Sauvetage des marins du Santiago

 

Début juin 1520
Puerto San Julián (Argentine)

Après un périple de plus d’une dizaine de jours à travers la pampa argentine, les deux marins du Santiago parviennent à San Julián.
Ils sont aperçus un matin par leurs camarades qui peinent à les reconnaître : les deux hommes sont épuisés et amaigris, leurs vêtements en lambeaux à cause des buissons épineux qui parsemaient leur parcours.

On ignore à quelle date précise ils arrivent car on ne sait pas à quel moment exact ils ont quitté Santa Cruz. En admettant qu’ils soient effectivement partis le jour du naufrage (22 mai), et qu’ils aient marché durant 11 à 14 jours, ils seraient arrivés à San Julián entre le 2 et le 5 juin 1520.

 

Magellan envoie des hommes en direction de Santa Cruz (possiblement une colonne de 24 hommes [1] ), dont Antonio Pigafetta. Le Lombard raconte notamment le caractère éprouvant du trajet, alors qu’eux sont équipés et possèdent des vivres, et imagine ce qu’ont dû vivre les deux marins du Santiago.

La séquence qui suit reste obscure car les sources divergent grandement.
Selon Antonio Pigafetta, les marins vont rester sur le site du naufrage durant deux mois pour récupérer ce que le ressac leur amène. [2] Or, d’après José Maria de Queirós Veloso et Laurence Bergreen, les naufragés avaient retraversé l’embouchure du río Santa Cruz sur des radeaux de fortune et avaient établi leur campement sur la rive nord, trop loin du lieu du naufrage (qui s’est produit environ 20 km au sud de l’embouchure) pour que les débris viennent jusqu’à eux. Après avoir été ravitaillés, sont-ils retournés à l’endroit où le Santiago avait sombré pour récupérer ce qui pouvait l’être ?
Cependant, le Routier du pilote génois (œuvre de Pancaldo ou Ponzoroni) indique lui que tout a pu être récupéré lors du naufrage. [3] Dès lors, les allers-retours entre Santa Cruz et San Julián, qui s’étalent sur deux mois, ont-ils principalement servis à convoyer le matériel ?
Surtout, comment expliquer une si grande différence dans le récit des évènements, surtout de la part de personnes présentes à l’époque ? [4] Cela vient-il juste du fait que le récit du pilote génois est peu précis sur cet évènement et laisse place à l’interprétation ? (Le matériel aurait effectivement été récupéré en intégralité, mais par la suite et non au moment même du naufrage).
Le journal de Ginés de Mafra n’apporte aucun éclairage supplémentaire sur cet évènement.

 

 

À une date inconnue, João Serrão, ex-capitaine du Santiago, est nommé capitaine de la Concepción (en remplacement de Gaspar de Quesada, exécuté suite à la mutinerie de Pâques).

 

 

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[1] Queirós Veloso, Revue d’histoire moderne : Fernao de Magalhaes, sa vie et son voyage (1939), p.476

[2] Pigafetta, Primer viaje alrededor del Globo (Civiliter p.28 ; Peillard p.116 ; Cat, p.205 ; Charton p.286-287)

[3] Sir Stanley, The First Voyage Round the World : The Genoese Pilot’s Account of Magellan’s Voyage (1874)

[4] À noter aussi que Stefan Zweig propose une version encore différente, puisque Magellan aurait envoyé un canot pour ramener les naufragés. Fait mentionné nulle part ailleurs.
Zweig, Magellan (1938), p.177

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