Martín de Ayamonte

Nationalité Espagnol – Andalou
Origine Ayamonte (Espagne) [1]
Alias Martín de Ayamonte [2]
Martinho de Ayamonte [3]
Navire Victoria
Fonction Mousse (Grumete)
Note(s)

Fils de Diego Lora ou Lorenzo (ou Fernán Martínez) et Marina (ou María) Lora ou Lorenzo, originaires d’Ayamonte (Espagne) [4]

Possible parent de Francisco Romero Díaz, dit « Francisco de Ayamonte » (Trinidad – Mousse) [incertain]

Destin Désertion (05/02/1522) [5]
  Martín de Ayamonte déserte alors que la Victoria fait escale à Timor.

 

Martín de Ayamonte est probablement originaire de la ville d’Ayamonte, dans la province de Huelva, en Andalousie. Ses parents étaient en tout cas établis dans cette commune et Martín devait habiter avec eux en raison de son jeune âge. [6]
Le nom de ses parents est incertain dans la mesure où il existe très peu de sources. L’un des patronymes possibles est « Lora », qui existe encore aujourd’hui, mais qui pourrait aussi désigner les communes de Lora de Estepa ou Lora del Río, toutes deux situées dans la province de Séville, en Andalousie, et dont au moins l’un des deux parents pourrait être originaire.

 

 

Martín de Ayamonte embarque comme mousse (grumete) sur la Victoria, en remplacement de Esteban Rodríguez Núñez, dit « Esteban de Jerez ». Ce dernier ne s’est pas présenté à l’embarquement, alors qu’il avait touché une avance sur salaire de quatre mois. [7]

À Mactan, il est témoin de l’assaut donné par Magellan contre les indigènes de l’île, qui refusaient de se soumettre (27 avril 1521). Assaut au cours duquel le capitaine Portugais est tué. Mais on ignore s’il faisait lui-même partie du groupe d’assaut.
De même, il assiste au massacre de ses compagnons lors du Banquet de Cebu (1er mai 1521), a priori sans y avoir participé lui-même.

Alors que la flotte fait escale à Timor, une rixe (ou peut-être une mutinerie) éclate entre marins. Craignant de subir une dure punition (peut-être même une exécution), Martín de Ayamonte s’enfuit à la nage en compagnie de Bartolomé de Saldaña, un homme d’armes de la Victoria (5 février 1522). [8]
Martín racontera plus tard qu’ils ont été abandonnés à Timor, version dont doutent fortement les historiens espagnols Braulio Vázquez Campos, Cristóbal Bernal Chacón et Tomás Mazón Serrano.

Quelque temps plus tard, Pedro Soares de Sousa [9] arrive à Timor pour y acheter du bois de santal. Il découvre les deux Espagnols qui sont alors au service d’un luzón. [10] Sousa demande à Álvaro Juzarte de conduire les deux hommes à Malacca, afin qu’ils soient remis au capitaine Jorge de Albuquerque.
Martín de Ayamonte est alors interrogé sur la raison de la présence d’Espagnols dans la région et la manière dont ils étaient arrivés. Le récit, consigné par le scribe Lopo Cabreira Bernardes, sera transmis au souverain du Portugal Jean III « le pieux » (João III, o Piedoso). [11]

Aucune source ne précise ce qu’il advint des deux prisonniers.

 

 

Un membre de la famille de Martín de Ayamonte se trouvait apparemment au sein de la flotte, mais son identité est très incertaine.
Dans son témoignage, Martín raconte qu’à sa désertion à Timor (ou son abandon selon ses dires), il espérait pouvoir retourner à Tidore avec le pilote indigène pour y retrouver un parent (un pariente) dont il ne donne pas le nom. Parmi les quatre marins venant d’Ayamonte, un est mort (Luiz Afonso de Góis) et un a vraisemblablement déserté avec le San Antonio (l’interprète Antonio Hernández de Huelva) ; en dehors de Martín, il reste Francisco Romero Díaz, dit « Francisco de Ayamonte », un mousse de la Trinidad. Ceci qui conduit les historiens espagnols Braulio Vázquez Campos, Cristóbal Bernal Chacón et Tomás Mazón Serrano à lier les deux adolescents.
Cependant, l’argument semble un peu léger : ledit parent aurait tout aussi bien pu être une personne portant un nom différent et venant d’une autre localité (un cousin du côté maternel par exemple). Il n’est donc pas possible de déterminer l’identité de ce parent.

 

 

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________

[1] Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #194

[2] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), XLVII p.77& LXVIII, p.213
Bernal, Relación de expedicionarios que fueron en el viaje a la Especiería, sus procedencia, cargos y sueldos (2014), p.14& p.30
Bernal, Declaración de las personas fallecidas en el viaje al Maluco (2014), #80
Bernal, Relación de la gente que llevó al descubrimiento de la Especiería (2014), p.21 & p.30
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #194

[3] Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.474 note 1

[4] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), XLVII p.77 : « hijo de Diego Lorenzo y María Lora, vecinos de Ayamonte »
Bernal, Relación de expedicionarios que fueron en el viaje a la Especiería, sus procedencia, cargos y sueldos (2014), p.14 : « hijo   de Diego Lora y Marina Lora, vecinos de Ayamonte »
Vázquez Campos, Bernal Chacón & Mazón Serrano, Auto de las preguntas que se hicieron a dos Españoles que llegaran a la fortaleza de Malaca, venidos de Timor en compaña de Álvaro Juzarte, capitán de un junco, (Témoignage de Martín de Ayamonte), p.2 : « hijo de Fernán Martínez y de Marina Lorenzo »

[5] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico : Hernando de Magallanes y sus compañeros (1852-1930), LXVIII p.213
Bernal, Declaración de las personas fallecidas en el viaje al Maluco (2014), #80
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #194

[6] Un mousse avait en général entre 13 et 16 ans.

[7] Vázquez Campos, Bernal Chacón & Mazón Serrano, Auto de las preguntas que se hicieron a dos Españoles que llegaran a la fortaleza de Malaca, venidos de Timor en compaña de Álvaro Juzarte, capitán de un junco, (Témoignage de Martín de Ayamonte), p.2 note 4

[8] Bernal, Declaración de las personas fallecidas en el viaje al Maluco (2014), #80

[9] L’identité de cette personne est soumise à caution. Pedro (ou Pero) est le fils de João Soares de Sousa, né en 1493, et de Guiomar da Cunha, née en 1500. En 1522, ils étaient respectivement âgés de 29 ans et 22 ans. Leur fils Pedro ne pouvait donc commander une jonque en Indonésie début 1522. De plus, ni João ni Pedro ne semblent être allés aux Indes. Il s’agit donc soit d’une erreur commise par Jorge de Albuquerque et/ou son scribe Lopo Cabreira Bernardes, soit d’un homonyme.
(NdA : Je n’ai pas trouvé de date de naissance pour Pedro ; le site de généalogie Geni place sa naissance aux alentours de 1530, ce qui est plausible, mais non sourcé).

[10] Ce terme semble décrire une personne venant de Luçon (Philippines), mais pourrait aussi désigner un Chinois ou un Oriental.
Vázquez Campos, Bernal Chacón & Mazón Serrano, Auto de las preguntas que se hicieron a dos Españoles que llegaran a la fortaleza de Malaca, venidos de Timor en compaña de Álvaro Juzarte, capitán de un junco, (Témoignage de Martín de Ayamonte), p.2 note 3 & p.8

[11] On ignore si Bartolomé de Saldaña fut lui aussi interrogé. Il n’en existe en tout cas aucune trace.

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