Pedro Sánchez Reina

Nationalité Espagnol ?
Origine
Alias Pero Sánchez de Reina [1]
Pero Sánchez de la Reina [2]
Pedro Sánchez de la Reina [3]
Pero Sánchez (Reina) [4]
Pedro Sánchez Reina [5]
Pedro Sánchez de la Viena [6]
Gomez de la Reina [7]
Navire San Antonio
Fonction Supplétif (Sobresaliente) – Ecclésiastique (Clerigo) [8]
Note(s)
Destin Exil (11/08/1520) [9] – Décès
  Pedro Sánchez Reina est condamné à l’exil en compagnie de Juan de Cartagena pour avoir fomenté une nouvelle insurrection dans la baie de San Julián. Vraisemblablement décédé.

 

Il n’existe pratiquement aucune information sur Pedro Sánchez Reina, quant à ses origines, son rôle au sein de la flotte et ses agissements.

Les documents d’époque (qui le mentionnent à peine dans certaines listes d’équipages) le présentent comme « clerigo » et certains auteurs lui attribuent le titre de « Père », [10] ce qui semble effectivement en faire un homme d’église. Cependant, la nao San Antonio possédait déjà un aumônier en la personne de Bernat Calmeta, si bien que sa fonction demeure floue (peut-être était-il un représentant de l’Église catholique ?).

 

Son exil par contre est commenté par tous les auteurs.
Il aurait apparemment fomenté une nouvelle insurrection, quelques mois après la Mutinerie de Pâques, ce qui aurait poussé Magellan à prononcer son exil (certaines sources parlent simplement d’insubordination). Il aurait, selon Tomas Mazón Serrano, alors menacé le capitán general de « brûler dans les flammes de l’enfer ».  [11]
Juan de Cartagena pourrait avoir collaboré puisque, prisonnier jusqu’alors, lui aussi est banni de la flotte le même jour. [12]
Les deux hommes sont abandonnés sur la plage (ou une petite île [13] ), avec comme seul moyen de subsistance quelques biscuits et des bouteilles de vin. [14]

 

À leur retour en Espagne, en mai 1521, les marins du San Antonio déclarèrent s’être arrêtés à San Julián pour tenter de localiser les deux exilés, mais sans succès. [15]
Ceci paraît douteux : le navire fera défection le 8 novembre 1520, soit trois mois après l’exil (sans compter le trajet du retour). De longues semaines durant lesquelles les deux hommes auraient dû survivre par leurs propres moyens en chassant, pêchant et en trouvant de l’eau potable. Si cela demeure possible, il faut rappeler que l’un était un noble de haute extraction et l’autre un clerc, qui n’étaient pas véritablement prédisposés à survivre en pleine nature.
Il est possible que ce mensonge ait été élaboré pour se faire bien voir des représentants du roi ; la désertion était passible de la peine de mort et en montrant leur volonté de sauver deux personnages importants, ils auraient pu espérer voir leur sentence commuée. Ceci est plausible dans la mesure où leurs témoignages comportent justement de nombreuses affabulations.
Dans la transcription de José Toribio Medina, Pedro Sánchez Reina est cité dans la section LXIX, qui fait référence aux Déserteurs du San Antonio (« Relación del sueldo que se lia pagado a los que tornaron en la nao Sant Antonio ») ; et s’il y est bien précisé que Reina a été abandonné avec Cartagena à San Julián (« que quedó en el puerto de San jullián con Juan de Cartagena »), il n’est pas spécifiquement précisé qu’ils y soient morts.
À partir de là, certains auteurs ont extrapolé que Cartagena et Reina avaient effectivement été récupérés par le San Antonio. [16]

 

 

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________

[1] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1852-1930), LXIX, p.229

[2] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1852-1930), LXVI, p.196
Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.475
Charton, Voyageurs anciens et modernes – T.3 : Voyageurs modernes, quinzième siècle et commencement du seizième – Fernand de Magellan, voyageur portugais (1863), p.286

[3] Cat, Les grandes découvertes du treizième au seizième siècle (1882), XVI, p.205

[4] Bernal, Declaración de las personas fallecidas en el viaje al Maluco (2014), #14

[5] Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #78

[6] Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.475

[7] Verne, Les grands voyages et les grands voyageurs. Découverte de la terre – Chapitre II : Premier voyage autour du monde (1878), p.308

[8] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1852-1930), LXIX, p.229
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #78

[9] Medina, El descubrimiento del Océano Pacífico  Hernando de Magallanes y sus compañeros documentos (1852-1930), LXIX, 229
Bernal, Declaración de las personas fallecidas en el viaje al Maluco (2014), #14
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #78

[10] Comme par exemple José Maria de Queirós Veloso

[11] Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.475
Mazón Serrano, La Primera Vuelta al Mundo – La Tripulación, #78

[12] C’est en tout cas ce qu’indique José Maria de Queirós Veloso, qui précise tenir cela du témoignage d’Elcano à son retour en Espagne.
Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.475 note 1

[13] Via Wikipedia (EN) :
– Bergreen, Over the Edge of the World: Magellan’s Terrifying Circumnavigation of the Globe (2003), p.170f

[14] José Maria de Queirós Veloso précise là aussi, citant João de Barros, qu’on leur laissa trente livres de pain.
Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.475 note 1

[15] Bernal, Declaración de las personas fallecidas en el viaje al Maluco (2014), #14
« al   regreso,   prematuro,   de   la   nao   San   António   (el   8-V-1521),   sus   tripulantes declararon el intento de localización de los desterrados, sin éxito ».

[16] Charton, Voyageurs anciens et modernes – T.3 : Voyageurs modernes, quinzième siècle et commencement du seizième – Fernand de Magellan, voyageur portugais (1863), p.286 note 2 : « mais, après avoir vécu quelque temps dans celle solitude désolée, ils furent recueillis par cet Estevan Gomez ».

Verne, Les grands voyages et les grands voyageurs. Découverte de la terre – Chapitre II : Premier voyage autour du monde (1878), p.308 : « où il fut recueilli quelques mois après par Estevam Gomez (…) »

Cat, Les grandes découvertes du treizième au seizième siècle (1882), XVI, p.205 : « mais après avoir vécu quelque temps dans cette solitude désolée, ils furent plus tard recueillis par Estevan Gomez »

(NdA : On notera ici la similitude des textes de Charton et Cat, le second ayant certainement recopié le premier)

 

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