08/1522) [9]
  Gonzalo Álvarez, dit « Gonzalo de Vigo », déserte à Maug

 

Gonzalo Álvarez est né à Vigo, dans la province de Pontevedra, en Galice.

Le patronyme de sa mère est incertain. Si les documents d’époque indiquent « Núñez », l’historien espagnol Amancio Landín Carrasco la nomme « Martínez ». [10]

Dans les documents rassemblés par l’historien chilien José Toribio Medina Zavala, Gonzalo Álvarez est un moment nommé « Gonzalo Bonete ». [11] Ce dernier terme fait référence à un couvre-chef, tel un bonnet ; le mousse avait-il été surnommé ainsi parce qu’il en était constamment vêtu ?

 

 

Gonzalo Álvarez, dit « Gonzalo de Vigo », embarque comme mousse (grumete) à bord de la Concepción.

Après l’incendie de la Concepción à Bohol, jeudi 2 mai 1521, il est transféré sur un autre navire, mais celui-ci n’est pas mentionné.

Il se trouve à bord de la Trinidad lorsque celle-ci quitte Tidore (Moluques), dimanche 6 avril 1522

Fin août 1522, alors que la Trinidad fait escale à Maug, Gonzalo Álvarez, dit « Gonzalo de Vigo », déserte en compagnie de Martìn Forte, dit « Martín Genovés », et d’Alonso González de Guarda.
Ces deux derniers auraient été tués lors d’une altercation avec les indigènes, peu après leur désertion.

 

 

Le 5 septembre 1526, la Santa María de la Victoria commandée par Toribio Alonso de Salazar arrive à Guam (il s’agit d’un des navires de l’expédition de García Jofre de Loaísa à destination des Moluques).
Gonzalo de Vigo se présente alors à eux en espagnol, et explique avoir fait partie de l’armada de Magellan. [12] Il a semble-t-il survécu en se mêlant aux autochtones.
Après avoir demandé et obtenu le pardon royal pour sa désertion (Seguro Real), [13] il embarque avec les Espagnols pour rallier les Moluques, où il servira d’interprète et de médiateur. [14] Durant ses quatre années dans les îles du Pacifique, il a en effet appris les langues locales et des rudiments de malais, la lingua franca de l’Asie du sud-est. [15]

La question de sa survie demeure énigmatique. Un mousse avait en général entre 13 et 16 ans ; comment un adolescent a-t-il pu survivre par lui-même durant toutes ces années ? S’est-il tout de suite intégré à la population ? Est-ce que sa jeunesse l’aurait au contraire sauvé, alors que ses deux compagnons de désertion, adultes, furent tués par les locaux ?

 

Ainsi, le 10 septembre 1526, Gonzalo Ávarez quitte Guam.
Sur le chemin vers les Moluques, le Galicien guide ses compagnons à travers les Mariannes, indiquant où ils pourront avitailler en riz, poisson, coco et sel (ces îles ne disposent par contre d’aucun bétail). [16]

En octobre 1526, [17] ils arrivent à Mindanao (Philippines), où l’expédition Magellan-Elcano avait fait escaleen mai 1521. Plusieurs hommes, dont Gonzalo de Vigo, débarquent ; bien que celui-ci ne comprenne pas la langue locale, ils parviennent à troquer des babioles contre de la nourriture avec les indigènes (noix de coco, bananes, vin de palme, riz, poulet).
Quelques jours plus tard, ils tentent de renouveler l’opération mais font face à l’hostilité des autochtones, qui prennent Gonzalo de Vigo en otage. Il semble qu’un natif de Malacca les ait mis en garde contre ce qu’il pensait être des Portugais, et contre les agissements de ces derniers. [18] Le Galicien parvient néanmoins à prévenir ses compagnons avant de lui-même parvenir à s’échapper. [19]
Le lendemain, une soixantaine d’hommes en armes débarque avec l’intention de faire la paix et de reprendre le commerce ; mais les indigènes, sans doute apeurés, s’enfuient dans la jungle. [20]

Après une escale à Cebu le 22 octobre 1526, la Santa María de la Victoria arrive sur l’île de « Talao ». Il s’agit sans nul doute de Talaud, un archipel situé entre Célèbes (Sulawesi en indonésien) au sud-ouest, Halmahera au sud-est et Mindanao au nord.
Gonzalo de Vigo sert de traducteur et une amitié se noue avec le souverain local, qui demande à ce qu’on lui laisse un drapeau avec les armoiries de l’empereur Charles Quint. [21]

Le 29 octobre 1526 apparaît l’île d’Halmahera (anciennement Gilolo ou Jailolo), mais un calme plat ne leur permet de toucher terre que le 4 novembre, dans un lieu nommé « Zamaso ». Des liens sont également noués avec le souverain local. [22]

Les Espagnols arrivent finalement à Tidore (Moluques) le 1er janvier 1527. Et très peu de temps après apparaissent les premières escarmouches avec les Portugais, stationnés à Ternate. [23]

On trouve une dernière mention de Gonzalo de Vigo le 10 décembre 1533, où il sert de médiateur à la fois avec les autochtones de Jailolo, mais aussi entre Portugais et Espagnols. Selon le récit d’Andrés de Urdaneta, les frères ennemis auraient fait la paix ce jour-là, à la grande surprise des habitants de l’île. [24]

Suite à la paix, les survivants de l’expédition Loaísa (dont Andrés de Urdaneta et Gonzalo de Vigo) sont transférés à Goa par les Portugais. Ils y sont plus tard rejoints par les survivants de l’expédition d’Álavro de Saavedra. Les 24 derniers survivants sont rapatriés à Lisbonne courant 1536. Tous les documents en leur possession sont saisis par les autorités lusitaniennes. [25]

 

On ignore ce que devint Gonzalo Álvarez, dit « Gonzalo de Vigo ».
Il semblerait qu’en plus de la grâce royale dont il avait fait l’objet à Guam, il se soit vu payer l’ensemble des salaires qui lui étaient dus pour ses services dans les expéditions de Magellan et de Loaísa. [26]
Cependant, le linguiste espagnol Óscar Ferreiro-Vázquez pense qu’il a terminé ses jours dans les îles Mariannes, dans la mesure où son nom n’apparaît pas dans aucun fichier des rapatriés. [27]

 

 

Une statue en l’honneur de Gonzalo de Vigo, a été érigée en 2017 sur le port de Vigo.
Néanmoins, celle-ci ne fait pas l’unanimité car elle comporte deux anachronismes. Il y a d’abord l’arme à feu, une sorte de tromblon (visible à son canon évasé) qui est une arme apparue au XVIIIe siècle. Ensuite, l’épée qu’il arbore à sa ceinture, large, à double tranchant et conçue pour être maniée d’une seule main, est typique du début du Haut Moyen Âge, qui se termine aux alentours de l’an 1000 ; cette arme était dérivée de la sphata romaine. [28]

 

 

<  Retour au listing des équipages

 

________

[1] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), XLVIII, p.82 : « natural de Vigo, ques en Galicia »
Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), LXVIII, p.235 : « natural de Vigo, que es en Galícia »
Bernal, Relación de expedicionarios que fueron en el viaje a la Especiería, sus procedencia, cargos y sueldos (2014), p.17 : « natural de Vigo, que es en Galícia »
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #150 : « Vigo (Pontevedra, Galicia) »

[2] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), XLVIII, p.82 & LXIV, p.173 & LXVII, p.204 & LXVIII, p.235
Bernal, Relación de la gente que llevó al descubrimiento de la Especiería (2014), p.20 & p.29
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #150

[3] Bernal, Relación de expedicionarios que fueron en el viaje a la Especiería, sus procedencia, cargos y sueldos (2014), p.17
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #150

[4] Charton, Voyageurs anciens et modernes – Tome III – Fernand de Magellan, voyageur portugais (1863), p.294

[5] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1920), XI. Relación de la gente que murio en la nao « Trinidad »

[6] Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.371

[7] Wikipédia : (ES) Gonzalo de Vigo | (GL) Gonzalo de Vigo

[8] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), XLVIII, p.82 & LXVIII, p.235 : « hijo de Rodrigo Alvarez é Isabel Núñez »
Bernal, Relación de expedicionarios que fueron en el viaje a la Especiería, sus procedencia, cargos y sueldos (2014), p.17 : « hijo de Rodrigo Alvarez e Isabel Núñez »
Otero Ricart, Faro de Vigo (éd. 11/09/2013), Gonzalo de Vigo, el robinson gallego : « hijo de Rodrigo Álvarez y de Isabel Martínez »
Wikipédia : (ES) Gonzalo de Vigo | (GL) Gonzalo de Vigo : « hijo de Rodrigo Álvarez e Isabel Martínez »

[9] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1920), XI. Relación de la gente que murio en la nao « Trinidad »
Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.371
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – Intento de tornaviaje de la Trinidad

[10] Otero Ricart, Faro de Vigo (éd. 11/09/2013), Gonzalo de Vigo, el robinson gallego
Le « Faro de Vigo » est un quotidien de la ville de Vigo et le plus ancien journal espagnol.
L’article est en partie basé sur les travaux du linguiste Óscar Ferreiro-Vázquez, de l’Université de Vigo.

[11] Denucé, Magellan. La question des Moluques et la première circumnavigation du globe (1911), p.371, citant Medina, Colección de Documentos inéditos para la Historia de Chile (1888-1902), t.II, p.282

[12] Navarrete, Colección de los viajes descubrimientos que hicieron por mar los españoles – Tomo V : Expediciones al Maluco viages de Loaisa y de Saavedra (1837), p.49

[13] Il serait aussi possiblement venu en aide aux marins atteints du scorbut (mais la page Wikipédia le mentionnant ne cite pas de source).
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – Vidas Epicas : « Gonzalo de Vigo, Indio pero español »
Wikipédia : (ES) Gonzalo de Vigo
Wikipédia : (ES) Expedición de García Jofre de Loaísa

[14] Otero Ricart, Faro de Vigo (éd. 11/09/2013), Gonzalo de Vigo, el robinson gallego

[15] Otero Ricart, Faro de Vigo (éd. 11/09/2013), Gonzalo de Vigo, el robinson gallego
Wikipédia : (ES) Gonzalo de Vigo

[16] Navarrete, Colección de los viajes descubrimientos que hicieron por mar los españoles – Tomo V : Expediciones al Maluco viages de Loaisa y de Saavedra (1837), p.50
Otero Ricart, Faro de Vigo (éd. 11/09/2013), Gonzalo de Vigo, el robinson gallego

[17] La page Wikipédia dédiée à l’expédition Loaísa indique qu’ils arrivent le 6 octobre ; l’historien espagnol Eustaquio Fernández de Navarrete raconte qu’ils débarquent le 9 octobre.
Wikipédia : (ES) Expedición de García Jofre de Loaísa – Mindanao
Navarrete, Colección de los viajes descubrimientos que hicieron por mar los españoles – Tomo V : Expediciones al Maluco viages de Loaisa y de Saavedra (1837), p.53

[18] Navarrete, Colección de los viajes descubrimientos que hicieron por mar los españoles – Tomo V : Expediciones al Maluco viages de Loaisa y de Saavedra (1837), p.53

[19] Wikipédia : (ES) Expedición de García Jofre de Loaísa

[20] Otero Ricart, Faro de Vigo (éd. 11/09/2013), Gonzalo de Vigo, el robinson gallego

[21] Otero Ricart, Faro de Vigo (éd. 11/09/2013), Gonzalo de Vigo, el robinson gallego ; citant l’historien espagnol Agustín Rodríguez González.

[22] Navarrete, Colección de los viajes descubrimientos que hicieron por mar los españoles – Tomo V : Expediciones al Maluco viages de Loaisa y de Saavedra (1837), p.59
Otero Ricart, Faro de Vigo (éd. 11/09/2013), Gonzalo de Vigo, el robinson gallego

[23] Otero Ricart, Faro de Vigo (éd. 11/09/2013), Gonzalo de Vigo, el robinson gallego

[24] Otero Ricart, Faro de Vigo (éd. 11/09/2013), Gonzalo de Vigo, el robinson gallego ; citant José María Madueño Galán, secrétaire technique de l’Instituto de Historia y Cultura Naval et auteur d’un livre sur Urdaneta.
Viana, ABC (éd. 15.02.2021, màj 23.06.2022), La hazaña del Robinson Crusoe gallego (…) ; citant également Madueño Galán
« ABC » est un quotidien espagnol, distribué à Madrid et à Séville.

[25] Viana, ABC (éd. 15.02.2021, màj 23.06.2022), La hazaña del Robinson Crusoe gallego (…)
Wikipédia : (ES) Expedición de García Jofre de Loaísa

[26] Viana, ABC (éd. 15.02.2021, màj 23.06.2022), La hazaña del Robinson Crusoe gallego (…)

[27] Otero Ricart, Faro de Vigo (éd. 11/09/2013), Gonzalo de Vigo, el robinson gallego
Viana, ABC (éd. 15.02.2021, màj 23.06.2022), La hazaña del Robinson Crusoe gallego (…)

[28] Historical European Martial Arts : Escultura de Gonzalo de Vigo. Primeras impresiones

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s