Suite de l’hivernage dans le río Santa Cruz

 

Vendredi 24 août 1520
Puerto San Julián (Argentine)

À la faveur d’une accalmie, Magellan décide de déplacer la flotte jusqu’à l’embouchure du Río Santa Cruz, située plus au sud.
Le Santiago l’avait reconnue début mai, avant de faire naufrage. João Serrão avait par la suite informé son capitán general que l’endroit était plus abrité que San Julián, et constituerait un meilleur endroit pour hiverner. Cependant, les conditions météorologiques le long de la côte patagone repoussèrent ce projet de plusieurs mois.

 

Serrão devient capitaine de la Concepción, Álvaro de Mesquita celui du San Antonio et Duarte Barbosa celui de la Victoria.

L’armada quitte San Julián le vendredi 24 août selon Francisco Albo, Ginés de Mafra et le Routier du pilote génois (attribué à Pancaldo ou Ponzoroni). [1] Pigafetta mentionne lui le mardi 21 août, mais il s’agit probablement de l’une de ses nombreuses erreurs. [2]

Antonio Pigafetta indique dans son journal que les marins dressèrent une croix au sommet d’une montagne proche de la baie de San Julián, affirmant ainsi la possession au nom du roi d’Espagne. L’endroit fut nommé Monte Cristo. [3]
La place de cet événement dans son journal de bord laisse supposer qu’il se serait produit juste avant le départ de la flotte. Toutefois, la chronologie de ce document étant pour le moins décousue, la croix aurait pu aussi bien être dressée à un tout autre moment.

 

D’après le journal de Francisco Albo, ils atteignent le Río Santa Cruz deux jours plus tard, le dimanche 26 août. [4]
Selon Édouard Charton et Léonce Peillard, ils ne seraient arrivés que le vendredi 14 septembre, jour de la Sainte-Croix (d’où le nom donné au fleuve). [5] Or, dix-neuf jours pour parcourir la vingtaine ou trentaine de lieues qui séparent les deux endroits semble excessif, même par mauvais temps.
Selon le journal du Portugais anonyme, ils auraient parcouru une centaine de milles, ce qui très semble excessif, à moins là encore qu’une violente tempête ne les ait déroutés. [6]
(Pour plus d’informations sur ce trajet, se reporter au billet concernant l’Exploration du Río Santa Cruz).

Le journal de Pigafetta précise qu’à leur arrivée à l’estuaire, ils rencontrent des vents furieux qui grossissent la mer et manquent de naufrager la flotte. [7]
L’intérieur de l’estuaire était par contre bien abrité ; les marins trouvent du bois en abondance, ce qui leur permet de finir les réparations.

Rio Santa Cruz - Argentine( 2018)
Vue du río Santa Cruz ©Marcelo Luna, 2018

 

Il a été dit que, le jeudi 11 octobre 1520, l’équipage avait observé une éclipse, dont le pilote Andrés de San Martín se serait servi pour calculer leur longitude. Si une éclipse a bien eu lieu à cette période, elle n’était cependant pas visible à cette latitude. [8]

 

La flotte va séjourner environ deux mois dans l’estuaire. Magellan ignore alors à quel point il est proche du passage vers l’ouest.

Carte Argentine - San Julian & Detroit Magellan
Carte de l’Argentine, avec la baie de San Julian & le Détroit de Magellan
Carte du Globe - río Santa Cruz & le Détroit de Magellan
Mappemonde, avec le río Santa Cruz & le Détroit de Magellan

 

 

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[1] Bernal, Derrotero de Francisco Albo (2015), p.7
Ginés de Mafra, Libro que trata del descubrimiento del Estrecho de Magallanes (1542), p.193 : « Día de Sant Bartolomé » (soit le 24 août)
Sir Stanley, The First Voyage Round the World : The Genoese Pilot’s Account of Magellan’s Voyage (1874)

[2] Pigafetta, Primer viaje alrededor del Globo (Civiliter p.29 ; Charton p.287)

[3] Pigafetta, Primer viaje alrededor del Globo (Civiliter p.29 ; Charton p.287 ; Peillard p.116)

[4] Bernal, Derrotero de Francisco Albo (2015), p.7

[5] Charton, Voyageurs anciens et modernes – T3 : Voyageurs modernes, quinzième siècle et commencement du seizième – Fernand de Magellan, voyageur portugais (1863), p.287 note 2
Peillard, Magellan / Antonio Pigafetta (1984), p.310 note 56

[6] Stanley of Alderley, The First Voyage Round the World, by Magellan – Narrative of the Anonymous Portuguese (1874)

[7] Pigafetta, Primer viaje alrededor del Globo (Civiliter p.29 ; Charton p.287 ; Peillard p.116)

[8] Charton, Voyageurs anciens et modernes – T3 : Voyageurs modernes, quinzième siècle et commencement du seizième – Fernand de Magellan, voyageur portugais (1863), p.287 note 3

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